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Désert de Tatacoa, vue magique à l’heure dorée

Pourquoi visiter le désert de Tatacoa ?

Un spectacle minéral unique

Contrairement à ce que son nom laisse entendre, le désert de Tatacoa n’est pas un amas de dunes de sable, mais un ancien lit de rivière façonné par l’érosion. Ce qui le rend exceptionnel, c’est son incroyable dualité : il se divise en deux zones aux teintes radicalement opposées. El Cuzco, la zone rouge, déploie un paysage ocre et rougeâtre, parsemé de cactus verts et de reliefs tourmentés qui semblent tout droit sortis d’une planète lointaine. À quelques kilomètres, Los Hoyos, le désert gris, offre une ambiance plus minérale, presque lunaire, avec ses formations argileuses aux nuances cendrées. Arpenter ce territoire de 330 km², c’est passer en quelques heures d’un canyon martien à un décor digne de la surface de la Lune, un contraste géologique rare qui émerveille à chaque pas.

Un sanctuaire pour les amoureux du ciel et des étoiles

La magie du lieu ne se limite pas à la surface : elle s’étend bien au‑delà, dans l’immensité du ciel nocturne. Situé près de l’équateur, le désert de Tatacoa bénéficie de conditions atmosphériques exceptionnelles, avec une pollution lumineuse quasi nulle et une humidité très faible. Cette pureté en fait l’un des meilleurs spots d’Amérique du Sud pour l’observation astronomique. La nuit, la voûte céleste se pare de milliers d’étoiles et de constellations, que l’on peut contempler à l’œil nu ou à travers les télescopes des observatoires locaux, comme l’observatoire astronomique de la Tatacoa. Le spectacle est si renommé que la région accueille même un festival astronomique annuel, attirant passionnés et curieux en quête d’émerveillement.

Un livre d’histoire géologique à ciel ouvert

Il y a des millions d’années, la région était une forêt tropicale humide luxuriante, avant que le soulèvement des Andes ne modifie les cours d’eau et n’assèche progressivement le territoire. Aujourd’hui, ce passé préhistorique affleure dans les canyons et les formations rocheuses. Le désert de Tatacoa est un véritable paradis pour les paléontologues et les géologues. Plus de six cents fossiles y ont été découverts, témoignant d’une faune et d’une flore aujourd’hui disparues. La visite du musée paléontologique de Villavieja permet d’admirer des ossements de mammifères géants et de reptiles préhistoriques, offrant une fascinante plongée dans le passé lointain de la Terre. Ainsi, Tatacoa n’est pas seulement un lieu d’une beauté saisissante, c’est aussi un livre d’histoire naturelle ouvert à tous.

Une aventure entre randonnées et immersion totale

Explorer le désert de Tatacoa, c’est vivre une aventure complète, rythmée par la chaleur intense du jour et la fraîcheur des nuits. Les randonneurs peuvent emprunter des sentiers comme le fameux Cuzco, arpenter le labyrinthe de pierres grises de Los Hoyos, ou parcourir la vallée de Xilópalo à la recherche d’arbres pétrifiés. L’après-midi, une pause bien méritée dans les piscines naturelles d’eau minérale offre un rafraîchissement salvateur après l’effort. Pour couronner le tout, les nuits dégagées permettent d’organiser des séances d’observation des étoiles, tandis qu’une nuit sous une tente de fortune prolonge l’immersion dans ce silence absolu. Que ce soit à pied, à vélo ou à cheval, le désert de Tatacoa promet une expérience hors du temps, faite de dépaysement, de sérénité et de découvertes scientifiques.

Comment visiter le désert de Tatacoa ?

Organiser son voyage depuis San Agustín

Depuis le village archéologique de San Agustín, l’étape logique pour rejoindre le désert de Tatacoa est de se rendre à Neiva, la capitale du département de Huila, située à environ 4h30. Les bus de la compagnie Coomotor assurent des départs toutes les quatre heures avec un tarif situé entre 9 et 18 dollars américains. Une fois arrivé à Neiva, il n’existe pas de bus direct vers le désert, mais des liaisons très fréquentes vers Villavieja, la porte d’entrée du site. De Villavieja, des motos‑taxis ou des tuk‑tuk complètent le trajet jusqu’aux deux zones emblématiques du désert, El Cuzco (rouge) et Los Hoyos (gris), pour environ 15 000 pesos colombiens.

Rejoindre Tatacoa depuis Bogotá par la route

Depuis la capitale, le moyen le plus économique est le bus au départ du terminal de Salitre ou du terminal del Sur. Le trajet jusqu’à Neiva dure entre 5 et 7 heures et coûte environ 70 000 pesos colombiens (soit une quinzaine de dollars). Arrivé à Neiva, on emprunte un bus local (10 000 pesos) pour Villavieja, puis un moto‑taxi (environ 15 000 pesos) pour parcourir les 25 derniers kilomètres jusqu’au désert. Il est également possible d’opter pour un trajet direct Neiva – désert proposé par certaines compagnies (environ 20 000 pesos), mais la correspondance par Villavieja reste la plus courante et la mieux documentée.

Opter pour l’avion et gagner du temps

Pour les voyageurs pressés, plusieurs vols quotidiens relient Bogotá à Neiva (aéroport Benito Salas) en moins d’une heure. La compagnie Avianca propose des billets à partir de 64 dollars, tandis que les prix peuvent atteindre 77 dollars en classe économique standard. Une fois à Neiva, il faut suivre le même itinéraire terrestre que pour le bus. Cette solution est plus chère mais permet de réduire considérablement le temps de transport, surtout si l’on ne dispose que de deux ou trois jours pour l’ensemble du parcours.

Se loger et bien préparer son séjour

Le désert ne disposant pas d’infrastructures hôtelières en son cœur, la majorité des hébergements se concentrent à Villavieja. On y trouve aussi bien des hôtels économiques (à partir de 29 euros par nuit) que des lodges plus confortables. Des campings et des auberges sont également disséminés dans le désert lui‑même, avec des nuits à partir de 6 euros en formule très simple. Quels que soient les transports choisis, il est impératif de se munir d’eau en quantité suffisante, d’une protection solaire efficace et de vêtements adaptés, car les températures dépassent régulièrement 40°C en journée et descendent nettement la nuit venue.

Désert de Tatacoa, vue magique à l'heure dorée

Vendredi 6 juillet. Près de 8 heures de route pour arriver jusqu’au désert du Tatacoa, l’étape la plus attendue de tout mon voyage en Colombie, amoureux de la nature que je suis. Trajet San Agustín, Pasto, Neiva, Tatacoa desierto… Ouf !

Journée de calvaire. Après deux heures de route, la faim me creuse et je décide de terminer les crèmes au caramel que j’avais acheté deux jours pus tôt en gare d’Otavalo, Équateur. Très mauvaise pioche. Conservées à température ambiante, mes crèmes ont pris un vilain coup de chaud. À peine une heure après les avoir avalées, me voilà malade comme un chien. L’enfer.
Après Léa, qui avait été malade au moment de faire le trajet Latacunga-Cuenca, c’est à mon tour de me vider les tripes. Impossible de ne pas vomir… Heureusement, je suis paré en sacs plastiques. Mais notre chauffeur comprend bien vite la situation et effectue plusieurs arrêts sur le chemin.

Vers 15 heures, le mal commence enfin à s’atténuer. Passé Neiva, il a complètement disparu. Les premiers contreforts du désert de Tatacoa apparaissent derrière la fenêtre de la buseta. Territoire aride et vallonné, jalonné de milliers de monticules de terre rouge, buissons épars et cactus de petites tailles.

À mesure que nous avançons sur la route qui sépare Neiva de Villavieja, la dernière petite localité avant l’entrée du désert, le paysage devient de plus en plus aride.

Enfin, nous arrivons à Villavieja. À peine 7.000 habitants. Et pourtant, elle est l’une des toutes premières cités à avoir été fondée par les Conquistadors espagnols, aux environs de 1550. Pas le temps d’y rester pour autant. Avec mes vomissements, nous avons pris plus d’une heure de retard sur un trajet qui, par nature, prend toujours du retard. La Colombie, en somme. Du coup, on file directement dans le désert, direction notre hôtel planté en plein milieu de nulle-part : la Villa de Marquez, idéal pour profiter à plein de la nature et de tout ce qu’elle a à nous offrir.

Le temps de déposer nos affaires dans la chambre plus que rudimentaire (pas de prise de courant et encore moins d’eau chaude, mais bon… On est dans le désert oui ou non ?), et on part à la découverte de l’environnement immédiat de notre pied à terre. Nul besoin d’aller très loin. Il suffit de faire 100 mètres à pied pour se retrouver en plein désert. Le ciel chargé et rempli de nuances de gris et de bleu tranche avec merveille avec le sol dénudé du désert irradié par la lumière du soleil couchant. Sublime. Chaque butte de sable prend un relief incroyable. Le must pour un photographe amateur.

Du coup, je profite de cette lumière incroyable et du contraste saisissant entre le sol aride parsemé de broussaille et d’arbustes nains et le ciel menaçant pour réaliser toute une série de clichés. Je suis aux anges. Ma journée vire brusquement du cauchemar à l’enchantement béat. Quelle chance j’ai d’être ici. Mon voyage aux antipodes prend ici tout son sens. Dépaysement garanti.

À deux pas de là, je suis surpris par la présence de troupeaux de chèvres sauvages. Ici, tout n’est que féerie et le mot liberté prend tout son sens.

Difficile d’attendre mieux pour cette soirée. La lumière est divine, le soleil de la fin d’après-midi distille une merveilleuse nappe blonde sur le sol, les cactus sont d’une beauté sans nom, des brebis allongent leur silhouette sur la poussière et le ciel se charge de toutes les nuances de bleu et de gris. Sublime.

Ici, on est à mille lieues de l’image que chacun se fait de la Colombie, de ses montagnes andines, de ses forêts tropicales, de l’Amazonie ou de ses plages de Caraïbes. Ici, on est en plein désert. Inouï.

Le site est tout simplement exceptionnel, encadré qu’il est par les cordillères centrale et orientale, qui font office de boucliers anti-nuages tout au long de l’année… Sauf aujourd’hui apparemment ! Avec ce ciel chargé, je me doute que la soirée d’observation des étoiles est râpée pour cette nuit.

Qu’importe, cette soirée va justement me permettre de faire des repérages pour ma session photos de nuit que je prévoie de faire ce soir ou demain soir. Je cherchais des cactus pour premiers plans, du coup, je suis servi !

Il n’y a pas à dire, le meilleur moment pour photographier le désert reste la fin de la journée. La lumière dorée du soleil conjuguée au sol rouge, au vert des cactus, créé une composition unique, d’une beauté à couper le souffle.

Ces cactus seront parfaits pour la composition que je souhaite faire quand le ciel nocturne voudra bien se dégager un peu et faire apparaître au-dessus du désert la voûte céleste. Je ne le sais pas encore, mais je devrais encore attendre demain soir…

Enfin, voici le moment tant attendu… Le coucher du soleil sur le désert du Tatacoa.

La lumière du soleil couchant vient frapper de plein fouet les silhouettes des cactus. On dirait que tout le désert s’embrase.

Au sol, le rouge disparaît pour épouser la couleur verte des cactus et des broussailles.

Les silhouettes s’allongent démesurément. Le ciel, au-dessus, se déchire. De larges pans de ciel bleu apparaissent, tandis que les nuages se disloquent. C’est beau à couper le souffle.

C’est tellement beau qu’on se croirait subitement transporté dans un de ces couchers de soleil dont seul le grand John Ford avait le secret.

Je vais rester là de longues minutes encore à attendre que la nuit tombe. Mais le ciel n’est pas suffisamment ouvert pour me permettre de réaliser des photos étoilées. Demain, j’espère, je reviendrai ici, au milieu des cactus géants.

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