Pourquoi visiter l’Alpbachtal ?
Le sanctuaire des contrastes alpins
L’Alpbachtal séduit par son génie du contraste : ici, les sommets escarpés des Alpes de Kitzbühel répondent aux prairies douces qui descendent vers la vallée de l’Inn. Cette géographie singulière offre en un même regard la rudesse des cimes et la tendresse des pâturages, créant un équilibre rare où le randonneur passe en quelques heures des forêts de mélèzes aux alpages parsemés de fleurs sauvages. Ce mariage entre force minérale et fragilité végétale donne au paysage une intensité dramatique, chaque saison réinventant la palette des couleurs, de l’émeraude printanier à l’or flamboyant de l’automne.
L’âme vivante des traditions tyroliennes
Au-delà du décor, l’Alpbachtal respire par ses racines. Les villages comme Alpbach ou Reith im Alpbachtal ont préservé une architecture en bois patiné par les siècles, où les auvents sculptés racontent des histoires de fermiers et de marchands. On y surprend encore le rythme des cloches, le fumet du fromage d’alpage affiné en cave, et les refrains des fêtes patronales où les costumes de laine brodée dansent au son des accordéons. Cette authenticité n’est pas un musée figé : elle vibre dans les marchés fermiers, les ateliers de tissage et les veillées où les anciens transmettent aux enfants l’art de déchiffrer les nuages ou de soigner les troupeaux.
L’art de l’effort récompensé
Pour le visiteur actif, chaque sentier est une invitation à la conquête silencieuse. Les itinéraires de randonnée épousent les crêtes, longent des ruisseaux glaciaires et débouchent sur des lacs d’altitude dont l’eau reflète un ciel d’une pureté rare. Mais l’effort n’est jamais punitif : les refuges en pierre et bois offrent des haltes où la soupe à l’orge et le pain noir reprennent leur juste valeur, tandis que la descente en téléphérique ouvre des perspectives vertigineuses sur la vallée. En hiver, les skis glissent sur des pentes ensoleillées, et en été, les VTT électriques permettent d’explorer des chemins forestiers sans épuiser l’enthousiasme – toujours avec ce sentiment de gagner le ciel à son propre rythme.
La magie de l’intimité montagnarde
Ce qui rend l’Alpbachtal inoubliable, c’est son refus de la foule. Loin des stations clinquantes, on y trouve des auberges familiales où le petit-déjeuner s’accompagne d’un récit sur les chamois aperçus à l’aube, et des terrasses orientées vers le couchant pour savourer le calme avant que l’ombre ne gagne les pics. Les nuits y sont si noires que la Voie lactée semble peinte à la main, et le silence n’est troublé que par le tintement lointain des colliers de vaches. Cette dimension intimiste transforme chaque séjour en une parenthèse hors du temps, où l’on repart moins avec des photos qu’avec des sensations – le froid vif du matin, l’odeur de la résine, le poids d’un manteau de laine, et cette impression d’avoir été, l’espace de quelques jours, le témoin privilégié d’un monde qui vit selon ses propres lois.
Pourquoi visiter les lacs de Kramsach ?
Une eau douce en altitude
Ce qui distingue d’emblée les lacs de Kramsach, c’est la tiédeur exceptionnelle de leurs eaux, une rareté dans le paysage alpin. Le grand lac de Reintaler bénéficie d’un microclimat particulier qui réchauffe sa surface pendant l’été, offrant une baignade aussi agréable que dans un lac de plaine, mais avec pour toile de fond les sommets escarpés du Rofan. Cette douceur aquatique invite à prolonger les bains, à flotter sans frissonner, à jouer avec les enfants sur les rives herbeuses sans craindre la morsure du froid glaciaire. C’est cette alchimie entre confort thermique et grandeur montagnarde qui fait des rives de Kramsach un lieu de villégiature unique, où le corps se détend tandis que le regard s’élève.
Une promenade circulaire
Autour du Reintalersee, un chemin de rive invite à une déambulation lente et contemplative, sans dénivelé ni effort soutenu, ce qui rend cette expérience accessible à tous les âges. La boucle dévoile tour à tour des perspectives changeantes : d’un côté, la lumière frappe la surface miroitante et révèle les fonds sableux ; de l’autre, la forêt de conifères descend jusqu’à l’eau et dessine des coins d’ombre propices à la rêverie. Les bancs jalonnent ce parcours et offrent des haltes où l’on écoute le clapotis léger, le chant des oiseaux aquatiques et le bruissement des roseaux mouvants. Cette promenade n’est pas une randonnée sportive mais une flânerie méditative, une façon de posséder le paysage par le rythme du pas.
La diversité secrète d’un chapelet lacustre
Kramsach ne se résume pas à un seul miroir d’eau : c’est un archipel discret de petits lacs aux tempéraments variés, chacun livrant son humeur et sa couleur. Le Krummsee, plus intime, se niche dans un écrin boisé et attire les pêcheurs en quête de quiétude, tandis que le Buchsee, bordé de marais, abrite une flore rare que les naturalistes viennent observer à l’affût. Le Frauensee, lui, capte la lumière avec une intensité presque méditerranéenne, ses eaux prenant des teintes allant du vert émeraude au bleu profond selon l’heure du jour. Cette mosaïque aquatique transforme une simple visite en exploration, chaque lac suggérant une activité différente, un état d’esprit nouveau, une rencontre inattendue avec la nature.
Une halte culturelle
Au-delà des plaisirs balnéaires, les lacs de Kramsach se trouvent au cœur d’un territoire chargé d’histoire, où le patrimoine rural se mêle aux paysages. À deux pas des rives, le musée en plein air des fermes tyroliennes permet de passer des berges ensoleillées aux cours anciennes, complétant la visite par une plongée dans la vie paysanne d’autrefois. Les auberges traditionnelles qui longent les plans d’eau servent des spécialités locales où le poisson fraîchement pêché tient la vedette, tandis que les petits ponts de bois et les embarcadères ajoutent au charme pittoresque des lieux. C’est ce mariage entre eau vive, gastronomie sincère et mémoire bâtie qui donne à Kramsach une épaisseur rare, faisant de chaque séjour une parenthèse complète entre nature et culture, entre fraîcheur et chaleur humaine.
Tyrol, trek autour des lacs de Kramsach
Vendredi 7 juillet. En quittant Innsbruck (avec regret), je prends la direction de l’Alpbachtal, l’une des régions du Tyrol les plus méconnues des touristes, mais selon les dires de mon Routard… l’une des plus jolies ! En clair, c’est parfait pour moi. En plus, le soleil est au rendez-vous.
Et l’une des meilleures façons de découvrir la région est de faire le tour d’un de ces nombreux lacs, qui sont, paraît-il, quelques-uns des plus chauds de tout le Tyrol.
Entre les villages de Alpach et Rattenberg, je fais donc halte tout près d’un magnifique lac blotti au cœur des montagnes. Le temps de garer ma voiture au parking, de traverser la route, et me voici sur ses rives.
Les premiers hectomètres se font au cœur de la forêt qui peuple son rivage. Vraiment très agréable et propice à la photographie.
Le mélange de l’eau, des branches et des racines immergées, le tout sur un beau ciel matinal, est bucolique à souhait.
Un peu plus loin, je dois grimper un vallon enherbé pour rejoindre la rive ouest du lac.
Ici, la rive est encore plus sauvage, peuplée de joncs et de roseaux, protégée de la main de l’homme.
Le chantier de randonnée suit les contours du lac. Une petite pelouse a été aménagée pour la baignade, mais à cette heure-ci, il n’y a encore personne.
Du coup, je poursuis mon chemin. Depuis l’extrémité du lac, la vue sur les montagnes environnantes est vraiment magnifique. Une promenade facile et super agréable.
La première partie de la balade s’achève ici, sur un petit chemin détourné qui conduit à la chapelle.
À partir de la chapelle, la balade autour du lac prend toute sa dimension. Cerné par les montagnes, le lac revêt tous ses plus beaux atours. Ses eaux chargées de sédiments charriés par les rivières qui l’alimentent prennent toutes les teintes de vert.
Une épaisse forêt de bouleaux recouvre ses flancs est.
Les joncs et les roseaux peuplent ses rives et abritent une faune importante de petits insectes.
Des troncs penchent dangereusement au-dessus de la surface du lac. Des branches plongent dans l’eau tandis que le chemin continue tout le long du rivage.
La flore se multiplie. Les arbustes tentent de se frayer un chemin vers la lumière d’été. Les eaux du lac se chargent de tous les rejets de la forêt.
Devant un tel spectacle de la nature, je crois que je pourrais rester des heures, là, juste à admirer la nature sauvage, les arbres qui ploient au-dessus des eaux, les contreforts des montagnes et les reflets des branches sur la surface du lac.
Ici, on imagine que c’est le recul du glacier qui a formé cette vaste dépression, cette faille gigantesque dans laquelle se sont glissées les eaux de la fonte des neiges. Un petit fjord qui a tout son charme.
De retour à la pointe sud du lac. Je prends quelques minutes pour m’asseoir sur un banc à l’ombre des grands cèdres. Ici, la nature invite à la modestie. Arbres, insectes, oiseaux, humains, chacun à sa juste place dans le plus profond respect de la nature.