You are currently viewing Trebinje, du pont d’Arslanagic à la vieille ville

Trebinje, du pont d’Arslanagic à la vieille ville

Pourquoi visiter Trebinje ?

La douceur de vivre et le charme ombragé de la vieille ville
 
Visiter Trebinje, c’est avant tout s’imprégner d’une atmosphère méditerranéenne unique en Bosnie-Herzégovine, portée par un climat exceptionnel de près de 260 jours de soleil par an. Le cœur de la ville bat à l’ombre des platanes centenaires de la place centrale (Trg Slobode), où s’installe chaque matin un marché local débordant de figues, de miel et de fromages artisanaux. En franchissant les portes de la vieille ville fortifiée (Kastel), construite au XVIIIe siècle au bord de la rivière Trebišnjica, on découvre un dédale de ruelles pavées paisibles qui invitent à la flânerie, loin de l’agitation des grands circuits touristiques.
 
Le panorama spirituel et grandiose du complexe de Hercegovačka Gračanica
 
Le monument le plus emblématique de la ville se dresse fièrement sur la colline de Crkvina : le monastère orthodoxe de Hercegovačka Gračanica. Construit en 2000, cet édifice religieux est une réplique fidèle du célèbre monastère de Gračanica au Kosovo, mêlant briques rouges et pierres blanches dans un style byzantin remarquable. Au-delà de la beauté de ses fresques intérieures, le site offre un point de vue panoramique spectaculaire à 360 degrés sur toute la vallée, les toits rouges de Trebinje, ses vignobles environnants et les arches élégantes du pont d’Arslanagić.
 
Un patrimoine architectural et fluvial d’exception
 
La rivière Trebišnjica, l’une des plus longues rivières souterraines du monde, traverse majestueusement la ville et lui confère un charme unique. Le joyau de ce paysage fluvial est le pont d’Arslanagić (ou pont de Perović), un chef-d’œuvre de l’architecture ottomane érigé au XVIe siècle par le grand vizir Mehmed Pacha Sokolović. Avec ses deux grands arcs doubles asymétriques, ce pont de pierre rivalise de grâce avec celui de Mostar. Le long des berges, on peut également admirer de vieilles roues à aubes en bois qui servaient autrefois à l’irrigation, renforçant l’aspect pittoresque et intemporel de la cité.
 
La route des vins et les saveurs ensoleillées de l’Herzégovine
 
Trebinje s’impose comme la capitale incontournable de la gastronomie et de l’œnologie de la région. Entourée de collines calcaires baignées de soleil, la vallée abrite des vignobles réputés qui produisent des cépages autochtones uniques, tels que le Vranac (un vin rouge puissant) et la Žilavka (un blanc frais et aromatique). Visiter la ville est l’occasion parfaite pour pousser les portes de caves familiales séculaires, à l’image du célèbre monastère de Tvrdoš où les moines produisent leur propre vin depuis des siècles, ou pour s’attabler dans un restaurant traditionnel afin de déguster une truite de rivière ou un agneau cuit sous cloche (sač).

Pourquoi visiter Trebinje ?

Le choix stratégique du transport routier ou des bus
 
Trebinje est idéalement située à seulement 30 kilomètres de Dubrovnik (Croatie) et se prête parfaitement à un road trip dans les Balkans. L’option la plus recommandée est la voiture de location, car elle offre la flexibilité nécessaire pour traverser la frontière et rouler environ 45 minutes depuis la côte croate, ou 2 heures depuis Mostar. Si vous voyagez sans voiture, des bus régionaux relient Trebinje à Mostar deux fois par jour, ainsi qu’à Dubrovnik. Toutefois, les liaisons internationales pouvant être irrégulières, de nombreux voyageurs optent pour des excursions privées ou partagées d’une journée.
 
Le stationnement et l’exploration à pied du centre
 
Une fois arrivé à Trebinje, la ville se parcourt avec un immense plaisir exclusivement à pied, car ses dimensions restent très humaines. Pour votre véhicule, le réseau urbain est divisé en deux zones de parking payant (les tarifs oscillent entre 1 et 3 BAM la journée selon la saison), mais il existe de grands espaces de stationnement gratuits le long de la rivière Trebišnjica, à moins de 10 minutes de marche du cœur historique. Laissez votre voiture pour la journée : l’accès à la vieille ville fortifiée (Kastel) et à la célèbre place ombragée de platanes (Trg Slobode) est entièrement piéton et gratuit. 
 
L’organisation idéale d’un itinéraire d’une journée
 
Pour optimiser votre temps, une séquence d’une demi-journée ou d’une journée complète s’organise très facilement. Débutez votre matinée par un café traditionnel sur la place principale, puis perdez-vous dans les ruelles pavées de la vieille ville en direction des remparts. Poursuivez votre marche en longeant la rivière pour admirer de près le pont d’Arslanagić. Réservez votre fin de matinée ou le début d’après-midi pour grimper jusqu’au complexe de Hercegovačka Gračanica afin de profiter du panorama, avant de redescendre pour un déjeuner de spécialités locales sur les quais. 
 
Les astuces de calendrier et les visites complémentaires
 
Pour réussir votre séjour, privilégiez les mois de mai, juin, septembre et octobre, des périodes où le climat méditerranéen est doux et idéal pour les visites en extérieur sans souffrir des fortes chaleurs estivales. Pensez à toujours conserver de la monnaie en espèces (en Marks convertibles BAM ou en Euros), car les petits marchands du marché local et certains guichets n’acceptent pas les cartes bancaires. Enfin, si vous disposez d’un véhicule, profitez de votre après-midi pour rouler 4 kilomètres en dehors de la ville et visiter le monastère de Tvrdoš, afin de coupler votre découverte culturelle à une dégustation de vins locaux. 
 

Trebinje, du pont d'Arslanagic à la vieille ville

Lundi 20 juillet. La nuit ne va pas tarder à tomber et il est grand temps de nous rendre à Trebinje pour arpenter les rues du centre historique et dîner au restaurant. Mais avant ça, je veux emmener mes amis découvrir le magnifique pont d’Arslanagic.

Plongé dans la lumière rasante du soleil couchant, le vieux pont ottoman est d’une beauté sans nom. Quelle chance de pouvoir le découvrir dans de telles conditions.

D’une longueur de 80 m, ce pont ottoman date de 1574. C’est le plus ancien des trois ouvrages de Trebinje qui enjambent la rivière Trebišnjica.

L’histoire du pont d’Arslanagic (Arslanagica most) commence au XVIe siècle, en 1574. Sa construction est ordonnée par Mehmed Pacha Sokolovic, l’un des plus grands grands vizirs de l’Empire ottoman (également célèbre pour avoir commandé le pont de Višegrad).

Le monument est érigé pour honorer la mémoire de son fils, tué lors d’une bataille contre les Vénitiens, et pour relier les routes commerciales entre le cœur de l’Empire ottoman et la côte de la mer Adriatique, notamment la riche république de Raguse (Dubrovnik).

À la fin du XVIIe siècle, lorsque les Ottomans doivent céder la région de Herceg Novi aux Vénitiens, un noble musulman nommé Arslan-aga fuit vers Trebinje.

Le sultan lui accorde alors la propriété du pont ainsi que le droit exclusif de percevoir le péage sur les marchandises et les voyageurs qui le traversent.

Arslan-aga y construit une maison de garde fortifiée à l’entrée de l’ouvrage. Au fil du temps, le pont et le village attenant ont naturellement pris son nom.

Le tournant le plus incroyable de son histoire moderne a lieu dans les années 1960. Pour les besoins d’un grand projet hydroélectrique yougoslave, la construction d’un barrage en aval menace d’engloutir définitivement le pont sous les eaux d’un futur lac artificiel (le lac de Gorica).

Face à la valeur historique inestimable de l’ouvrage, l’Institut pour la protection des monuments décide de mener une opération inédite : entre 1966 et 1972, le pont est entièrement démonté, chaque bloc de pierre est numéroté, puis l’ensemble est reconstruit à l’identique 5 kilomètres plus bas, au cœur de la ville de Trebinje.

Aujourd’hui, le pont d’Arslanagic est classé comme monument national de Bosnie-Herzégovine.

Avec ses deux grands arcs asymétriques, ses deux petits arcs de décharge et ses ouvertures centrales destinées à alléger la structure lors des crues, il est considéré comme l’un des plus beaux exemples d’architecture de l’école d’ingénierie ottomane dans les Balkans.

Il est désormais réservé exclusivement aux piétons et offre un lieu de promenade incontournable le long de la rivière Trebišnjica.

Voilà pour le pont, il est grand temps de nous rendre en centre-ville avant que la nuit ne tombe. Et j’ai une chance inouïe de trouver une place à deux pas du centre historique.

Le temps de fermer la voiture et de faire quelques mètres et nous voici en plein cœur du centre historique de Trebinje.

Appelé Stari Grad ou Kastel, ce centre fortifié de 2,5 ha est une ancienne forteresse construite au début du XVIIIe siècle par Osman-paša Resulbegovic.

Contrairement à d’autres vieilles villes de la région fortifiées sur les hauteurs, celle-ci a la particularité d’avoir été bâtie sur la rive droite de la rivière Trebišnjica.

À l’origine, elle était entourée de hauts remparts et d’un large fossé protecteur relié directement au cours d’eau, qui a été comblé au début du XXe siècle sous l’administration austro-hongroise.

En franchissant la grande porte d’entrée en bois, on pénètre dans un labyrinthe de ruelles pavées étroites et pittoresques qui ont conservé leur tracé médiéval. L’architecture y mélange harmonieusement l’influence ottomane et le style méditerranéen.

Les façades en pierre blanche, les balcons fleuris et les petites cours intérieures confèrent au quartier une atmosphère calme et intime, particulièrement agréable à explorer à pied à l’abri du soleil brûlant de l’Herzégovine.

Le cœur de la vieille ville abrite plusieurs monuments majeurs qui témoignent du passé cosmopolite de Trebinje.

On y trouve notamment la mosquée d’Osman-paša (achevée en 1726) et la mosquée du Sultan Ahmed, toutes deux d’une architecture ottomane remarquable en pierre locale.

C’est également au centre du Kastel que se situe le Musée de l’Herzégovine, installé dans une ancienne caserne autrichienne, qui retrace la riche histoire archéologique, ethnographique et artistique de la région.

Le centre historique s’ouvre directement, via sa porte principale, sur la célèbre place des Platanes (Trg Slobode).

Cette transition marque le passage entre l’ancienne citadelle ottomane et la ville moderne du XIXe siècle.

Aujourd’hui, les anciennes maisons de commerce de la vieille ville abritent de charmants petits cafés, des galeries d’art et des boutiques d’artisanat local, faisant du Kastel un lieu à la fois préservé et vibrant de vie.

Laisser un commentaire