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Kotor, une première découverte de la vieille ville en fin d’après-midi

Pourquoi visiter la vieille ville de Kotor ?

Un voyage au cœur d’un labyrinthe médiéval
 
Visiter la vieille ville de Kotor (Stari Grad) permet de s’immerger dans l’une des cités médiévales les mieux préservées du bassin méditerranéen, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Entièrement piétonne, cette forteresse se découvre comme un véritable labyrinthe de ruelles pavées, de places ombragées et d’escaliers secrets usés par les siècles. En franchissant la monumentale porte de la Mer, le visiteur est immédiatement transporté à l’époque où la ville prospérait sous l’influence de la République de Venise, offrant un décor de pierre blanche d’une cohérence architecturale rare et fascinante.
 
Un joyau d’architecture vénitienne et baroque
 
La richesse historique de Kotor se dévoile à chaque coin de rue à travers ses somptueux palais baroques et ses monuments religieux séculaires. En arpentant ses places animées, comme la place d’Armes ou la place de la Farine, on admire les façades élégantes des demeures de l’ancienne noblesse maritime locale, ornées de balcons sculptés et de blasons d’époque. Le joyau de la cité reste la majestueuse cathédrale Saint-Tryphon, un chef-d’œuvre de l’art roman-byzantin érigé en 1166, dont les deux clochers emblématiques se détachent fièrement sur le fond de falaises grises.
 
Une ascension spectaculaire le long des remparts
 
L’attrait de Kotor réside également dans ses remparts fortifiés monumentaux, qui grimpent à l’assaut de la montagne abrupte de Saint-Jean sur près de 4,5 kilomètres. Pour les plus courageux, l’ascension des 1 350 marches menant jusqu’à la forteresse offre un défi physique largement récompensé par des panoramas à couper le souffle. À mi-chemin, la petite église Notre-Dame-de-la-Santé constitue une halte idyllique pour photographier les toits de tuiles orangées de la vieille ville, qui contrastent magnifiquement avec les eaux calmes et émeraude du fjord.
 
Une atmosphère dédiée aux amoureux des chats
 
Au-delà de ses vieilles pierres, Kotor séduit par son ambiance unique et chaleureuse, marquée par une culture vivante où les chats sont devenus les véritables rois de la cité. Véritable symbole local, une immense communauté de félins paisibles peuple les places et les ruelles, choyée par les habitants et adorée des voyageurs qui s’amusent à les photographier sur les marches des églises. La ville abrite même un musée qui leur est entièrement consacré, ajoutant une touche de fantaisie et de douceur à la visite de ce monument historique à ciel ouvert.
 

Comment visiter la vieille ville de Kotor ?

Entrer par la monumentale porte de la Mer
 
Pour débuter idéalement votre visite de la vieille ville de Kotor, franchissez la porte de la Mer, l’accès principal construit en 1555 à l’époque vénitienne. Située face au port, cette entrée historique vous projette immédiatement sur la place d’Armes, la plus grande et la plus animée de la cité, où se dresse la pittoresque tour de l’Horloge du XVIIe siècle. L’accès à la vieille ville étant entièrement piéton et gratuit, c’est le point de départ parfait pour récupérer un plan à l’office de tourisme local ou pour vous imprégner de l’ambiance unique de la forteresse en buvant un café en terrasse.
 
S’égarer volontairement dans le labyrinthe de pierre
 
La meilleure façon d’explorer le cœur historique est de ranger votre carte et de vous perdre délibérément dans le dédale de ses ruelles pavées. En marchant au hasard, vous découvrirez des places secrètes bordées de palais baroques, des églises romanes et byzantines, ainsi que des petites boutiques d’artisans. Prenez le temps de visiter la majestueuse cathédrale Saint-Tryphon et la charmante église orthodoxe Saint-Nicolas. Pour une expérience optimale et pour éviter la chaleur estivale ainsi que la foule des navires de croisière, programmez cette balade culturelle tôt le matin, avant 9 heures, ou en fin de soirée lorsque les ruelles s’éclairent doucement.
 
Gravir les marches de la forteresse Saint-Jean
 
Pour les voyageurs actifs en quête de panoramas, l’ascension des remparts jusqu’à la forteresse Saint-Jean est un incontournable absolu qui demande environ 1h30 à 2h d’effort aller-retour. Le sentier, composé de 1 350 marches de pierre parfois glissantes, grimpe à flanc de falaise depuis le nord de la vieille ville et l’accès est payant durant la haute saison. Pensez à vous équiper de bonnes chaussures et d’une bouteille d’eau pour atteindre le sommet à 280 mètres d’altitude, où vous profiterez d’un point de vue aérien exceptionnel sur les toits de tuiles rouges de Kotor et sur l’immensité des bouches de Kotor.
 
Partager un moment avec les célèbres chats de la cité
 
Pour compléter votre visite par une note insolite, consacrez un moment à l’observation et au soin des chats de Kotor, devenus les mascottes officielles de la vieille ville. Vous les croiserez à chaque coin de rue, endormis sur les marches des églises, installés confortablement sur les places publiques ou se faufilant entre les terrasses de restaurants. Vous pouvez vous rendre sur la place des Chats (Square of the Cats) où les locaux les nourrissent quotidiennement, ou visiter le petit Musée des Chats situé non loin de là, dont les bénéfices contribuent directement à l’achat de nourriture et aux soins vétérinaires de ces félins sacrés.

Kotor, une première découverte de la vieille ville en fin d'après-midi

Vendredi 24 juillet. Voici enfin le moment tant attendu : entreprendre la visite de la vieille ville de Kotor, visite qu’hélas je vais faire en fin de journée, et donc au plus mauvais moment, quand la cité historique est plongée dans l’ombre des falaises qui la dominent. Du coup, il me faudra revenir le lendemain pour effectuer la visite et profiter de la belle lumière.

Nichée dans un coin sombre de la baie, au pied de montagnes austères, Kotor est entourée de remparts massifs, dont les détours épousent les contours des pentes environnantes.

Cette cité historique, enjeu de tant de batailles, est un labyrinthe médiéval de musées, d’églises, de places bordées de cafés et de restaurants et de palais vénitiens.

Ici, passé et présent cohabitent : du linge sèche aux balcons en fer forgé, et des centaines de chats se prélassent dans les ruelles.

Et le soir venu, les murailles de Kotor superbement éclairées sont nimbées de lumière, et les rues s’animent de la foule des touristes, qui sautent de bars en concerts.

Kotor se distingue par son système de remparts et de fortifications, qui s’élève à flanc de montagne jusqu’à 260 m au-dessus du niveau de la mer.

Au XIe siècle, on commença à ériger des fortifications à flanc de paroi, et au XIVe siècle, la ville entière était protégée derrière une enceinte, laquelle fut complétée et renforcée jusqu’au XIXe siècle.

Le point d’accès principal à la vieille ville est la porte de la Rivière. Bâtie en 1540, elle ouvre sur un pont qui franchit la Skurda et est encadrée par les bastions Bembo et Riva.

Si vous souhatez atteindre le sommet de la forteresse, sachez qu’il y a 1.350 marches (soit 1,2 km) à gravir, et le plus souvent sans ombre.

Vous passerez à côté de remblais destinés aux canons et de quatre petites chapelles qui recelaient autrefois des icônes avant d’atteindre, à mi-chemin, l’église Notre-Dame-de-la-Santé qui date du XVe siècle.

En marchant d’un bon pas, 45 minutes suffisent pour atteindre au sommet le château Saint-Jean construit au XVe siècle sur le site d’une ancienne forteresse.

Si vous préférez vous épargner la fatigue de l’ascension et le coût du billet (15 euros tout de même), vous pouvez longer les sections de remparts qui font face à la mer et à la rivière Skurda.

À proximité de la porte Gurdié, des marches grimpent vers le bastion Gurdié (1470), d’où un étroit sentier suit la muraille vers le nord jusqu’au robuste bastion Kampana.

Côté rivière, les remparts sont bien plus larges, suffisamment pour accueillir un petit parc. À l’extrémité nord-est, le bastion Bembo a été transformé en scène à ciel ouvert pour les spectacles d’été.

Sur votre chemin, vous croiserez forcément une armée de chats, et plus encore au niveau de Trgod Drva, où ont été installés des points de nourrissage.

Surfant sur cette passion locale, le Cats Museum sur Tr Gospa od Andela expose une collection privée de milliers de cartes postales, lithographies, gravures, bijoux et publicités anciennes à la gloire des félins.

Avant de parler de l’architecture et des visites incontournables à faire, il m’apparaît d’abord nécessaire d’évoquer avec vous l’histoire de la ville, indissociable de l’aspect actuel de la ville.

Initialement connue sous le nom d’Acruvium, la ville est fortifiée dès le VIe siècle par l’empereur byzantin Justinien Ier, qui y fait construire une première forteresse sur la colline de Saint-Jean pour la protéger des invasions barbares.

Au fil des siècles, la ville se développe sous la souveraineté nominale de l’Empire byzantin, devenant une république marchande autonome d’importance majeure.

Malgré les assauts des Bulgares et des Sarrasins, Kotor s’affirme comme un centre culturel, religieux et économique prospère, attirant de riches corporations de marchands et de marins qui jettent les bases de sa puissance maritime future.

Entre le XIIe et le XIVe siècle, la ville est intégrée au royaume médiéval de Serbie sous la dynastie des Nemanjic, une période dorée où elle conserve une large autonomie tout en devenant le principal débouché maritime du royaume.

C’est à cette époque que la ville prend son visage médiéval actuel, marqué par la construction de joyaux architecturaux comme la majestueuse cathédrale Saint-Tryphon, consacrée en 1166 pour abriter les reliques du saint patron de la cité.

Les artisans de Kotor, en particulier ses orfèvres et ses tailleurs de pierre, acquièrent une renommée internationale, tandis que ses navires commercent dans toute la Méditerranée.

Cependant, après la chute de la dynastie serbe, la petite république se retrouve vulnérable face à l’expansionnisme de l’Empire ottoman, ce qui la pousse à chercher une protection extérieure.

En 1420, face à la menace turque constante, Kotor choisit de se placer volontairement sous la protection de la République de Venise, initiant ainsi une période vénitienne de près de quatre siècles qui marquera profondément son architecture et son identité.

Rebaptisée Cattaro, la ville devient un bastion avancé de la Sérénissime et une base navale stratégique. Pour résister aux assauts répétés des Ottomans — qui assiègent la ville à plusieurs reprises, notamment en 1539 et 1657 —, les Vénitiens transforment Kotor en une forteresse quasi imprenable, prolongeant les remparts sur les falaises abruptes jusqu’au sommet de la montagne.

Cette époque est aussi celle de grands défis : la ville subit de terribles épidémies de peste et des tremblements de terre dévastateurs, notamment en 1563 et 1667, qui détruisent une grande partie des bâtiments mais n’entament pas la résilience de ses habitants, qui reconstruisent la cité dans un style baroque flamboyant.

La chute de Venise en 1797 plonge Kotor dans une période de grandes turbulences géopolitiques, la ville changeant de mains à plusieurs reprises au gré des guerres napoléoniennes.

Elle passe successivement sous la domination de l’Empire d’Autriche, du Royaume d’Italie napoléonien, puis du Premier Empire français entre 1807 et 1813, avant d’être rattachée durablement à l’Empire austro-hongrois par le Congrès de Vienne en 1814.

Sous le contrôle des Habsbourg, qui dure jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale en 1918, Kotor perd une partie de son influence commerciale mais conserve son importance militaire comme base navale de premier ordre.

Après avoir intégré le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes (la future Yougoslavie), la ville traverse la Seconde Guerre mondiale sous occupation italienne, avant d’être libérée en 1944.

Marquée par un dernier séisme majeur en 1979, Kotor est immédiatement reconstruite et classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, s’imposant aujourd’hui comme le trésor historique et touristique le plus précieux du Monténégro.

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