Pourquoi admirer les forêts de baobabs autour de Mbour ?
Un sanctuaire de légendes et un lieu sacré
La région autour de Mbour abrite des baobabs chargés d’histoires et de mystères, notamment le célèbre baobab sacré de Nianing, situé à huit kilomètres seulement de la ville. Cet arbre vénérable, vieux de dix‑huit siècles et mesurant trente‑deux mètres de diamètre, servait autrefois de cimetière exclusivement réservé aux griots de l’ethnie sérère. L’intérieur de son tronc, accessible par une ouverture naturelle, est divisé en espaces séparant les défunts selon leur âge et leur sexe. C’est un véritable musée vivant de l’histoire orale, où l’on ressent encore l’âme des générations de conteurs qui y reposent. Ce lieu, jadis banni, est devenu au fil du temps un site d’attraction et de recueillement.
Un symbole national de force et d’identité
Le baobab est bien plus qu’un simple arbre au Sénégal : il orne les armoiries du pays et figure sur le sceau de l’administration publique. Symbole de force, de résilience et de croissance, il rappelle l’esprit du peuple sénégalais et sa capacité à traverser les épreuves. Surnommé « arbre à palabres », il est le lieu traditionnel des réunions de village, où les décisions importantes se prennent à son ombre. En vous promenant dans les forêts de baobabs des environs de Mbour, vous découvrez un patrimoine culturel immatériel inscrit au cœur même du paysage.
Un musée à ciel ouvert menacé par l’urbanisation
Au détour de la route reliant Mbour à Nguekokh, les baobabs centenaires bordent autrefois l’allée, servant à la fois de points de repère, de lieux de palabres et de sanctuaires spirituels. Cependant, cet héritage est aujourd’hui gravement menacé par l’urbanisation galopante. De nombreux arbres sacrés sont abattus sans autorisation pour laisser place à des lotissements, des routes improvisées ou la production de charbon de bois. Ce phénomène rapide et brutal s’accompagne d’une disparition des savoirs endogènes et des traditions qui y étaient attachées. C’est pourquoi il est plus que jamais urgent de partir à la découverte de ce patrimoine unique avant qu’il ne s’efface définitivement.
Un cadre naturel exceptionnel à explorer
Les forêts de baobabs aux alentours de Mbour s’inscrivent dans un environnement naturel d’une grande richesse. Non loin se trouve la réserve de Bandia, une forêt autochtone d’acacias et de baobabs très bien conservée, où l’on peut observer en semi‑liberté les grands mammifères africains et découvrir un baobab millénaire ayant servi de tombeau. Plus au sud, le delta du Siné‑Saloum, classé réserve de biosphère par l’UNESCO, offre un labyrinthe infini de mangroves, d’îles sableuses et de forêts de baobabs. À Palmarin, des baobabs isolés se dressent sur l’immensité des marais salants, tandis que les circuits en pirogue dévoilent une faune aviaire trépidante, le tout à quelques encablures de la frénésie balnéaire de Mbour.
Comment admirer les forêts de baobabs autour de Mbour ?
Les lieux incontournables pour admirer les baobabs
Les environs de Mbour offrent plusieurs sites remarquables où l’on peut admirer ces arbres majestueux. Le plus célèbre est le baobab sacré de Nianing, situé dans le village éponyme, un colosse vieux de dix‑huit siècles au diamètre impressionnant . Jadis utilisé comme cimetière pour les griots, il est aujourd’hui un monument chargé d’histoire et de spiritualité . À une heure de route, la réserve de Bandia abrite de nombreux spécimens dans un décor de savane où l’on observe aussi rhinocéros, girafes et zèbres . Enfin, sur la route entre Mbour et le Sine‑Saloum, des baobabs isolés se dressent au bord des champs, offrant des arrêts photo spontanés.
Tarifs et budgets pour chaque site
La visite des baobabs n’est pas très coûteuse. La réserve de Bandia facture 18,50 € par personne (entrée uniquement) . Le baobab sacré de Nianing est souvent visité lors d’excursions combinées : comptez 38 à 40 € par personne pour une demi‑journée avec guide . Pour les plus aventureux, des balades en calèche (2 heures pour 25 €) ou en quad (3 heures pour 70 €) permettent d’explorer les baobabs des environs . Si vous voyagez en groupe, un chauffeur‑guide à Mbour propose des circuits personnalisés avec un mini‑bus de 14 places .
Comment se rendre sur les sites depuis Mbour
Depuis Mbour, les transports sont assez flexibles. Le taxi est le moyen le plus simple : une course jusqu’à Nianing ou Bandia coûte entre 5 000 et 7 000 FCFA (environ 7,50 à 10,50 €) . Pour un service plus confortable, vous pouvez louer un véhicule avec chauffeur pour la journée, à partir de 45 000 FCFA (environ 68 €) pour un tour sur mesure . Les excursions organisées incluent souvent le transport depuis l’hôtel, comme celles partant de Saly (à 15 km de Mbour) pour Bandia pour environ 55 € la demi‑journée . Le covoiturage local est également possible : les « sept‑places » proposent des trajets à partir de 500 FCFA (soit 0,75 €) jusqu’aux villages voisins.
Conseils pratiques
Privilégiez les sorties tôt le matin (8h‑10h) ou en fin d’après‑midi (16h‑18h) pour une lumière plus douce et des conditions moins chaudes. Prévoyez de l’eau, un chapeau et une crème solaire, car l’ombre est rare sur ces sites . Les visites se font principalement de juin à octobre, pendant la saison des pluies qui verdit le paysage et rend les baobabs encore plus photogéniques. Pensez à demander l’autorisation avant de photographier des personnes, surtout près du baobab sacré , et emportez de la monnaie locale pour les petits achats ou pourboires.
Les baobabs géants de la forêt de Nianing
Vendredi 28 septembre. Au cœur de la grande forêt des baobabs du village de Nianing, à 8 km de Mbour, trône un baobab aussi impressionnant que mythique. Fascinant de par son volume hors norme, l’arbre se singularise davantage par son statut d’ancien cimetière des griots sérères.
À côté de lui se dresse un autre baobab, moins impressionnant, car certainement plus jeune. Mais qui promet un jour de détrôner son aîné. Car on peut se douter qu’il porte lui-même les gênes de don aîné.
L’intérieur du baobab sacré de Nianing est accessible à partir de son tronc qui dispose d’une ouverture semblable à une porte d’entrée d’une caverne. L’âme de plusieurs générations de griots plane ici, comme des archives invisibles de l’oralité.
Témoin oculaire de cette douce et paisible cité sérère, le baobab sacré de Nianing a servi de cimetière exclusivement réservé aux griots, considérés comme des êtres de la basse classe. Ainsi, la tradition sérère n’admettant pas que le griot soit enterré, histoire de ne pas « polluer », leurs terres, le lieu a été choisi comme isoloir pour ces morts.
Captivant à la simple vue avec ses 32 mètres de diamètre, ce baobab vieux de dix-huit siècles force respect et admiration, à travers son passé chargé d’histoire. Jadis banni, l’arbre est de nos jours, un lieu d’attraction.
Il est vénéré et considéré comme un lieu sacré depuis que les populations ont arrêté d’en faire le cimetière des griots, suite à un véto du président Léopold Sédar Senghor. Il leur aurait fait comprendre que les griots ne méritaient pas un tel sort, mais aussi que cette pratique était dangereuse pour eux car les cadavres décomposés pouvaient entraîner des épidémies.
Après quelques années de confrontation, le président poète d’alors, qui est de la même ethnie, finit par convaincre les siens, à l’aube des indépendances. Au fil du temps, l’arbre devient un endroit prisé et reçoit des hôtes qui viennent d’ici et d’ailleurs pour des raisons diverses.
À quelques kilomètres de là, c’est une autre forêt de baobabs, tout aussi magnifique qui se dresse au milieu de la brousse. Une cinquantaine de baobabs poussent là en toute liberté. Je demande à Yérim de m’arrêter là un moment pour prendre quelques clichés.
Le baobab est l’emblème du Sénégal. En dehors des fréquentes rencontres avec cet arbre dans la nature, son image se trouve mêlée de façon étroite à la vie du pays.
Il flotte autour du baobab un parfum de mystère, de légendes… La première description serait plus ancienne et aurait été faite par le portugais Gomes Eanes de Zurara dans la Cronica dos feitos de Guiné vers 1450 : « Son fruit est comme une calebasse… ». À la suite de cette observation, il porta donc le nom de calebassier du XVe au XVIIIe siècle.
En botanique, l’espèce est rattachée à la famille des bombacacées. Son tronc énorme est unique dans le règne végétal, il est courant de l’observer avec un tronc aussi large que haut (10 m). Certains dépassent ces dimensions, par exemple le baobab de Fissel, à l’est de Mbour, dont le tronc mesure 22,09 m de circonférence.
Le baobab n’est pas l’arbre le plus haut du monde, il s’agit d’un séquoia de 111, 60 m (New Tree), ni l’arbre dont le tronc est le plus large : il s’agit d’un châtaignier, en Sicile, de 51 m de circonférence (64 m avant intempéries) dénommé « l’arbre des 100 chevaux ».
L’arbre adulte présente un tronc fort et trapu, très souvent creux, ses branches sont tortueuses, généralement étalées. L’écorce est lisse, grisâtre ou quelquefois argentée ou bien encore rougeâtre ou violacée.
L’arbre est donc feuillu de mai-juin à novembre et dénudé en saison sèche. Dans les zones fraîches ou dans des lieux arrosés comme les jardins, certains arbres peuvent demeurer feuillus toute l’année.