Pourquoi visiter la vieille ville de Kotor ?
Comment visiter la vieille ville de Kotor ?
Kotor, une première découverte de la vieille ville en fin d'après-midi
Vendredi 24 juillet. Voici enfin le moment tant attendu : entreprendre la visite de la vieille ville de Kotor, visite qu’hélas je vais faire en fin de journée, et donc au plus mauvais moment, quand la cité historique est plongée dans l’ombre des falaises qui la dominent. Du coup, il me faudra revenir le lendemain pour effectuer la visite et profiter de la belle lumière.
Nichée dans un coin sombre de la baie, au pied de montagnes austères, Kotor est entourée de remparts massifs, dont les détours épousent les contours des pentes environnantes.
Cette cité historique, enjeu de tant de batailles, est un labyrinthe médiéval de musées, d’églises, de places bordées de cafés et de restaurants et de palais vénitiens.
Ici, passé et présent cohabitent : du linge sèche aux balcons en fer forgé, et des centaines de chats se prélassent dans les ruelles.
Et le soir venu, les murailles de Kotor superbement éclairées sont nimbées de lumière, et les rues s’animent de la foule des touristes, qui sautent de bars en concerts.
Kotor se distingue par son système de remparts et de fortifications, qui s’élève à flanc de montagne jusqu’à 260 m au-dessus du niveau de la mer.
Au XIe siècle, on commença à ériger des fortifications à flanc de paroi, et au XIVe siècle, la ville entière était protégée derrière une enceinte, laquelle fut complétée et renforcée jusqu’au XIXe siècle.
Le point d’accès principal à la vieille ville est la porte de la Rivière. Bâtie en 1540, elle ouvre sur un pont qui franchit la Skurda et est encadrée par les bastions Bembo et Riva.
Si vous souhatez atteindre le sommet de la forteresse, sachez qu’il y a 1.350 marches (soit 1,2 km) à gravir, et le plus souvent sans ombre.
Vous passerez à côté de remblais destinés aux canons et de quatre petites chapelles qui recelaient autrefois des icônes avant d’atteindre, à mi-chemin, l’église Notre-Dame-de-la-Santé qui date du XVe siècle.
En marchant d’un bon pas, 45 minutes suffisent pour atteindre au sommet le château Saint-Jean construit au XVe siècle sur le site d’une ancienne forteresse.
Si vous préférez vous épargner la fatigue de l’ascension et le coût du billet (15 euros tout de même), vous pouvez longer les sections de remparts qui font face à la mer et à la rivière Skurda.
À proximité de la porte Gurdié, des marches grimpent vers le bastion Gurdié (1470), d’où un étroit sentier suit la muraille vers le nord jusqu’au robuste bastion Kampana.
Côté rivière, les remparts sont bien plus larges, suffisamment pour accueillir un petit parc. À l’extrémité nord-est, le bastion Bembo a été transformé en scène à ciel ouvert pour les spectacles d’été.
Sur votre chemin, vous croiserez forcément une armée de chats, et plus encore au niveau de Trgod Drva, où ont été installés des points de nourrissage.
Surfant sur cette passion locale, le Cats Museum sur Tr Gospa od Andela expose une collection privée de milliers de cartes postales, lithographies, gravures, bijoux et publicités anciennes à la gloire des félins.
Avant de parler de l’architecture et des visites incontournables à faire, il m’apparaît d’abord nécessaire d’évoquer avec vous l’histoire de la ville, indissociable de l’aspect actuel de la ville.
Initialement connue sous le nom d’Acruvium, la ville est fortifiée dès le VIe siècle par l’empereur byzantin Justinien Ier, qui y fait construire une première forteresse sur la colline de Saint-Jean pour la protéger des invasions barbares.
Au fil des siècles, la ville se développe sous la souveraineté nominale de l’Empire byzantin, devenant une république marchande autonome d’importance majeure.
Malgré les assauts des Bulgares et des Sarrasins, Kotor s’affirme comme un centre culturel, religieux et économique prospère, attirant de riches corporations de marchands et de marins qui jettent les bases de sa puissance maritime future.
Entre le XIIe et le XIVe siècle, la ville est intégrée au royaume médiéval de Serbie sous la dynastie des Nemanjic, une période dorée où elle conserve une large autonomie tout en devenant le principal débouché maritime du royaume.
C’est à cette époque que la ville prend son visage médiéval actuel, marqué par la construction de joyaux architecturaux comme la majestueuse cathédrale Saint-Tryphon, consacrée en 1166 pour abriter les reliques du saint patron de la cité.
Les artisans de Kotor, en particulier ses orfèvres et ses tailleurs de pierre, acquièrent une renommée internationale, tandis que ses navires commercent dans toute la Méditerranée.
Cependant, après la chute de la dynastie serbe, la petite république se retrouve vulnérable face à l’expansionnisme de l’Empire ottoman, ce qui la pousse à chercher une protection extérieure.
En 1420, face à la menace turque constante, Kotor choisit de se placer volontairement sous la protection de la République de Venise, initiant ainsi une période vénitienne de près de quatre siècles qui marquera profondément son architecture et son identité.
Rebaptisée Cattaro, la ville devient un bastion avancé de la Sérénissime et une base navale stratégique. Pour résister aux assauts répétés des Ottomans — qui assiègent la ville à plusieurs reprises, notamment en 1539 et 1657 —, les Vénitiens transforment Kotor en une forteresse quasi imprenable, prolongeant les remparts sur les falaises abruptes jusqu’au sommet de la montagne.
Cette époque est aussi celle de grands défis : la ville subit de terribles épidémies de peste et des tremblements de terre dévastateurs, notamment en 1563 et 1667, qui détruisent une grande partie des bâtiments mais n’entament pas la résilience de ses habitants, qui reconstruisent la cité dans un style baroque flamboyant.
La chute de Venise en 1797 plonge Kotor dans une période de grandes turbulences géopolitiques, la ville changeant de mains à plusieurs reprises au gré des guerres napoléoniennes.
Elle passe successivement sous la domination de l’Empire d’Autriche, du Royaume d’Italie napoléonien, puis du Premier Empire français entre 1807 et 1813, avant d’être rattachée durablement à l’Empire austro-hongrois par le Congrès de Vienne en 1814.
Sous le contrôle des Habsbourg, qui dure jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale en 1918, Kotor perd une partie de son influence commerciale mais conserve son importance militaire comme base navale de premier ordre.
Après avoir intégré le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes (la future Yougoslavie), la ville traverse la Seconde Guerre mondiale sous occupation italienne, avant d’être libérée en 1944.
Marquée par un dernier séisme majeur en 1979, Kotor est immédiatement reconstruite et classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, s’imposant aujourd’hui comme le trésor historique et touristique le plus précieux du Monténégro.