Pourquoi visiter la forteresse de Kalemegdan ?
Pourquoi visiter les églises Ruzica et Saint-Pekta
Forteresse de Kalemegdan, les deux magnifiques églises Ruzica et Saint-Pekta
Mardi 14 juillet. Avant de quitter Belgrade, je veux quand même consacrer une page entière à ces deux églises Ruzica et Saint-Pekta qui se dressent au sommet de la forteresse de Kalemegdan.
A commencer par la petite chapelle Saint-Pekta, de toute beauté avec ses très belles mosaïques.
L’histoire du site est intimement liée à la présence d’une source d’eau naturelle qui jaillit directement sous les fondations de l’édifice.
Cette source est considérée comme sacrée et miraculeuse depuis le Moyen Âge, attirant les pèlerins qui lui prêtent des vertus de guérison, notamment pour les femmes et les malades.
Les archives indiquent qu’une première chapelle médiévale abritait les reliques de sainte Petka (Sainte Paraskeva) avant que les troupes ottomanes ne s’emparent de Belgrade en 1521 et ne détruisent le bâtiment d’origine.
Le monument actuel date de la première moitié du vingtième siècle, suite à la détérioration d’une modeste structure en bois rebâtie après le départ des Turcs en 1867.
Les autorités confient les plans de la nouvelle église à l’architecte serbe Momir Korunovic, figure majeure du style néo-byzantin.
Achevé en 1937, le petit édifice en pierre s’intègre harmonieusement aux remparts de la forteresse médiévale grâce à son style architectural traditionnel inspiré des anciennes églises serbes.
L’intérieur de la chapelle se distingue par un décor artistique exceptionnel entièrement réalisé en mosaïques.
À l’origine, les murs étaient ornés de fresques peintes qui se sont rapidement dégradées à cause de l’humidité constante provoquée par la source d’eau sous l’autel.
Pour préserver le lieu, le peintre Ðuro Radlovic recouvre l’intégralité des voûtes et des parois intérieures de millions de petits fragments de verre coloré entre 1980 et 1983.
Ces œuvres scintillantes décrivent des scènes religieuses byzantines et des portraits de saints orthodoxes d’une grande vivacité.
Le complexe spirituel demeure aujourd’hui l’un des sanctuaires les plus visités et les plus aimés de la ville.
Les fidèles s’y pressent quotidiennement, en particulier le vendredi et lors de la fête de sainte Petka le 27 octobre, pour allumer des cierges et recueillir l’eau de la source dans de petites bouteilles.
Le site, accessible par de vieux escaliers en pierre depuis la porte de Zindan, abrite également un ossuaire mémorial dédié aux défenseurs de Belgrade de la Première Guerre mondiale juste derrière ses murs.
L’existence de la source d’eau naturelle sur le flanc nord-est de la forteresse de Belgrade est documentée depuis le Moyen Âge.
La source bénéficie d’une réputation thérapeutique importante au sein de la communauté orthodoxe et parmi les habitants des Balkans. Les récits populaires attribuent à son eau des vertus miraculeuses, plus particulièrement pour la guérison des maladies oculaires et de l’infertilité féminine.
A deux pas de là, se dresse l’église Ružica. L’histoire d’une première église Ružica remonte au règne du despote Stefan Lazarevic au début du XVe siècle.
Cette église primitive servait de lieu de dévotion pour la population orthodoxe de la Basse ville de Belgrade. L’édifice est rasé en août 1521 par les armées du sultan Soliman le Magnifique lors de la conquête ottomane.
Le site perd sa fonction religieuse pendant plus de trois siècles sous la domination de l’Empire ottoman.
Les ingénieurs militaires transforment l’emplacement pour y bâtir un dépôt de poudre à canon fortifié et des casernes.
La structure actuelle utilise les fondations et les murs épais de ce bâtiment militaire du dix-huitième siècle.
L’édifice change de destination en 1867 lorsque les clés de la forteresse sont officiellement remises au prince serbe Mihailo Obrenovic.
Le gouvernement serbe entreprend la conversion du dépôt militaire en église de garnison pour les soldats de la citadelle. Le sanctuaire est officiellement consacré au culte le de la Nativité de la Vierge Marie en 1869.
Un clocher est ajouté à la structure en pierre et l’intérieur est aménagé pour les besoins de l’armée. Le site devient le principal centre spirituel pour les régiments militaires serbes stationnés à la confluence de la Save et du Danube.
L’église subit de lourds bombardements de l’artillerie austro-hongroise et allemande au début de la Première Guerre mondiale en 1914.
Les murs de pierre résistent mais la toiture, l’iconostase et les décors intérieurs sont totalement détruits.
Les travaux de reconstruction débutent après le conflit et se terminent en 1925 sous la direction de l’architecte Nikolaj Krasnov. C’est à cette époque que les soldats façonnent les lustres en douilles de canon et que les statues de bronze sont installées à l’entrée.
L’édifice présente un plan rectangulaire simple et allongé, caractéristique des structures de stockage militaire de l’époque.
Les murs extérieurs sont construits en blocs de pierre calcaire massifs et épais, conçus à l’origine pour résister aux impacts d’artillerie.
Une épaisse couche de lierre grimpant recouvre aujourd’hui la quasi-totalité de ces façades grises, ce qui confère au sanctuaire une apparence de chapelle médiévale romantique.
La restructuration menée par l’architecte Nikolaj Krasnov dans les années 1920 a permis d’ajouter des éléments religieux à cette base utilitaire. Un clocher de style occidental, surmonté d’un dôme en bulbe recouvert de tôle, s’élève au-dessus de la partie occidentale de la nef.
Les ouvertures d’origine, qui servaient d’évents de ventilation pour la poudre, ont été transformées en fenêtres cintrées pour éclairer l’intérieur. L’entrée principale est encadrée par deux niches en pierre abritant des mosaïques colorées représentant des figures saintes orthodoxes.
Le parvis de l’église est marqué par la présence de deux statues grandeur nature en bronze qui font office de sentinelles. Ces sculptures ont été coulées à partir de canons déclassés et fondus après la Première Guerre mondiale.
La statue située à gauche de la porte représente un chevalier serbe du quatorzième siècle revêtu d’une armure médiévale complète et tenant une épée. La statue de droite figure un fantassin serbe de 1915 en uniforme de la Grande Guerre, équipé de son fusil et de ses cartouchières.
La décoration intérieure est célèbre pour ses trois imposants lustres façonnés par des soldats avec des restes de munitions militaires. Ces luminaires marient des douilles d’obus, des étuis de balles, des sabres d’officiers et des lames de baïonnettes.
Les parois intérieures de la nef sont entièrement recouvertes de peintures murales réalisées par l’artiste russe Kosta Aleksandrovic.
L’iconostase, réalisée en bois finement sculpté et rehaussée de dorures, met en valeur des icônes peintes à l’huile par le moine Rafailo Momcilovic.