You are currently viewing Arrivée à Erevan, un petit tour rapide en centre-ville

Arrivée à Erevan, un petit tour rapide en centre-ville

Arrivée à Erevan, un petit tour rapide en centre-ville

Dimanche 6 octobre. Quatre ans se sont écoulés depuis mon dernier voyage en Arménie, mon véritable coup de cœur de ces dernières années, pays encore épargné par le tourisme de masse, d’une beauté à couper le souffle.

À tous ceux qui rêvent d’aller en jour en Grèce admirer les monastères des Météores, je n’ai qu’un mot à dire : prenez un billet d’avion pour l’Arménie et partez découvrir des monastères plus beaux, plus authentiques et plus anciens (l’Arménie fut le premier de l’histoire à se convertir au christianisme).

Et que dire de la gentillesse légendaire des Arméniens ? Pour cela, il me faut vous raconter la péripétie que j’ai vécue en arrivant à l’aéroport d’Erevan. Le temps de débarquer, de passer les contrôles aux frontières, de faire du change à l’arrivée (ne faites pas comme moi, c’est du vol ! Vous trouverez de biens meilleurs taux en ville), de prendre un café et d’attendre l’arrivée de mon amie, et voici que je m’aperçois que j’ai perdu mon sac-photo !

Panique à bord ! Je déambule à travers tout l’aéroport, marche de long en large pour tenter de retrouver mon sac, interroge par deux fois la gérante du café, et voilà qu’un chauffeur de taxe surgi de nulle-part décide de me venir en aide. Toutes affaires cessantes, l’homme traduit mes propos et m’emmène aussitôt au poste de police à l’extérieur de l’aéroport pour alerter les autorités sur la disparition de mon sac.

Mais rien à faire, les policiers ont beau visionner les bandes vidéo de l’aéroport, nulle trace de mon sac-photo. Et alors que je commence à désespérer de revoir un jour mon matériel, voilà que je me demande si ne l’ai pas laissé au comptoir du bureau de change… Aussitôt dit, le chauffeur interpelle la police qui appelle aussitôt le bureau des objets trouvés à l’intérieur de la zone d’arrivée.

« Nikon », me demande l’officier. « Oui, Nikon ! » En un instant, je reprends espoir de retrouver mon sac-photo. Le temps de signer tous les papiers officiels de ma requête, de présenter pour la énième fois mon passeport et mon billet d’avion et le policier m’autorise à retourner en zone aéroportuaire pour retrouver mon bien.

Une fois mon sac-photo retrouvé, je serre franchement la main de l’officier et m’en retourne retrouver mon chauffeur qui m’a attendu dans l’aéroport. Pas question de fignoler, je récompense mon sauveur d’une cinquantaine d’euros et lui serre vigoureusement la main. En France, qui me serait ainsi venu en aide à l’aéroport de Roissy ou d’Orly ? Personne.

Voilà pour l’anecdote. Le lendemain, je recouvre tous mes esprits et m’en vais redécouvrir le centre-ville d’Erevan que j’avais simplement survolé, il y a quatre ans de ça.

Cette fois-ci, l’idée est d’aller se promener autour de Republic Square et d’aller visiter le musée archéologique de la capitale.

Va donc pour la place de la République, qui, de nuit comme de jour, est le centre névralgique d’Erevan.

Conçue à l’origine par l’architecte en chef Alexandre Tamanian dans les années 1920 dans le cadre de son plan directeur pour la ville, sa construction s’est étalée sur plusieurs décennies pour s’achever principalement dans les années 1950.

Cette immense place de forme ovale, croisée par une section trapézoïdale, impressionne immédiatement par son unité de style et sa grandeur monumentale.

Elle incarne la transition de la ville d’un modeste bourg provincial à une métropole moderne et affirmée, tout en célébrant l’identité nationale à travers une architecture qui fusionne le néoclassicisme soviétique et les motifs traditionnels arméniens.

Ce qui confère à la place son esthétique unique et chaleureuse, c’est l’utilisation exclusive du tuf volcanique, une pierre locale déclinée ici dans des nuances de rose et de blanc.

Cinq bâtiments majeurs entourent cet espace, abritant des institutions de premier plan : le gouvernement arménien (coiffé de sa célèbre horloge), le musée d’Histoire de l’Arménie et la Galerie nationale, le ministère des Affaires étrangères, le ministère des Transports et des Communications, ainsi que le prestigieux hôtel Marriott.

Les façades de ces édifices sont richement ornées de sculptures complexes, d’arches grandioses et de colonnades qui rappellent les motifs décoratifs des anciennes églises arméniennes, faisant de cet ensemble un chef-d’œuvre de l’architecture d’inspiration nationale.

Au-delà de son intérêt architectural, la place de la République est le centre névralgique de la vie sociale, culturelle et politique d’Erevan.

Les soirées d’été y sont particulièrement animées grâce au spectacle féerique des fontaines chantantes, situées juste devant le musée d’Histoire, qui s’illuminent et s’animent au rythme de musiques classiques et contemporaines, attirant une foule compacte de locaux et de touristes.

Lieu de rassemblement par excellence, la place accueille aussi bien les concerts et les célébrations du Nouvel An que les grands défilés militaires.

Elle est également chargée d’histoire politique récente, ayant été le théâtre principal des manifestations pacifiques de la révolution de velours en 2018, confirmant son statut d’espace public où s’écrit le destin du peuple arménien.

Laisser un commentaire