Pourquoi visiter le tombeau de Khai Dinh ?
Un métissage architectural entre Orient et Occident
Le tombeau de Khải Định se distingue radicalement des autres mausolées impériaux de Hué par son architecture hybride, fruit des voyages de l’empereur en France. Ce monument, dernier grand mausolée de la dynastie Nguyễn, mêle audacieusement les styles vietnamiens traditionnels aux influences gothiques, romanes et Art déco. On y retrouve ainsi des éléments surprenants comme des motifs de fleurs de lys ou un soleil stylisé Art déco qui côtoient des symboles traditionnels. Cette fusion des genres, qui inclut également des touches d’architecture indienne, en fait un monument à part, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Une opulence intérieure qui contraste avec l’extérieur
L’extérieur sombre et imposant du tombeau, construit en béton (une innovation pour l’époque) sur le flanc du mont Châu Chữ, contraste violemment avec l’explosion de couleurs et de matières à l’intérieur. Le palais Thiên Định, point culminant de la visite après l’ascension de 127 marches, est un véritable écrin de mosaïques. Ses murs et plafonds sont entièrement recouverts de milliers de morceaux de porcelaine et de verre coloré importés du Japon et de Chine, créant un spectacle d’une richesse inouïe. La fresque du plafond, représentant neuf dragons dans les nuages, est particulièrement remarquable. On y trouve également une statue en bronze de l’empereur, fondue à Marseille en 1922.
La personnalité controversée de l’empereur
Le tombeau est le reflet de la personnalité extravagante et controversée de Khải Định, l’avant-dernier souverain de la dynastie Nguyễn. Son règne, marqué par une collaboration étroite avec les autorités françaises, le rendit impopulaire auprès du peuple vietnamien. Pour financer la construction de son mausolée, qui dura 11 ans (de 1920 à 1931), il augmenta les impôts fonciers de 30%, une décision très critiquée. Ce contexte historique rend la visite du site encore plus fascinante, car elle raconte non seulement la grandeur impériale, mais aussi les tensions d’une époque où le Vietnam était sous protectorat français. Khải Định, qui mourut en 1925, ne vit d’ailleurs jamais son œuvre achevée.
Un site accessible et incontournable
Situé à une dizaine de kilomètres de Hué, le tombeau se visite aisément, que ce soit en voiture, à moto ou en taxi. Malgré sa superficie plus modeste que celle des autres tombeaux, sa décoration intérieure est si riche qu’il est souvent considéré comme l’un des sites les plus spectaculaires de la région, parfois même préféré à la Cité Impériale. Le site est ouvert de 7h à 17h, et il est conseillé d’y aller tôt le matin ou en fin d’après-midi pour éviter la chaleur et les foules. Le billet d’entrée, vendu environ 150 000 VND, permet de découvrir ce chef-d’œuvre unique qui témoigne de la rencontre entre l’Orient et l’Occident à l’aube du XXe siècle.
Comment visiter les tombeaux impériaux à Hué ?
Comment se rendre aux tombeaux : transports et localisation
Les tombeaux impériaux sont dispersés dans la campagne autour de Hué, principalement sur les rives de la Rivière des Parfums . Leur distance varie considérablement : le tombeau de Tu Duc est le plus proche, à environ 5 à 6 km du centre-ville, tandis que celui de Gia Long, le plus éloigné, se trouve à une trentaine de kilomètres . Pour les visiter, plusieurs options s’offrent à vous. La location d’un scooter est idéale pour une visite autonome à votre rythme, la circulation étant plus calme qu’à Hanoï ou Hô Chi Minh-Ville. Le vélo est une alternative agréable pour une balade combinant sport et découverte, permettant par exemple de relier les tombeaux de Minh Mang, Khai Dinh et Tu Duc, pour un parcours d’environ 30 kilomètres aller-retour. Enfin, pour une expérience sans stress, de nombreux hôtels et agences locales organisent des excursions en voiture privée avec chauffeur . Le partage du véhicule avec d’autres voyageurs, comme le rapporte une blogueuse, peut réduire le coût à environ 10 euros par personne pour une matinée de visite.
Horaires d’ouverture et période idéale
Les tombeaux impériaux sont généralement ouverts tous les jours de la semaine, avec des horaires similaires à ceux de la Cité Impériale, soit de 7h00 à 17h30. Pour profiter au mieux de votre visite, il est recommandé de partir tôt le matin. Cela permet d’éviter la chaleur accablante de l’après-midi, souvent très lourde dans le centre du Vietnam, mais aussi la foule, les groupes de touristes arrivant généralement plus tard dans la matinée. La meilleure période pour visiter Hué et ses tombeaux s’étend de mars à août, lorsque le climat est chaud et sec. Il est préférable d’éviter les mois d’octobre à décembre, marqués par la saison des pluies et des risques d’inondations.
Prix des billets
Le prix d’entrée pour un seul tombeau (Minh Mang, Tu Duc ou Khai Dinh) est de 150 000 VND pour les adultes. Le tombeau de Gia Long est également à 150 000 VND, tandis que celui de Dong Khanh est à 100 000 VND. Pour optimiser votre budget, des billets combinés sont disponibles et très avantageux. Par exemple, un billet pour les trois tombeaux les plus célèbres (Minh Mang, Tu Duc, Khai Dinh) et la Cité Impériale coûte 530 000 VND, ce qui est bien plus économique que l’achat de billets individuels, qui reviendrait à 650 000 VND. Le paiement des entrées se fait exclusivement en espèces aux guichets de chaque tombeau.
Quels tombeaux visiter ?
Les trois tombeaux les plus incontournables et les plus visités sont ceux de Tu Duc, Minh Mang et Khai Dinh. Le tombeau de Tu Duc, avec ses jardins paisibles et ses lacs, est réputé pour son ambiance poétique et romantique. Le mausolée de Minh Mang est un chef-d’œuvre d’architecture traditionnelle, impressionnant par ses dimensions, sa symétrie et son harmonie avec la nature . Enfin, le tombeau de Khai Dinh, plus récent, surprend par son mélange unique d’architecture asiatique et européenne, et son intérieur d’une opulence inouïe recouvert de mosaïques de céramique et de verre coloré. Une visite complète des trois prend environ une demi-journée, soit 4 à 6 heures.
Hué, la magnificence du tombeau de Khai Dinh
Dimanche 28 janvier. À quelques encâblures du tombeau de Minh Mang, voici le tombeau de Khai Dinh, plus petit que le précédent, sans parc paysager, mais d’une très grande beauté.
Pour y accéder, il faut d’abord grimper un escalier monumental traversé par les corps ondulants de trois immenses dragons. Rien que ça ! On se retrouve alors au milieu d’une vaste esplanade et d’une forêt de statues de mandarins dont les traits font plus vrai que nature.
Du pain béni pour mon 35 mm ! Cette cour d’honneur regroupe, outre les mandarins, mais aussi des chevaux, des éléphants et une rangée de guerriers.
Le tombeau de Khai Dinh a été le dernier à être construit. Et sa magnificence trompe l’aura qu’il avait auprès de son peuple. Il n’était guère aimé à vrai dire, aussi bien pour ses frasques que pour les impôts qu’il augmenta de 30 % du jour au lendemain afin de se faire construire son mausolée !
Pour ce qui est de son tombeau, Khai Dinh rompt avec ses prédécesseurs. Fini les parcs paysagers, il opte pour la construction en paliers sur une vaste colline et le béton est largement utilisé. Pétri de cultures européennes, Khai Dinh mélangea allègrement les influences artistiques pour son tombeau. Du coup, l’ensemble est un peu kitsch, mais assez réussi.
Le tombeau de Khai Dinh fut édifié de 1920 à 1931. Et comme pour beaucoup, il ne le vit pas achevé… Il mourut en 1925, à l’âge de 40 ans.
Marionnette dans les mains des Français, l’empereur Khai Dinh se distinguait surtout par ses outrances, ses bagues portées à chaque doigt ou ses tenues vestimentaires extravagantes. Un peu trop pour le peuple vietnamien qui se distingue par son humilité et sa discrétion.
Avant de grimper au pavillon de la stèle, je passe un peu de temps au milieu des mandarins et des guerriers.
Le pavillon de la stèle, de forme octogonale, est des plus original avec ses touches Renaissance côtoyant des colonnes entourées de dragons et des bas-reliefs dessinant l’envol de chauves-souris… Le texte de la stèle a été écrit par Bao Dai, le fils de Khai Dinh. Mais je m’attache surtout à l’extérieur et à cette extraordinaire tête de dragon qui trône au bas de l’escalier.
Une volée de marches plus haut (127 au total depuis la base !) se dresse le tombeau du monarque et son temple. À l’intérieur, un décor invraisemblable !
La mosaïque bien sûr, qui semble comme danser autour de chaque trône, chaque ustensile de pouvoir, chaque symbole, envoûtant le visiteur et accompagnant à merveille les représentations en bronze du souverain.
Partout, des autels sont dressés pour commémorer et célébrer la mémoire du souverain. Et qu’importe s’il était détesté de ses sujets ! Sous la fenêtre de son temple, on trouve les objets familiers du souverain : brûle-parfum, miroir, plumes, théières, etc.
Partout, les mosaïques subjuguent par leur beauté. On raconte que pour les créer, de nombreuses pièces de valeur ont ainsi été réduites en miettes. Tout fut bon pour les créer : vases, assiettes, verres, tessons de bouteilles, etc.
De part et d’autre du tombeau, rampe le corps stylisé d’un immense dragon bariolé, un tigre aplati semble boire dans une mare… Étourdissant.
La statue en bronze grandeur nature de l’empereur a été coulée à Marseille et offerte par la France. Un soleil couchant à corps de dragon symbolise la disparition du souverain. Tout simplement magnifique. Et une ruine pour le peuple vietnamien qui a financé tout cela…