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Perast, la beauté intemporelle de l’ancienne cité vénitienne

Pourquoi visiter Perast ?

Un condensé d’élégance baroque au bord de l’eau
 
Visiter Perast permet de découvrir le joyau architectural le mieux préservé des bouches de Kotor, souvent décrit comme un musée à ciel ouvert. Cette petite cité côtière se distingue par son élégance aristocratique, héritée de son passé de puissance maritime prospère sous la République de Venise. Contrairement à Kotor, Perast ne possède pas de remparts fortifiés, mais s’étire gracieusement le long du rivage, offrant une enfilade continue de palais baroques en pierre blanche et de clochers majestueux qui se reflètent directement dans les eaux calmes de la baie.
 
Les deux îles emblématiques de la baie
 
Le principal attrait de Perast réside dans le spectacle fascinant de ses deux îles jumelles posées au milieu du fjord, accessibles en quelques minutes de bateau. La première, l’île Saint-Georges, abrite un monastère bénédictin du XIIe siècle entouré de cyprès sombres et reste fermée au public pour préserver sa tranquillité. La seconde, Notre-Dame-du-Rocher (Gospa od Škrpjela), est une île artificielle unique construite par les pêcheurs locaux au fil des siècles : elle abrite une magnifique église baroque coiffée d’un dôme bleu, célèbre pour ses fresques et sa collection d’ex-voto en argent.
 
Un havre de paix préservé des voitures
 
Perast offre une expérience de visite particulièrement reposante grâce à une politique de circulation automobile très stricte. Durant la haute saison, l’accès au centre historique est interdit aux véhicules des non-résidents, ce qui transforme la rue principale en une immense promenade piétonne au bord de l’eau. Les voyageurs peuvent ainsi flâner en toute sérénité, bercés par le clapotis des vagues, loin des embouteillages et de l’agitation des grandes stations balnéaires de l’Adriatique, ce qui confère au village une atmosphère intemporelle et exclusive.
 
Les plus beaux panoramas aériens du fjord
 
Pour couronner votre visite, Perast offre des points de vue vertigineux sur le resserrement de Verige, le passage le plus étroit des bouches de Kotor. En grimpant au sommet du clocher de l’église Saint-Nicolas, haut de 55 mètres, vous profiterez d’un panorama à 360 degrés absolument spectaculaire sur les toits de tuiles rousses du village, les deux îles sacrées et les falaises de calcaire qui tombent à pic dans la mer. C’est l’endroit idéal pour saisir toute la dimension dramatique et poétique de ce paysage unique en Europe du Sud.

Comment visiter Perast ?

Flâner le long de la promenade piétonne côtière
 
Pour commencer votre visite de Perast de la manière la plus agréable, explorez sa rue principale qui s’étire le long du rivage. Durant la haute saison, la circulation automobile y est interdite pour les non-résidents, ce qui transforme le front de mer en une immense zone piétonne paisible. Vous pouvez parcourir cette promenade entièrement à pied en environ 20 à 30 minutes, en admirant les façades des 16 palais baroques et des 19 églises qui témoignent de la grandeur passée de la cité. C’est l’occasion idéale pour s’imprégner de l’atmosphère aristocratique du village et faire une pause sur l’une des nombreuses terrasses de café installées au bord de l’eau.
 
Embarquer vers l’île de Notre-Dame-du-Rocher
 
Le passage incontournable de votre séjour consiste à prendre un bateau pour rejoindre l’île artificielle de Notre-Dame-du-Rocher (Gospa od Škrpjela). De nombreuses navettes locales et petits bateaux de pêcheurs proposent la traversée aller-retour depuis les différents quais du village pour un coût généralement compris entre 5 et 10 euros par personne. Le trajet sur les eaux calmes ne prend que 5 minutes et vous dépose au pied d’une église baroque du XVIIe siècle. Vous pourrez y visiter un musée attenant qui abrite une collection fascinante d’ex-voto marins ainsi qu’une célèbre tapisserie tissée à base de cheveux par une habitante de Perast.
 
Grimper au sommet du clocher de Saint-Nicolas
 
Pour prendre de la hauteur et admirer le plus beau panorama, rendez-vous à l’église Saint-Nicolas, située sur la place principale de Perast. Moyennant un droit d’entrée de quelques euros, vous pouvez gravir les marches étroites de son impressionnant clocher haut de 55 mètres. L’effort en vaut largement la peine : le sommet offre une vue aérienne spectaculaire à 360 degrés sur les toits de tuiles roses du village, les deux îles jumelles de la baie et le défilé de Verige, le point le plus étroit des bouches de Kotor. C’est le spot parfait pour réaliser vos plus belles photographies de voyage.
 
Explorer le musée de Perast dans le palais Bujović
 
Pour enrichir votre découverte d’une touche culturelle et historique, planifiez une visite du musée de Perast, magnifiquement installé dans le palais Bujović, l’un des plus beaux édifices baroques du front de mer. Ce musée retrace l’histoire maritime glorieuse de la ville à travers des collections d’armes anciennes, des portraits de capitaines célèbres, des maquettes de voiliers et des documents d’archive datant de la domination vénitienne. De plus, les grands balcons en pierre du palais offrent une vue magnifique et privilégiée sur la baie, idéale pour clore votre visite de cette cité intemporelle.

Perast, la beauté intemporelle de l'ancienne cité vénitienne

Samedi 25 juillet. Enfin, dernière étape de ce long voyage à travers les Blakans, voici l’ancienne cité vénitienne de Perast.

Et pour la visiter, coup de chance inouïe, je vais trouver une place de parking à proximité, juste à l’entrée de la ville, gratuite et surveillée. Que demander de plus !

Le temps de fermer la voiture et de marcher jusqu’à l’entrée de la ville jalonnée de petits restaurants et de cafés, et me voici au cœur de la cité dont il me faut avant toute chose vous raconter l’histoire.

Bien que la zone ait été habitée dès la Préhistoire et nommée d’après les Pirusti, une tribu illyrienne locale, Perast n’est mentionnée pour la première fois par écrit qu’en 1336 sous la forme d’un modeste village de pêcheurs doté d’un petit chantier naval.

À cette époque médiévale, sous domination serbe, le village vit dans l’ombre de sa puissante voisine, la cité fortifiée de Kotor, qui exerce une juridiction stricte sur ses terres et contrôle l’île naturelle de Saint-Georges.

Ce statut de simple colonie de pêcheurs change radicalement au XVe siècle lorsque la géopolitique régionale bascule face à l’avancée inexorable de nouvelles puissances.

En 1420, pour se prémunir des invasions, la région se place volontairement sous la protection de la République de Venise.

Lorsque les Ottomans parviennent à s’emparer des localités voisines de Herceg Novi et de Risan en 1482, Perast se retrouve propulsée au rang de bastion frontalier stratégique de la Sérénissime.

Faisant face au détroit des Chaînes (Verige) — le passage le plus étroit de la baie qu’ils apprenaient à bloquer avec de lourdes chaînes immergées —, ses habitants se transforment en guerriers-marins d’élite.

En récompense de leur bravoure infaillible et de leur fidélité à Venise (la ville n’ayant jamais été conquise par les Turcs), les doges leur accordent d’immenses privilèges politiques et économiques, notamment l’exemption totale de taxes sur tous les marchés vénitiens.

Cette franchise douanière propulse Perast dans un véritable âge d’or économique et architectural aux XVIIe et XVIIIe siècles.

La richesse accumulée par le commerce maritime et la guerre de course permet aux douze grandes familles patriciennes de la cité (les casadas) d’ériger seize palais baroques somptueux et dix-neuf églises en pierre blanche de style vénitien le long du rivage.

Les chantiers navals tournent à plein régime et la flotte locale dépasse la centaine de navires.

L’école navale de Perast acquiert une réputation telle à travers l’Europe que le tsar russe Pierre le Grand y envoie ses futurs officiers et navigateurs se former à la cartographie et à l’ingénierie.

C’est aussi à cette époque que la dévotion des marins donne naissance à l’île artificielle de Notre-Dame-du-Rocher (Gospa od Škrpjela), bâtie patiemment pendant deux siècles en submergeant des roches et de vieux navires saisis autour d’un récif où avait été trouvée une icône miraculeuse.

La chute de la République de Venise en 1797 marque le début d’un long déclin pour Perast.

Les marins de la ville manifestent une dernière fois leur fidélité historique en enterrant solennellement le drapeau vénitien (le lion de Saint-Marc) sous l’autel de l’église locale.

La ville traverse ensuite les turbulences des guerres napoléoniennes, passant brièvement sous contrôle autrichien, italien et français, avant d’être rattachée durablement à l’Empire austro-hongrois en 1814.

L’avènement de la marine à vapeur, combiné à la perte des privilèges douaniers, porte un coup fatal à l’économie maritime de la cité, qui se dépeuple progressivement.

Aujourd’hui préservé des grands projets immobiliers modernes, ce joyau architectural classé à l’UNESCO a trouvé un second souffle grâce au tourisme culturel, offrant l’un des témoignages du style baroque côtier les plus purs et les mieux conservés de toute la mer Adriatique.

Ancien carrefour maritime vénitien puissant et prospère – d’où sont sortis un nombre de navires et de capitaines au long cours inversement proportionnel à sa modeste taille -, la petite Perast a depuis appris à se contenter de sa beauté.

Bien qu’elle ne compte qu’une rue principale, cette petite ville s’enorgueillit de ses seize église et dix-sept palais autrefois grandioses.

Si certains ne sont désormais que des ruines mystérieuses, envahies de figuiers et de bougainvilliers, le palais et l’église le plus impressionnant de la ville sont quant à eux bien conservés et ouverts au public.

L’église Saint-Nicolas (Crkva Sv. Nikole) est le cœur spirituel et visuel de Perast. Situé sur la place principale du village, cet édifice en pierre blanche illustre de manière fascinante les ambitions et les revers de fortune de la cité au cours de son histoire.

La structure actuelle se compose d’une petite église d’origine datant de 1616 et des vestiges d’un projet pharaonique initié en 1740.

À cette époque de faste économique, les habitants souhaitaient ériger la plus grande cathédrale de toute la côte adriatique.

Cependant, les guerres répétées contre l’Empire ottoman et la chute de la République de Venise ont prématurément coupé les fonds, laissant la grande nef inachevée.

Aujourd’hui, l’intérieur abrite un riche musée d’art sacré où l’on peut admirer des peintures de l’artiste local Tripo Kokolja, des vêtements liturgiques brodés d’or et des bannières maritimes historiques.

Mais l’attraction majeure de ce complexe religieux reste sans conteste son clocher monumental, achevé en 1691 par l’architecte vénitien Ivan Battista Skarpa.

S’élevant fièrement à 55 mètres de hauteur, cette tour de style baroque est la plus haute de toute la baie de Kotor et servait autrefois de point de repère pour les navires de retour au port.

Pour quelques euros, les visiteurs courageux peuvent emprunter un escalier intérieur en pierre, étroit et escarpé, qui mène jusqu’aux cloches fondues à Venise.

L’effort est récompensé par un panorama spectaculaire à 360 degrés, offrant une vue plongeante sur les toits de tuiles roses de Perast, l’étroit détroit des Chaînes (Verige) et les deux célèbres îlots de Saint-Georges et de Notre-Dame-du-Rocher qui semblent flotter sur les eaux turquoise de la baie.

À quelques minutes de marche le long du rivage se dresse le majestueux Palais Bujovic, considéré à juste titre comme l’un des plus beaux chefs-d’œuvre de l’architecture baroque de toute l’Adriatique orientale.

Érigé en 1694 par l’architecte vénitien Giovanni Battista Fonte, ce palais fut offert par la République de Venise au célèbre capitaine Vicko Bujovic et à ses frères en guise de remerciement pour leur immense bravoure lors des batailles navales contre les Ottomans.

Construit avec des blocs de pierre de taille importés de l’île croate de Korcula, l’édifice se distingue par son porche monumental soutenu par cinq grandes arches, ses balcons raffinés à balustrades et les lions de Saint-Marc sculptés sur sa façade, symbolisant la puissance et le statut de cette grande lignée de navigateurs.

Aujourd’hui, le Palais Bujovic a trouvé une seconde vie en abritant le Musée de la ville de Perast (Muzej Grada Perasta), un espace culturel incontournable pour comprendre l’âge d’or de la cité.

Les salles d’exposition, magnifiquement préservées avec leurs parquets et leurs plafonds d’époque, regroupent une collection inestimable léguée par les anciennes familles patriciennes locales.

Les visiteurs peuvent y découvrir des armes anciennes richement ornées, des portraits de capitaines et d’amiraux, des cartes maritimes de la célèbre école navale de Perast, ainsi que des archives historiques et des maquettes de voiliers.

Les grandes fenêtres et le balcon supérieur du musée offrent également une perspective sur le front de mer, permettant de lier l’histoire artistique exposée à l’intérieur au paysage maritime qui l’a inspirée.

Au-delà du rivage, le paysage de Perast est indissociable de ses deux îlots mythiques qui semblent flotter sur les eaux calmes de la baie. Le plus célèbre est Notre-Dame-du-Rocher (Gospa od Škrpjela), une île entièrement artificielle bâtie par les marins qui y ont érigé une magnifique église baroque abritant soixante-huit peintures du maître Tripo Kokolja et des milliers de plaques votives en argent.

Juste à côté se dresse l’îlot naturel de Saint-Georges, une terre mystérieuse et ombragée de grands cyprès qui abrite un monastère bénédictin du XIIe siècle et l’ancien cimetière de la noblesse locale ; cette “île des morts” ne se visite pas afin de préserver la sérénité des moines, mais s’admire de près lors de la traversée en bateau.

Enfin, le littoral de Perast est une enfilade de palais baroques, dont la splendeur témoigne de l’opulence des anciennes familles patriciennes de la cité.

Parmi les seize demeures nobles préservées, le Palais Smekja se distingue comme le plus vaste et le plus imposant du village ; construit au XVIIIe siècle en pierre blanche importée de l’île croate de Korcula, sa structure majestueuse intègre des balcons élégants et accueille aujourd’hui un complexe hôtelier de luxe.

Plus haut sur la colline, le Palais Zmajevic, surnommé le palais épiscopal, s’adosse à la roche et rappelle le rôle de cette lignée d’archevêques et d’écrivains qui ont profondément marqué l’histoire culturelle et religieuse de la région.

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