De la Forêt noire à la Bavière

Sud-Ouest et Alpes bavaroises

Comment se déplacer, quel budget, quels vols, quel itinéraire, quels pièges à éviter, visas, sécurité, bons plans, on vous dit tout ici.

DSC_3195

Le centre historique de Fribourg-en-Brisgau, fondé en 1120 par le duc Berthold III, offre un voyage dans le temps avec ses ruelles pavées et ses maisons à colombages. L’ancienne ville, épargnée par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, a conservé un charme médiéval authentique qui en fait l’une des plus belles villes d’Allemagne. En se promenant dans les « Gässle », on découvre une architecture préservée où chaque façade raconte une histoire, des demeures patriciennes aux places animées qui invitent à la flânerie. Dominant la place de la cathédrale, le Münster est l’édifice le plus emblématique de Fribourg, avec sa flèche gothique culminant à 116 mètres visible de toute la ville. Symbole de la ville, les Bächle sont ces petits canaux qui serpentent au fil des ruelles sur plus de 15 kilomètres, offrant une fraîcheur appréciable en été. Aménagés dès le XIIe siècle pour fournir de l’eau potable et lutter contre les incendies, ces rigoles pavées confèrent à Fribourg une atmosphère unique.

Visiter Meersburg, c’est avant tout découvrir la plus ancienne forteresse habitée d’Allemagne, le Burg Meersburg, dont les origines remontent au VIIe siècle sous le règne du roi mérovingien Dagobert Ier. Ce château médiéval offre une plongée dans mille ans d’histoire avec ses donjons romans, ses cuisines gothiques et ses appartements baroques. Juste à côté, le Nouveau Château (Neues Schloss), élégante demeure baroque des princes-évêques, complète ce tableau architectural unique, avec ses fresques du XVIIIe siècle et son musée. La vieille ville, dominée par ces deux joyaux, séduit par ses ruelles sinueuses et ses magnifiques maisons à colombages, créant un décor de conte de fées. Perchée sur les hauteurs de la rive nord du lac de Constance, Meersburg bénéficie d’une situation qui lui offre des vues imprenables sur le Bodensee. Depuis la terrasse du château, le regard embrasse les eaux turquoise du lac et, par temps clair, les sommets enneigés des Alpes.

Lindau, joyau de la Bavière, séduit par son cadre exceptionnel. L’île, reliée au continent par un pont, semble flotter sur les eaux du lac de Constance, avec en toile de fond les sommets des Alpes suisses. L’entrée du port, gardée par un phare de 36 mètres de haut et un imposant lion de pierre de 6 mètres, symbole de la Bavière, offre l’un des panoramas les plus photographiés d’Allemagne. Cette vue donne le ton : à Lindau, l’élégance bavaroise se mêle à une douceur de vivre méditerranéenne. L’histoire de Lindau remonte au IXe siècle, et ses ruelles pavées en portent la mémoire. La vieille ville dévoile un riche patrimoine : l’hôtel de ville richement orné de fresques, l’église Saint-Pierre datant de l’an mil avec ses peintures médiévales de la Passion du Christ, ou encore le musée Cavazzen, palais baroque du XVIIIe siècle fraîchement rénové. La tour Mangturm, vestige des fortifications du XIIe siècle, ajoute au charme médiéval de l’île.

Le lac de Königssee, joyau des Alpes bavaroises, est encaissé entre des falaises abruptes qui s’élèvent jusqu’à 2 000 mètres d’altitude, lui offrant une eau d’une pureté exceptionnelle qui lui vaut la réputation d’être le lac le plus propre d’Allemagne. Dominé par le majestueux Watzmann, deuxième plus haut sommet du pays avec ses 2.713 mètres, le site dévoile des panoramas d’une beauté saisissante, particulièrement depuis le promontoire du Malerwinkel. Ce point de vue, qui doit son nom aux nombreux peintres venus l’immortaliser au XIXe siècle, offre des jeux de lumière inoubliables sur l’eau cristalline, faisant du Königssee une destination prisée des photographes. Accessible uniquement par bateau ou par un long sentier de randonnée, la péninsule de Saint-Barthélemy abrite l’église de pèlerinage, reconnaissable à ses dômes rouges baroques datant du XVIIe siècle. Ce lieu de culte offre un havre de paix avec une vue panoramique imprenable sur les sommets.

Oberammergau est célèbre pour sa représentation de la Passion du Christ, jouée tous les dix ans par les habitants du village. Cette tradition remonte à 1633, lorsque les villageois jurèrent de perpétuer ce spectacle pour avoir été épargnés par la peste. La prochaine édition aura lieu en 2030, mais en dehors des années de représentation, vous pouvez visiter le théâtre à ciel ouvert et le musée dédié, qui racontent l’histoire de cette promesse. L’engagement des acteurs amateurs, qui se font pousser les cheveux et la barbe pour incarner les personnages bibliques, confère à cet événement une authenticité et une ferveur incomparables. Les façades des maisons sont ornées de magnifiques fresques trompe-l’œil, appelées Lüftlmalerei, qui racontent des histoires religieuses, des contes de fées ou des scènes de la vie locale. Ces peintures murales, réalisées selon une technique ancienne sur enduit frais, donnent aux bâtiments un relief et une profondeur étonnants.

L’histoire de la Wieskirche débute en 1738, lorsqu’une paysanne du nom de Maria Lory affirme avoir vu des larmes couler sur une statue en bois du Christ flagellé. Cette nouvelle attire de nombreux pèlerins, rendant nécessaire la construction d’un sanctuaire plus vaste qu’une simple chapelle. Confié aux frères Zimmermann, le projet voit le jour entre 1745 et 1754, donnant naissance à l’un des plus beaux édifices religieux d’Europe. Aujourd’hui encore, la statue, appelée le “Sauveur flagellé”, est conservée au maître-autel et demeure au centre de la dévotion des fidèles. L’extérieur de la Wieskirche, d’une blancheur immaculée, contraste avec la richesse et la délicatesse de son intérieur. En entrant, le regard est attiré par les stucs finement travaillés, les dorures et les fresques lumineuses qui ornent la coupole. Ces fresques, œuvres de Johann Baptist Zimmermann, représentent des scènes célestes et le Jugement dernier, créant une impression de légèreté typique du style rococo. 

Contrairement au très célèbre château de Neuschwanstein, le château de Linderhof est le seul palais que le roi Louis II de Bavière a vu entièrement achevé et dans lequel il a véritablement vécu. Niché dans une vallée isolée des Alpes bavaroises, ce domaine fut pour le roi un refuge intime, loin des contraintes de la cour munichoise. C’est ici qu’il pouvait se retirer du monde et vivre son rêve de monarque absolu, entouré d’un luxe et d’une décoration qui reflètent sa personnalité solitaire et fantaisiste. Linderhof est considéré comme l’un des plus beaux exemples d’architecture rococo en Allemagne. Ses intérieurs, d’une richesse stupéfiante, mêlent dorures, stucs et tapisseries somptueuses. Parmi les pièces les plus remarquables, le grand miroir, la salle à manger avec sa célèbre table qui se levait pour que le roi puisse dîner sans voir ses domestiques, et la chambre royale dont les tentures pourpres et l’immense lustre en ivoire et perles de verre ne manquent pas d’éblouir les visiteurs. Chaque détail témoigne de l’admiration du roi pour le Roi-Soleil, Louis XIV.

Le lac de Forggensee offre l’un des plus beaux points de vue sur les châteaux de Neuschwanstein et de Hohenschwangau, perchés sur leurs collines boisées. Contrairement à la foule qui se presse aux abords immédiats des palais, la rive nord du lac permet d’admirer ces joyaux de l’architecture bavaroise dans leur écrin naturel, avec leurs silhouettes se reflétant dans les eaux calmes du réservoir. Ce point de vue, particulièrement saisissant au lever ou au coucher du soleil, est très prisé des photographes et des amoureux de la nature qui souhaitent capturer l’essence même du conte de fées bavarois. Le tour du lac de Forggensee, long d’environ 25 kilomètres, est un parcours cyclable et pédestre très prisé. La piste, bien aménagée et presque entièrement plate, serpente entre prairies alpines, petits villages bavarois typiques et rives boisées. La vue sur les montagnes environnantes, avec le Säuling et le Tegelberg en toile de fond, est constante et grandiose. De nombreux points de restauration et aires de pique-nique jalonnent le parcours, faisant de cette boucle une excursion accessible à tous.

Perché sur un éperon rocheux dominant les Alpes bavaroises, le château de Neuschwanstein incarne la vision féérique d’un souverain passionné d’art et de légendes médiévales. Commandé par le roi Louis II de Bavière, ce monument a été construit entre 1869 et 1886 comme un refuge intime et un hommage à l’univers musical de Richard Wagner, dont les opéras hantent la décoration intérieure. Seules 15 des 200 pièces prévues furent achevées, mais cette « folie de grandeur » n’en reste pas moins l’un des exemples les plus aboutis de l’historicisme du XIXe siècle, mêlant architectures romane, gothique et byzantine dans un écrin alpin d’une beauté à couper le souffle. Le château doit une partie de sa célébrité à son influence sur la culture populaire. C’est en s’inspirant de ses tours élancées et de ses remparts de conte de fées que Walt Disney a imaginé le célèbre château de la Belle au Bois Dormant, aujourd’hui emblème des parcs Disney. Symbole universel du romantisme allemand, Neuschwanstein attire chaque année près d’un million et demi de visiteurs, ce qui en fait le château le plus visité d’Allemagne.

L’église principale d’Ulm, souvent appelée à tort cathédrale, abrite la plus haute flèche d’église au monde avec ses 161,5 mètres de hauteur, un record inscrit dans le Livre Guinness des records. Cette prouesse architecturale, achevée en 1890 après plus de cinq siècles de travaux, attire les visiteurs du monde entier venus relever le défi de ses 768 marches. L’ascension, qui demande un bon souffle et de bonnes chaussures, récompense les courageux par une vue panoramique imprenable sur la ville d’Ulm, le Danube et, par temps clair, la chaîne des Alpes. Bien que sa construction ait débuté en 1377, l’édifice n’a été achevé qu’à la fin du XIXe siècle, ce qui explique la présence de briques apparentes sur les murs extérieurs, une particularité rare pour une église gothique. À l’intérieur, les voûtes sur croisées d’ogives, les arcs brisés et les élégants vitraux colorés créent une atmosphère de légèreté et d’élévation typique du style gothique. L’édifice peut accueillir jusqu’à 30 000 personnes, ce qui en fait la deuxième plus grande église gothique d’Allemagne après la cathédrale de Cologne.

Le cœur de la vieille ville offre un spectacle enchanteur, avec ses nombreuses petites rues piétonnes bordées d’un harmonieux mélange de maisons à colombages et de bâtiments plus récents. L’authenticité du lieu est préservée, invitant les visiteurs à la flânerie et à la découverte de places cachées et de fontaines anciennes. La ville possède un charme unique, où l’on prend plaisir à se perdre simplement pour en apprécier toute l’essence. Incontestablement l’un des plus beaux quartiers d’Ulm, le Fischer- und Gerberviertel (quartier des Pêcheurs et des Tanneurs) est un véritable coup de cœur. Traversé par les bras paisibles de la rivière Blau, cet ancien quartier de marins et d’artisans séduit par ses petites maisons à colombages magnifiquement restaurées qui se penchent au-dessus de l’eau. Ses ruelles pavées, ses petits ponts et ses canaux couverts de nénuphars créent une atmosphère presque irréelle, souvent comparée à celle de la Petite France à Strasbourg.

Perché sur son éperon rocheux du Jura souabe, le château de Hohenzollern est  le berceau de l’Allemagne. Dès le XIe siècle, les comtes de Zollern y établirent leur fief, avant que la famille ne donne naissance aux rois de Prusse et aux empereurs allemands. Le château actuel, érigé entre 1846 et 1867 par le roi Frédéric-Guillaume IV, fut conçu comme un mémorial familial célébrant la puissance des Hohenzollern. Aujourd’hui il demeure un lieu de mémoire. Dominant la vallée depuis ses 855 mètres d’altitude, le château impressionne par sa silhouette  qui semble tout droit sortie d’un conte. Son architecte, Friedrich August Stüler, s’inspira des châteaux de la Loire et du gothique anglais pour créer un édifice romantique, orné de tourelles et de créneaux. Les 140 pièces intérieures recèlent des merveilles d’art et d’artisanat, comme la bibliothèque aux murs couverts de fresques monumentales, la chambre du roi, ou le somptueux « salon bleu » de la reine avec son plafond à caissons et ses parquets en marqueterie. Chaque détail témoigne du goût raffiné du monarque pour le Moyen Âge et du faste de la cour prussienne.

Fondée en l’an 73 après J.-C. sous le nom d’Arae Flaviae, Rottweil est la plus ancienne ville du Bade-Wurtemberg, véritable livre d’histoire à ciel ouvert. Sous la ville, les fouilles archéologiques ont mis au jour les fondations de la cité romaine, faisant de Rottweil l’un des sites antiques les plus importants du sud‑ouest de l’Allemagne. Cette longue histoire a laissé des traces tangibles, du Moyen Âge à l’époque moderne, que l’on retrouve à chaque coin de rue dans l’atmosphère médiévale préservée de la ville. Le centre historique de Rottweil, qui a gardé son aspect du XVIe siècle, est un enchantement pour les amoureux d’architecture et de flânerie. Ses ruelles pavées serpentent entre de magnifiques maisons à colombages aux couleurs vives, offrant un tableau pittoresque à chaque détour. Les points forts ne manquent pas : la porte Noire (Schwarzes Tor), haute de 28 mètres, est le symbole incontestable de la ville. On peut également admirer la chapelle de la Sainte‑Croix et sa tour de 70 mètres, ainsi que la tour de guet médiévale (Hochturm) qui offre une vue imprenable sur les toits.

Avec ses 1.493 mètres d’altitude, le Feldberg est le point culminant du massif de la Forêt-Noire et le plus haut sommet du Bade-Wurtemberg. Cette position dominante en fait un site incontournable pour quiconque souhaite embrasser du regard l’immensité de ce massif légendaire. Par temps clair, la récompense est à la hauteur de l’effort : depuis la plateforme d’observation, le panorama s’étend jusqu’au lac de Constance et, les jours de visibilité exceptionnelle, jusqu’aux cimes enneigées du Mont Blanc. Gravir le Feldberg, c’est  se placer au point de vue le plus élevé de toute la région. Classée réserve naturelle dès 1937, la région du Feldberg est l’une des plus anciennes et des plus vastes du Bade-Wurtemberg. Elle offre aux amoureux de la nature un terrain de jeu exceptionnel, avec des paysages variés allant des forêts primitives aux bas-marais abritant une flore et une faune typiquement alpines. Neuf sentiers de randonnée sillonnent ses flancs, dont le célèbre Feldbergsteig, un itinéraire de 12 kilomètres qui vous guide à travers des réserves naturelles jusqu’au sommet, en passant par des sites comme le lac glaciaire du Feldsee, niché au creux d’un cirque rocheux spectaculaire.