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Saint-Louis, sur la plage de la langue de Barbarie

Pourquoi visiter le port de Saint-Louis ?

Un spectacle vivant de l’économie locale

Au port de Saint-Louis, le jour commence bien avant l’aube. Dès les premières lueurs, les pirogues colorées regagnent la rive, chargées de poissons fraîchement pêchés. C’est le moment où l’activité est la plus intense : les pêcheurs déchargent leurs prises sous les regards des mareyeurs, tandis que les femmes, dans un ballet organisé, préparent le poisson pour le séchage ou la vente. Cette effervescence matinale offre aux visiteurs un spectacle authentique, bien loin des cartes postales, et constitue une occasion unique de comprendre le rôle vital de la pêche dans l’économie et l’identité de Saint-Louis.

Un carrefour de couleurs, d’odeurs et de traditions

Le quartier de Guet Ndar, qui abrite le port, est une véritable explosion sensorielle. Dans ses ruelles étroites où se croisent piétons, charrettes et chèvres, règne une animation constante. Les maisons de pêcheurs aux couleurs vives côtoient les étals où le poisson sèche au soleil, dégageant une odeur puissante et caractéristique. Ce chaos joyeux, mêlé aux rires des enfants qui jouent sur la plage et au bruit des moteurs des pirogues, plonge le visiteur au cœur des traditions maritimes transmises de génération en génération. Loin d’être un simple lieu de transit, le port est ici un véritable village dans la ville, avec ses codes et son âme.

Un témoin de l’histoire et des défis contemporains

Si le port est le poumon économique de Guet Ndar, il est aussi le reflet des enjeux actuels du Sénégal. Construit initialement en 1978, l’infrastructure a connu des difficultés de fonctionnement, et les pêcheurs partent aujourd’hui parfois jusqu’en Gambie pour trouver du poisson, témoignant de la raréfience des ressources. De plus, le quartier, situé sur la Langue de Barbarie, est menacé par la montée des eaux et l’érosion côtière. Visiter ce port, c’est donc aussi prendre conscience des défis climatiques et économiques auxquels cette communauté résiliente fait face au quotidien.

Un point de départ pour une exploration plus large

Au-delà de l’animation du débarquement, le port de Saint-Louis sert de point de départ idéal pour explorer les merveilles naturelles des environs. De là, on peut embarquer pour une excursion en pirogue sur le fleuve Sénégal afin d’observer les oiseaux du parc national du Djoudj ou de longer la Langue de Barbarie. Les alentours du port sont également le lieu privilégié pour déguster des poissons grillés, cuisinés selon la tradition, dans les petites gargotes locales. Ainsi, que l’on soit amateur de photographie, passionné de culture ou simplement en quête d’authenticité, le port de Saint-Louis est une étape incontournable qui promet une immersion totale dans l’âme de la cité.

Comment visiter Saint-Louis ?

Se rendre à Saint-Louis : depuis Dakar ou en avion

Saint-Louis se situe à environ 270 kilomètres au nord de Dakar. Pour vous y rendre, le bus est l’option la plus économique. La compagnie Transdev, entre autres, propose des liaisons régulières depuis la capitale. Le voyage dure environ 4 heures et le prix d’un billet pour un bus climatisé varie généralement entre 5 000 et 7 000 FCFA. Si vous préférez plus de confort et de flexibilité, vous pouvez louer un véhicule avec chauffeur. Cette option est idéale pour une journée d’excursion, les prix sont alors souvent affichés pour 4 ou 8 heures (comptez par exemple 35 000 FCFA pour 4 heures). Il est aussi possible d’arriver à Saint-Louis par avion. La ville possède un aéroport (aéroport de Saint-Louis, XLS), mais il est principalement utilisé pour des vols domestiques et régionaux. Depuis la France, vous devrez donc atterrir à Dakar avant de prendre une correspondance ou un transport terrestre.

Sur place : se déplacer à pied, en taxi ou en calèche

La meilleure façon de découvrir l’île historique de Ndar est de la parcourir à pied. Ses ruelles étroites et son architecture coloniale s’apprécient pleinement lors d’une flânerie. Pour les trajets plus longs ou pour vous rendre dans les quartiers environnants comme Sor ou Guet Ndar, plusieurs options s’offrent à vous. Les taxis sont nombreux. Il n’y a pas de compteur, le prix de la course se négocie avant le départ. Pour un trajet à l’intérieur de la ville, les chauffeurs appliquent souvent un tarif fixe. Les cars rapides (minibus colorés) sillonnent la ville sur des circuits déterminés et constituent un moyen de transport très local et économique. Pour une expérience plus authentique et touristique, optez pour une calèche. C’est une manière agréable de découvrir les principaux sites de l’île à un rythme tranquille. Enfin, pour des excursions à la journée vers le parc national des oiseaux du Djoudj ou le désert de Lompoul, la location d’un véhicule 4×4 avec chauffeur est la solution la plus pratique.

Les incontournables : musées, pont et balades en pirogue

Le cœur de Saint-Louis est l’île de Ndar, un dédale de ruelles bordées de maisons coloniales aux façades colorées. Pour une première immersion, rien ne vaut une flânerie matinale. Le pont Faidherbe, emblème de la ville, se traverse à pied pour admirer le paysage. L’un des projets culturels les plus originaux est l’Archipel de musées. Il s’agit d’un ensemble de dix petits musées disséminés dans l’île, consacrés pour la plupart à la photographie ancienne et contemporaine. La visite complète des dix sites est facturée 10 000 FCFA, et un billet pour trois musées coûte 5 000 FCFA. Le MuPho (Musée de la photographie) en est le point de départ. Une promenade en pirogue sur le fleuve est également une expérience incontournable, vous permettant d’observer la vie locale depuis l’eau.

Où dormir et où manger : des options pour tous les budgets

Saint-Louis propose une large gamme d’hébergements. Pour un séjour économique, on trouve des hôtels à partir d’environ 35 euros la nuit. Des établissements de charme comme l’Hôtel de la Poste ou l’Hôtel Cap Saint-Louis (à partir de 73 euros) offrent un cadre plus confortable. Pour une expérience plus intime, les maisons d’hôtes comme Ndar Ndar House ou Chez Titi (environ 51 euros) sont d’excellentes adresses. Pour des séjours au vert, l’Eco-Lodge Hotel Oasis Fishing est une option. Côté restauration, de nombreux restaurants proposent une cuisine locale et internationale. Pour des informations actualisées et des conseils personnalisés, n’hésitez pas à pousser la porte du Syndicat d’Initiative (office de tourisme). Facilement reconnaissable à son grand “i”, il est situé sur l’île, juste après le pont Faidherbe. Ses horaires d’ouverture sont du lundi au samedi de 9h à 13h et de 15h à 18h, et le dimanche jusqu’à 17h.

Saint-Louis, sur la plage de la langue de Barbarie

Lundi 24 septembre. C’est avec un petit pincement au cœur que je quitte malgré tout les rives du fleuve Sénégal. Il suffirait de si peu pour faire de cette région le petit paradis qu’elle était autrefois. Investir. Éduquer les enfants à l’écologie. Restaurer. Réhabiliter. Les possibilités sont nombreuses.

C’est donc sur cette photo de pirogue laissée à l’abandon et de détritus qui jonchent toujours le rivage que je quitte Saint-Louis pour l’extrémité sud de la langue de Barbarie où se dressent les hôtels du quartier touristique.

Le temps de déposer ma valise dans mon bungalow et je file directement à la plage profiter de cette fin d’après-midi et du soleil qui descend déjà bas sur l’horizon.

Il faut imaginer ici les nuées de touristes qui envahissent la plage quand la pleine saison (sèche, de novembre à février) bat son plein.

Mais de saison des pluies, il n’y en a plus vraiment. Dérèglement climatique encore. Elle a même eu tendance à s’effacer un peu cette année, selon les dires de Yérim.

Du coup, les plages désertées sont d’une absolue beauté. Un vrai petit paradis dont je profiterai demain (j’ai un après-midi de libre pour aller me baigner !).

La nuit tombe et j’essaie de capter la lumière du soleil scintillant sur les vagues. Il me faut aller vite. La nuit en Afrique tombe à toute allure.

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