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Visegrad, sous les arcades de l’ancien pont ottoman

Pourquoi visiter Visegrad ?

Un chef-d’œuvre architectural inscrit à l’UNESCO
 
L’attraction majeure de Višegrad est le pont Mehmed Pacha Sokolović, un chef-d’œuvre de l’architecture ottomane construit à la fin du XVIe siècle par le célèbre architecte Mimar Sinan. Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce monument en pierre calcaire compte onze arches majestueuses qui enjambent la rivière Drina. Se promener sur ce pont historique permet d’admirer la symétrie parfaite de sa structure et de s’imprégner de l’atmosphère unique d’un lieu qui a traversé les siècles et survécu à de nombreux conflits.
 
L’héritage littéraire d’Ivo Andrić
 
Višegrad est immortalisée dans la littérature mondiale grâce au roman de l’écrivain prix Nobel Ivo Andrić, Le Pont sur la Drina. Pour honorer cet héritage, le célèbre réalisateur Emir Kusturica a créé Andrićgrad (ou Kamengrad), un quartier culturel unique construit en pierre au confluent de la Drina et de la Rzav. Ce complexe aux styles architecturaux variés (byzantin, ottoman, classique) fait office de ville-musée avec ses places, ses galeries d’art, son cinéma et ses cafés, offrant une immersion vivante dans l’histoire culturelle de la région.
 
Les paysages spectaculaires de la Drina
 
La nature environnante offre un cadre sauvage et spectaculaire, idéal pour les amateurs d’activités de plein air. Le canyon de la Drina, l’un des plus profonds d’Europe, se découvre idéalement lors d’une croisière en bateau ou en kayak au départ de la ville. Les eaux vert émeraude de la rivière, encadrées par de hautes falaises rocheuses et des forêts denses, offrent des panoramas à couper le souffle. Après une journée d’exploration, les visiteurs peuvent également se détendre aux thermes de Višegradska Banja, une station thermale réputée située dans une pinède à quelques kilomètres du centre.
 
Un carrefour historique et mémoriel
 
Visiter Višegrad permet de comprendre la complexité de l’histoire des Balkans, où se mêlent les influences orientales et occidentales. Outre son passé ottoman et austro-hongrois, la ville porte la mémoire des événements plus récents de la guerre de Bosnie, ce qui en fait une étape poignante pour les voyageurs s’intéressant à l’histoire contemporaine. Sa situation géographique en fait également le point de départ parfait pour explorer les sites environnants, comme le monastère de Dobrun, ou pour embarquer à bord du train historique Šargan Eight juste de l’autre côté de la frontière serbe.

Comment visiter Visegrad ?

Les options d’accès par la route
 
Višegrad est idéalement située en République Serbe de Bosnie, à proximité immédiate de la frontière serbe. Si vous voyagez en voiture, la ville est facilement accessible par la route nationale M5 depuis Sarajevo (environ 2h à 2h30 de trajet à travers de superbes paysages montagneux) ou depuis Belgrade en Serbie (environ 3h30 à 4h). Pour les voyageurs utilisant les transports en commun, des lignes de bus régulières relient chaque jour Višegrad aux gares routières de Sarajevo, d’Istočno Sarajevo, ainsi qu’à plusieurs villes de Serbie comme Užice et Belgrade.
 
L’exploration à pied du centre historique
 
Le centre-ville de Višegrad est particulièrement compact, ce qui permet de le visiter entièrement à pied. Vous pouvez laisser votre véhicule sur l’un des parkings situés aux abords du centre ou d’Andrićgrad. La promenade idéale commence par la traversée pédestre du célèbre pont Mehmed Pacha Sokolović, interdite aux voitures. De là, vous pouvez longer les berges aménagées de la Drina pour rejoindre en moins de dix minutes le complexe d’Andrićgrad, situé sur la péninsule au confluent des deux rivières, où se regroupent la plupart des restaurants et des boutiques.
 
Les excursions en bateau et activités sur la Drina
 
Pour découvrir le canyon de la Drina sous son meilleur angle, une escapade sur l’eau est incontournable. Plusieurs compagnies locales proposent des croisières en bateau de groupe ou privées au départ des embarcadères situés juste à côté du pont de pierre. Ces excursions durent généralement de une à deux heures et s’enfoncent dans les gorges verdoyantes. Pour les plus sportifs, il est également possible de louer des kayaks ou des paddles à l’heure afin de naviguer à votre propre rythme sur les eaux émeraude et d’admirer l’architecture du pont depuis la rivière.
 
Les formalités de séjour et la saisonnalité
 
La période s’étendant de mai à octobre est la plus agréable pour visiter la ville et profiter des terrasses et des activités nautiques. Sur le plan pratique, la monnaie officielle est le Mark convertible (BAM), bien que les Euros et les Dinars serbes soient parfois acceptés de manière informelle pour de petits achats. Pensez à conserver votre passeport ou carte d’identité sur vous, car la proximité de la frontière serbe implique de fréquents contrôles routiers si vous décidez de pousser la visite jusqu’au monastère de Dobrun ou au village de Mokra Gora.

Visegrad, sous les arcades de l'ancien pont ottoman

Vendredi 17 juillet. Après Dobrun, on arrive naturellement à la tristement célèbre ville de Visegrad, en République Serbe de Bosnie, certes célèbre pour son pont Mehmed-Pacha Sokolovic, mais aussi pour avoir abrité l’une des campagnes de nettoyage ethnique les plus complexes et les plus impitoyables du conflit bosnien des années 90.

Autrefois multiculturelle, Visegrad comptait 63% de Bosniaques et 32% de Bosno-Serbes en 1991, mais dès l’année suivante les Bosniaques furent systématiquement chassés ou massacrés.

Et Visegrad est aujourd’hui devenue la vitrine du nationalisme serbe avec ses rues et ses monuments à la gloire de ses criminels de guerre ainsi qu’un étrange complexe touristique voulu par le cinéaste Emir Kusturica sur les lieux mêmes des tueries de 1992.

Dans la ville et ses environs, plusieurs centaines de civils bosniaques furent tués : 3.000 morts selon le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie : hommes, femmes, enfants, vieillards et nouveau-nés.

Le plus souvent en les égorgeant ou en les exécutant d’une balle sur le pont Mehmed-Pacha Sokolovic avant de jeter leurs corps dans les eaux de la Drina.

C’est donc par mémoire de ces massacres, et pour ne pas fouler le pied du centre touristique créé par Kusturica à l’endroit même des tueries et du quartier musulman de la ville, que je déciderai de ne pas visiter la ville.

Je vais donc simplement m’arrêter un court instant sur les berges de la rivière Drina afin d’admirer simplement ce fameux pont ottoman construit par Mehmed-Pacha Sokolovic entre 1571 et 1577.

Inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco en 2007, il a été conçu par le célèbre architecte ottoman Minar Siman (1489-1588) pour le grand vizir Mehmed-Pacha Sokolovic (1505-1579).

Source d’inspiration du roman Le pont sur la Drina (1945) d’Ivo Andric, cet ouvrage d’art a aussi été le lieu des terribles massacres de 1942 et 1992, événements que l’Unesco s’attache à ne jamais mentionner…

Le pont a été conçu afin de faciliter les échanges entre la Serbie et Raguse (Dubrovnik), mais ses berges étaient jugées inconstructibles du fait des violentes crues de la Drina.

Pour réaliser l’ouvrage, Mimar Sinan va mettre sept ans et profiter d’un budget illimité de la part de Mehmed-Pacha Sokolovic. Solidement construit, le pont est toutefois submergé en 1896. Les piles sont ébranlées et érodées, les parapets emportés.

L’ouvrage est restauré et renforcé en 1911-1912, mais en 1915, pour couvrir leur retraite face aux Austro-Hongrois, les armées serbes détruisent deux de ses piles. Le pont reste ainsi éventré pendant 25 ans.

En octobre 1943, il sert de lieu d’exécution aux tchetniks serbes qui massacrent les Bosniaques de Visegrad. Ces mêmes tchetniks demandent aux artificiers britanniques qui les accompagnent de dynamiter l’ouvrage.

Cette fois, la moitié du pont disparaît dans l’explosion, avant d’être reconstruite en 1950-1952. Il est même préservé du passage des camions quand en 1987, le pont Garc est construit un kilomètre en aval.

Long de 179,5 m, le pont possède onze arches de 11 à 15 m de largeur, ainsi qu’une rampe d’accès en biais de quatre arches sur la rive gauche de la Drina.

Le mur érigé au centre porte deux inscriptions rendant hommage à Mehmed-Pacha Sokolovic, précisant que ses ancêtres ne furent pas capables d’édifier une chose pareil au-dessus d’une rivière profonde et bruyante.

Il est aussi écrit que le pont fut “si bien construit que le passant en le traversant pourrait le voir comme une perle sur l’eau avec le ciel pour écrin”.

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