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Sur la route de Touba, l’Afrique colorée

Pourquoi visiter Touba ?

Un voyage au cœur du soufisme sénégalais

Visiter Touba, c’est bien plus qu’un simple déplacement géographique, c’est une immersion dans l’âme spirituelle du Sénégal. La ville est la capitale sainte de la confrérie mouride, l’une des plus influentes d’Afrique de l’Ouest, fondée par le célèbre Cheikh Ahmadou Bamba. S’y rendre permet de comprendre en profondeur l’islam soufi local, ses valeurs de paix, de travail et de dévotion, qui sont au cœur de l’identité sénégalaise. Le pèlerinage annuel du Grand Magal, qui attire des millions de fidèles, est une manifestation impressionnante de cette foi vivante.

Un chef-d’œuvre architectural : la Grande Mosquée

Le cœur de la ville est dominé par sa majestueuse Grande Mosquée, un édifice incontournable. Véritable prouesse architecturale, elle est la plus vaste mosquée du Sénégal et l’une des plus imposantes d’Afrique. Son architecture, mêlant influences arabes et byzantines, est d’une beauté saisissante, avec ses murs de marbre, ses sept minarets dont le célèbre Lamp Fall, et ses matériaux précieux comme le marbre bleu. C’est un lieu de ferveur intense, qui accueille des milliers de fidèles en prière chaque jour.

Un pèlerinage et un patrimoine vivant

Bien que la Grande Mosquée en soit le joyau, la visite de Touba se vit aussi à travers ses lieux de mémoire. À l’intérieur du sanctuaire se trouve le mausolée de Cheikh Ahmadou Bamba, le point de convergence ultime pour les mourides du monde entier. Ce haut-lieu de spiritualité offre un moment de recueillement et une connexion profonde avec l’héritage du fondateur. Pour une compréhension plus large de l’histoire de la confrérie, on peut également visiter le mausolée de Cheikh Ibrahima Fall (guide des Baye Fall).

Une ambiance et des règles uniques

La particularité de Touba réside aussi dans son caractère hors du commun. La ville est entièrement régie par des lois religieuses, ce qui lui confère une atmosphère paisible et distincte du reste du pays. Ainsi, il y est formellement interdit de consommer de l’alcool et de fumer. Visiter Touba, c’est donc aussi faire l’expérience d’un mode de vie et d’une organisation sociale uniques au Sénégal, marqués par un profond respect des règles spirituelles, ce qui rend la découverte encore plus mémorable.

Comment visiter Touba ?

Comment rejoindre Touba

Située à environ 200 kilomètres à l’est de la capitale, Touba est facilement accessible depuis Dakar. Le bus interurbain de la compagnie Dakar Dem Dikk propose une liaison directe pratique et économique, au prix de 4 000 FCFA par personne. Les départs se font depuis le Terminus Liberté 5 à Dakar à 7h et 15h (horaires spéciaux le vendredi) , et le retour depuis Touba s’effectue du Rond-Point 28, situé près de la grande mosquée . Pour plus de confort et de flexibilité, vous pouvez également opter pour le taxi, dont le prix se négocie aux alentours de 30 000 FCFA .

Hébergement : où séjourner à Touba

L’offre d’hébergement à Touba est moins large que dans les grandes villes touristiques, mais il existe quelques options pour passer la nuit. Parmi elles, le Campement Touristique le Baol, situé à environ 9 km du centre-ville, propose un cadre paisible avec restaurant et parking . Vous trouverez également des résidences et des complexes hôteliers qui commencent à se développer pour accueillir les visiteurs . Pour une expérience d’immersion totale, certaines agences locales proposent des circuits avec hébergement chez l’habitant, une manière unique de partager le quotidien des familles mourides. Si les besoins sont limités, une excursion à la journée depuis Dakar est également envisageable.

La Grande Mosquée : le cœur spirituel de la visite

L’incontournable de Touba est sa majestueuse Grande Mosquée, l’un des plus grands lieux de culte d’Afrique, pouvant accueillir des milliers de fidèles . Son architecture impressionnante est dominée par cinq minarets, dont le plus haut d’Afrique de l’Ouest, culminant à près de 87 mètres . L’accès aux espaces extérieurs et aux cours de la mosquée est libre  et l’entrée est gratuite ; des guides locaux peuvent vous accompagner pour une visite commentée, et il est d’usage de leur offrir une donation en remerciement.  Les heures de prière ponctuent naturellement la vie du lieu, et le silence est de rigueur à l’intérieur pour ne pas déranger les fidèles.

Conseils pratiques

Il est essentiel de connaître le statut particulier de Touba. Considérée comme une ville sainte, elle dispose de ses propres lois, basées sur la confrérie des mourides. L’alcool et le tabac y sont formellement interdits. La meilleure période pour visiter Touba se situe en dehors du Grand Magal (généralement en novembre), afin de profiter d’un lieu plus calme et d’une circulation plus fluide. Si vous prévoyez de visiter la ville à cette période, la réservation de votre hébergement et de vos transports doit se faire de nombreux mois à l’avance.

Sur la route de Touba, l'Afrique colorée

Jeudi 26 septembre. Sur la route de Touba, c’est toujours un festival de couleurs qui défilent derrière la vitre de la voiture. Les femmes nous dévisagent à notre passage, d’autres nous font signe pour nous arrêter. La vie en Afrique se déroule pour une grande part le long des chemins. Chacun s’entraide pour aller de ville en ville. Et parfois, on s’arrête pour accompagner une maman et son petit au dispensaire le plus proche.

D’autres fois, ce sont des enfants qui nous font signe. Bon nombre d’entre eux travaillent et aident leur famille en glanant quelques francs ici et là. C’est aussi ça l’autre visage de l’Afrique. Le travail des enfants.

À la sortie de chaque village, ce sont aussi de magnifiques forêts de baobabs qui se dressent. Tous appartiennent à la communauté, la plupart étant sacrés pour le village.

En chemin encore, d’autres femmes, d’autres petits morceaux de vie juchés sur des chariots tirés par des ânes ou des chevaux. Les mêmes visages fermés ou souriants. Les couleurs vives qui claquent aux yeux.

La région de Touba est peuplée elle aussi en majorité de Wolofs. Autre tribu bien présente au Sénégal : les Lébous, parents des Wolofs. La plus grande partie d’entre eux occupe la presqu’île du Cap-Vert. Tous se sont révoltés au début du XIXe siècle contre leur souverain Wolof et depuis, se sont organisés en démocratie pour fonder une république gérontocratique où les pouvoirs et les connaissances sont aux mains des plus âgés. Ils vivent d’agriculture et sont d’excellents pêcheurs, réputés pour leur témérité en mer. Lorsqu’ils sont citadins, les Lébous occupent généralement des fonctions intellectuelles.

Présents sur la Petite Côte, à Thies et dans le Sine Saloum, les Sérères représentent environ 16 % de la population de cette région. Ils auraient fui, vers le XIIe siècle, la région du fleuve par refus de l’islamisation. Ils sont aujourd’hui des animistes christianisés et représentent la seconde communauté catholique du pays. Les fétiches tiennent une part importante dans leur vie, et il n’est pas rare de les voir déposer des offrandes aux pieds des grands arbres de la communauté : petits tas de pierres, brindilles, objets divers…

Les Sérères sont aussi d’excellents cultivateurs de mil, d’arachide et de riz : une partie d’entre eux, les Niominkas, sont pêcheurs et paludiers. Régie par système de castes, comme les Wolofs, la vie des Sérères est tout de même moins stricte, et les castes plus floues.

Les Peuls enfin représentent environ 13 % de la population du Sénégal. Ce sont historiquement des Nomades. Un bon nombre d’entre eux sont éleveurs, et il n’est pas rare de les voir transhumer à travers tout le Sahel, indépendamment des frontières entre le Sénégal, le Mali ou la Mauritanie.

D’où viennent les Peuls ? Qui sont-ils ? Nul ne le sait. Certains avancent qu’ils seraient les descendants d’anciens légionnaires romains perdus dans les dunes du Sahara. D’autres prétendent qu’ils descendraient d’anciennes tribus juives émigrées, et d’autres encore qu’ils seraient les descendants des populations chamistes, issues de Cham, le fils de Noé. Au Sénégal, les premières traces de leur existence remontent au XIe siècle, lors de la fondation du royaume de Tekrour par les Toukouleurs.

Aujourd’hui, on peut croiser des Peuls dans tout le pays, mais plus particulièrement dans l’Est où ils se métissent plus facilement avec d’autres ethnies. Toutefois les nomades et les sédentaires ne se mélangent pas et constituent des formes sociales différentes. Pour les nomades, la famille est au centre de tout, tandis que les sédentaires islamisés se sont rassemblés au sein de petits états centralisés militaires religieux, avec une hiérarchie identique aux Wolofs.

D’abord réfractaires à l’Islam, les Peuls n’ont pas hésité à prendre les armes pour le combattre, mais une fois convertis, ils sont devenus des propagateurs zélés. Mais comme les autres ethnies, leur religion cohabite étroitement avec les superstitions et les rites ancestraux. Le retour des troupeaux fait l’objet de fêtes mémorables. C’est à cette occasion que les jeunes garçons et filles vont se choisir au cours d’une danse rituelle de séduction.

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