Pourquoi visiter le château de Trakaï ?
Ancienne capitale du Grand-Duché
Le château de Trakai occupe une place centrale dans l’histoire lituanienne. Il fut le centre politique et la résidence favorite du grand-duc Vytautas le Grand, souverain qui porta le Grand-Duché à son apogée. C’est ici que furent reçus les ambassadeurs étrangers et que se prirent les décisions majeures du royaume. Témoin de la lutte acharnée contre les chevaliers Teutoniques, il fut assiégé et incendié à plusieurs reprises, mais toujours reconstruit, symbolisant ainsi la résilience du peuple lituanien. Ce passé glorieux et mouvementé en fait un lieu de mémoire et de fierté nationale.
Un joyau d’architecture gothique en brique
Le château que vous admirez aujourd’hui est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique de brique. Contrairement aux forteresses strictement défensives, le château de Trakai allie la robustesse d’un bastion à l’élégance d’une résidence princière. Ses murs de briques rouges, ses tours imposantes et ses douves qui reflètent le ciel en font un spectacle enchanteur, surtout au coucher du soleil. Il a été méticuleusement restauré au XXe siècle, et sa silhouette pittoresque est l’une des plus photographiées de Lituanie.
Un musée témoin d’un passé prestigieux
Aujourd’hui, le château abrite un musée qui retrace l’histoire de la région et de la culture lituanienne. Vous pourrez y admirer des collections d’armes, des objets de la vie quotidienne, des monnaies anciennes et des reconstitutions d’intérieurs princiers, qui vous plongent dans l’ambiance médiévale des XIVe et XVe siècles. Les expositions permettent de comprendre le rôle stratégique de la forteresse, l’organisation de la cour et l’art de la guerre à l’époque de Vytautas le Grand.
Un paysage de carte postale
Au-delà de l’intérêt historique, le château de Trakai est aussi un lieu de villégiature apprécié des Lituaniens et des touristes. La presqu’île et les rives du lac Galvė offrent de nombreuses possibilités de promenades, de baignades et de sports nautiques. Les petits restaurants traditionnels des environs proposent une spécialité locale réputée : les kibinai, des chaussons fourrés à la viande, héritage de la culture karaïte. La visite du château peut donc se combiner avec une agréable journée de détente en pleine nature, à seulement 25 kilomètres de Vilnius, ce qui en fait une excursion incontournable lors d’un séjour dans la capitale lituanienne.
Comment visiter le château de Trakaï ?
Localisation et accès
Le château de Trakai est situé à environ vingt-cinq kilomètres à l’ouest de Vilnius, sur une île du lac Galvė, dans la petite ville de Trakai . Pour vous y rendre, plusieurs options s’offrent à vous. En transports en commun, des bus réguliers partent de la gare routière de Vilnius des quais numéros 6, 7 et 8, avec environ cinquante départs par jour et des intervalles de dix à vingt minutes . Le trajet en bus dure environ quarante minutes et coûte environ deux euros l’aller simple. Le train est également une option, avec des départs depuis la gare ferroviaire de Vilnius, mais les horaires sont moins fréquents. Si vous préférez la voiture, suivez l’avenue Savanorių puis l’autoroute A16, le trajet depuis Vilnius ne prenant qu’une trentaine de minutes.
Horaires d’ouverture du château
Les horaires d’ouverture du château varient selon la saison. De mai à septembre, le musée est ouvert tous les jours de 10h00 à 19h00, la dernière admission étant autorisée une demi-heure avant la fermeture . En mars, avril et octobre, les portes sont ouvertes du mardi au dimanche de 10h00 à 18h00. En basse saison, de novembre à février, l’horaire est réduit du mardi au dimanche de 9h00 à 17h00 . Il est important de noter que le château est fermé le lundi durant les saisons intermédiaire et hivernale, et que les jours fériés, le musée ferme une heure plus tôt que d’habitude.
Tarifs d’entrée
Les tarifs d’entrée au musée du château de Trakai sont très abordables. Le billet adulte coûte 8 euros. Les étudiants, les personnes âgées et les enfants bénéficient d’un tarif réduit de 4 euros. D’autres sources mentionnent un tarif adulte à 6 euros et un tarif réduit à 3 euros, ces différences pouvant correspondre à des périodes de l’année ou à des billets n’incluant pas certaines expositions annexes. Le billet donne accès au musée historique installé dans le château, qui présente des collections d’armes, d’objets de la vie quotidienne et des reconstitutions d’intérieurs princiers. La billetterie ferme généralement une heure trente avant la fermeture du musée, il est donc conseillé de ne pas arriver trop tard dans l’après-midi.
Conseils pratiques
Le château est accessible par une longue passerelle en bois qui relie la terre ferme à l’île. Pour les automobilistes, des parkings gratuits sont disponibles à l’extrémité nord-ouest du village de Varnikai, à environ un kilomètre du château, accessible par deux passerelles piétonnes. Une fois sur place, vous pourrez combiner la visite du château avec une promenade autour du lac, une balade en bateau ou une dégustation de kibinai, les célèbres chaussons karaïtes.
Lituanie, le château de Trakaï, ancienne capitale du royaume
Samedi 2 mai 2026. Dernière étape de mon excursion en Lituanie : le château de Trakaï, lové au milieu d’une petite île à deux pas de la ville du même nom qui fut autrefois la capitale du puissant royaume de Lituanie.
Bonne nouvelle, cette fois-ci, je n’ai pas loin à aller, le château se trouve à une trentaine de kilomètres de Vilnius, ce qui va me donner assez de temps pour aller le visiter avant de reprendre la route de la Pologne.
En attendant, ma route m’emmène directement jusqu’à la petite ville de Trakaï assez fréquentée aujourd’hui, samedi, par Lituaniens et Polonais qui aiment passer là le week-end au bord de l’eau en famille et entre amis.
Ne reste plus qu’à trouver une place de parking… Et c’est là que la chance intervient. Alors que je cherche vainement une place pour stationner la voiture, une dame se penche à me fenêtre et me propose de garer mon véhicule dans son jardin qui se trouve à moins de deux minutes à pied de la passerelle d’accès au château !
A peine le temps de réfléchir, de dire oui ou de dire non, qu’elle passe de l’autre côté de la voiture, ouvre la portière et monte côté passager. “Je vais vous y conduire”, me dit-elle !
Bon, autant dire que je n’ai pas le choix. Mais au vu du bordel généralisé qui règne à l’entrée du site, je comprends rapidement que je n’ai pas le choix. Et finalement, pour 6 euros le stationnement, je ne m’en tire pas si mal !
Le temps de garer la voiture, de remercier mon hôtesse et de lui payer mon dû grâce au terminal carte bancaire d’un de ses amis commerçants sur les quais du lac, et je prends le chemin qui longe l’étang bordé d’une nuée de commerces et qui mène directement à la passerelle d’accès à l’île où se dresse le château.
Là, la vue sur le château est vraiment très belle, magnifiée par la présence des joncs qui poussent sur les rives du lac. Dommage que je ne puisse pas rester jusqu’au soir pour admirer le coucher du soleil sur le lac.
Mais qu’importe, je suis déjà très heureux d’avoir respecté mon timing et d’avoir ainsi pu visiter tant de choses en si peu de temps passé en Lituanie. D’où l’intérêt de se lever très tôt quand on veut voyager…
L’autre bonne nouvelle de la journée, c’est que la foule des touristes est beaucoup moins dense qu’au château de Malbork, en Pologne, que j’ai visité la veille… Et quand je dis moins dense, c’est surtout beaucoup moins dense, voire beaucoup beaucoup moins dense !
En clair, je vais pouvoir respirer et visiter le château à mon rythme et comme bon me semble. La vérité, c’est que les gens viennent surtout ici pour profiter de la nature, la visite du château est accessoire pour un grand nombre d’entre eux.
Bref, le temps de m’acquitter du droit d’entrée au guichet qui se trouve à l’entrée du château et me voilà enfin au milieu de la cour intérieure.
Et la dernière bonne nouvelle, c’est que le château est aussi beaucoup, voire beaucoup beaucoup moins grand que le château de Malbork… Ouf ! Allons-y pour la visite !
Mais avant d’arpenter les multiples salles du château, il semble nécessaire d’abord de raconter l’histoire de ce monument qui fut si important pour le royaume de Lituanie.
De sa fondation au XIVe siècle à son déclin au XVIe siècle, ce château fut tour à tour forteresse face aux chevaliers teutoniques, résidence d’un puissant grand-duc, prison d’État, puis ruine romantique, avant de connaître sa renaissance actuelle.
Tout commence dans la seconde moitié du XIVe siècle. Le grand-duc Kestutis (1297-1382), co-souverain de Lituanie avec son frère Algirdas, choisit l’une des îles du lac Galve pour y ériger une place forte en pierre.
À l’époque, la ville de Trakai est l’un des principaux centres politiques du grand-duché, et le chantier marque la volonté d’en faire une puissante citadelle.
Le château subit de lourds dégâts lors d’une attaque de l’ordre Teutonique en 1377, puis devient l’enjeu d’une guerre de succession.
Après l’assassinat de Kestutis (1382), ses fils Jogaila et Vytautas se disputent le trône. Une fois la paix revenue et la menace teutonique écartée après la bataille de Grunwald (1410), une nouvelle phase de construction débute, achevée vers 1409.
Sous l’impulsion de Vytautas, le château perd son austérité militaire. Deux ailes sont ajoutées, un imposant donjon de six étages (35 mètres) est construit, et une cour intérieure aux galeries de bois voit le jour.
La grande salle ducale, mesurant environ 10 mètres sur 21, rivalise avec celle du château de Vilnius. Il troque progressivement son armure pour une parure de briques rouges gothiques, agrémentée de tuiles vernissées et de vitraux, et devient une résidence d’apparat où sont reçus émissaires étrangers et souverains, à l’image du roi de Pologne Ladislas II Jagellon.
C’est dans ce décor fastueux que Vytautas le Grand meurt en 1430, sans avoir été couronné roi de Lituanie.
Dans la seconde moitié du XVIe siècle, le roi de Pologne et grand-duc de Lituanie Sigismond II Auguste y fait réaliser des travaux de rénovation de style Renaissance, lui conférant brièvement le statut de résidence d’été.
Le déclin du château commence après la mort de son illustre commanditaire, dans la première moitié du XVe siècle. Privé de son principal résident et voyant le centre du pouvoir se déplacer, sa fonction de résidence grand-ducale s’étiole.
Le coup de grâce intervient dans la seconde moitié du XVIe siècle. Devenu trop coûteux à entretenir, ses vastes salles, jadis théâtres de fêtes et de réceptions, sont désertées et reconverties en simple prison pour les nobles.
Le château change alors radicalement de fonction : il n’est plus un symbole de puissance, mais un lieu d’enfermement.
Bon voilà, le temps de me situer dans l’espace et je commence la visite par l’aile ouest du château.
C’est ici, dans les anciens casernements, que sont réunis des collections très variées, censées témoigner du mode de vie des familles nobles qui résidèrent dans les environs au XVIIIe et XIXe siècle.
Au premier étage, on peut ainsi y voir une exposition de mobilier du XVIIIe au XXe siècle, mais aussi des animaux empaillés et une superbe exposition de pipes (XVIIe-XIXe siècle).
Certaines sont en écume ciselée et in trouve même de rares pipes à opium.
A voir également une belle exposition de sceaux en cristal, en albâtre ou en forme de figurines.
A ne pas manquer la belle salle à manger du XIXe siècle et son très beau service en porcelaine.
Sans oublier la chambre avec ses délicates scènes peintes sur le bois du lit, ses horloges, ses émaux filigranés et sa porcelaine.
Après les casernes de l’ancien château, direction le donjon où se niche une exposition d’objets, de la préhistoire au Moyen Âge.
On y trouve des haches polies, des mortiers, des outils, des armes, des vestiges de céramiques polychromes du XVe siècle, des cottes de maille.
De belles salles voûtées abritent également des monnaies, des lingots, des armes (belles lances et épées).
A ne pas manquer au premier étage la grande salle d’apparat avec son beau plafond gothique.
Mais on visite également les salles des XVe, XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles où l’on découvre une carte de 1744 expliquant le statut de la Lituanie, ainsi qu’une curieuse carte du XVIIe siècle où les Etats de la région se révèlent presque tous constitués.
Une salle est dédiée à la richesse culturelle et cultuelle de Trakaï (objets issus de la culture juive, catholique et musulmane).
Une vitrine reconstitue également une salle de jugement, puis une carte de Trakaï au XVIe siècle, de la vaisselle en argent, un coffre de voyage marqueté.
Dans une autre salle, on trouve une autre maquette du château tel qu’il était en 1951, et quelques toiles montrant Trakaï en ruines.
On peut ensuite s’attarder sur l’évocation de la reconstruction du château… C’est la plus simple et la moins chère qui fut adoptée.
Enfin, au sous-sol, on découvrera des monnaies découvertes localement, un trésor de 9.000 pièces, des objets d’art en argent, des coupes et des tabatières.
Je publie maintenant le reste des photos que j’ai prises lors de ma visite du donjon et j’en profite pour achever l’histoire de ce château qui a su renaître de ses cendres (au propre comme au figuré !).
L’âge d’or du château de Trakai prend brutalement fin au milieu du XVIIe siècle. En 1655, au début de la guerre russo-polonaise (1654-1667), une armée russe envahit la région et s’empare de Trakai.
Les chroniques de l’époque rapportent que la ville fut pillée et brûlée, et que les deux châteaux (insulaire et péninsulaire) furent démolis.
Pour la première fois de son histoire, la forteresse insulaire, qui n’avait jamais été prise par un ennemi, subit d’immenses dégâts.
Cet événement signe non seulement la fin de la prospérité de la cité, mais aussi le début d’une longue agonie pour le château.
Après ce conflit dévastateur, la ville de Trakai ne se remit jamais de cette destruction et devint une simple bourgade provinciale, le centre du pouvoir lituanien s’étant désormais définitivement déplacé vers Vilnius.
Abandonné et privé de toute fonction militaire ou résidentielle, le château fut laissé à l’abandon.
Au cours du XVIIIe siècle, il servit de carrière de pierres pour les habitants ou de prison pour la noblesse, mais sa structure se dégrada inexorablement et, à la fin du siècle, il était complètement délabré.
Ce n’est qu’au XIXe siècle, dans un contexte de romantisme et de regain d’intérêt pour le patrimoine national, que les ruines de Trakai commencèrent à être perçues comme un symbole de la grandeur passée de la Lituanie.
Des artistes et des architectes commencèrent à s’y intéresser, et les premiers projets de sauvegarde virent le jour, notamment par l’ingénieur B. Malevskis, qui prépara la consolidation partielle d’une tour, marquant les prémices d’une longue et complexe renaissance.
Le véritable tournant eut lieu au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Un projet de reconstruction majeure débuta en 1946, mais ce n’est qu’en 1951, à l’initiative des Lituaniens, que les travaux actifs commencèrent.
Le projet fut mené contre l’avis des autorités soviétiques, qui y voyaient un symbole de nationalisme lituanien et un investissement idéologique inutile.
Malgré ces réticences, les travaux de restauration furent menés sous la direction de l’architecte Bronislovas Kruminis.
L’objectif était de rendre au château son apparence d’origine du XVe siècle, celle qu’il avait sous le règne de Vytautas le Grand. La majeure partie de la reconstruction fut achevée en 1961.
En 1962, le château rénové fut confié au Musée d’Histoire de Trakai, fonction qu’il conserve encore aujourd’hui.
Cette renaissance ne s’est pas limitée aux murs. Le travail de restauration s’est poursuivi et enrichi au fil des décennies, avec notamment la fin du palais central en 1987, puis l’aménagement de nouvelles expositions sur la culture des Karaïtes, une communauté turcique installée dans la région par Vytautas le Grand.
Aujourd’hui, le château de Trakai est non seulement le monument le plus visité de Lituanie, attirant chaque année des centaines de milliers de visiteurs, mais aussi un lieu de mémoire nationale et un cadre privilégié pour les festivals médiévaux, les concerts et les réceptions officielles.
Pour la petite histoire, entre 1920 et 1939, sous domination polonaise, centralisation oblige, toutes les archives du château de Trakaï furent envoyées à Varsovie. Pour mieux les protéger…
Malheureusement la capitale polonaise fut entièrement détruite pendant la Seconde Guerre mondiale. Et toutes les archives concernant plusieurs siècles d’histoire de Trakaï disparurent à jamais…