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Autour de Dilidjan, le beau monastère de Gochavank

Autour de Dilidjan, le beau monastère de Gochavank

Mardi 7 octobre. Plouf plouf ! Monastère de Haghartsine ou de Gochavank… Après 3 heures de route, je change finalement mes plans et me dirige droit vers Gochavank. Pour quelles raisons ? Je n’en sais rien.

Pourquoi pas ? Ai-je fait le bon choix ? Je n’en sais rien du tout. Toujours est-il que Gochavank, malgré toutes ses qualités, me laissera un peu sur ma faim. Mais bon, comme on dit, tous les choix sont dans la nature.

Toujours est-il que Goshavank est célèbre pour abriter les plus beaux spécimens de Khatchkars, ces croix de pierre sculptées typiquement arméniennes inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Les œuvres les plus spectaculaires du site sont attribuées au maître sculpteur Poghos, qui a gravé dans la roche des pièces d’une finesse absolument prodigieuse en 1291.

Parmi elles, le khatchkar situé à l’entrée de l’église Saint-Grégoire est souvent qualifié de « khatchkar brodé » ou en dentelle : l’artisan a réussi à évider et ciseler la pierre volcanique avec une telle précision que les motifs de croix, d’étoiles, de feuillages et de tresses géométriques semblent aériens et translucides, défiant la dureté même du matériau.

Ce chef-d’œuvre absolu de l’art décoratif médiéval justifie à lui seul le voyage et fait de Goshavank un sanctuaire artistique incontournable pour quiconque explore le Caucase.

Niché au cœur d’une nature luxuriante dans la région septentrionale de Tavush, non loin de la station thermale de Dilidjan, Gochavank s’élève au milieu de vallées boisées et de montagnes escarpées.

Érigé à partir de 1188, ce chef-d’œuvre de l’architecture arménienne a été fondé par Mkhitar Gosh, l’un des penseurs, juristes et théologiens les plus illustres de son temps.

Construit sur les ruines d’un monastère antérieur détruit par un tremblement de terre, le site s’est d’abord appelé Nor Getik (le Nouveau Getik) avant d’être rebaptisé Goshavank en l’honneur de son créateur après sa mort en 1213.

Le monastère frappe par son intégration harmonieuse dans le paysage et par l’utilisation de pierres locales aux nuances grises et rosées, conférant au lieu une atmosphère de sérénité absolue et de puissance spirituelle.

Au-delà de sa fonction spirituelle, Goshavank a joué un rôle historique et intellectuel crucial en tant qu’académie universitaire médiévale majeure.

Sous l’impulsion de Mkhitar Gosh et de ses successeurs, le monastère est devenu un centre culturel de premier plan où affluaient les érudits de toute la région.

On y enseignait le droit, la théologie, la philosophie, la grammaire, la calligraphie, les sciences naturelles et la musique miniature.

C’est en ces murs que Mkhitar Gosh a rédigé le Datastanagirk (le Code des Lois), un ouvrage monumental qui a servi de fondement au premier droit civil et canonique arménien, utilisé pendant des siècles tant en Arménie que dans les communautés de la diaspora.

Le scriptorium du monastère possédait une immense collection de manuscrits précieux, faisant de ce complexe un gardien inestimable de la mémoire culturelle et de l’identité arménienne face aux invasions successives.

L’architecture du complexe architectural de Goshavank se distingue par sa complexité et la compacité de ses structures, qui ont été édifiées sans mur d’enceinte protecteur sur plusieurs décennies.

Le bâtiment central et le plus ancien est l’église Sourp Astvatsatsin (Sainte-Mère-de-Dieu), construite entre 1191 et 1196. Ce monument cruciforme est surmonté d’une majestueuse coupole tambour typique de l’architecture ecclésiastique arménienne.

À cette structure est adossé un immense Gavit (narthex), un grand vestibule sombre et solennel soutenu par quatre colonnes massives, qui servait à la fois de salle de réunion pour les savants et de lieu d’accueil pour les pèlerins.

Plusieurs autres églises adjacentes complètent l’ensemble, notamment la petite église Saint-Grégoire-l’Illuminateur, achevée en 1241, qui présente une élégance extérieure raffinée et des décorations murales d’une grande délicatesse géométrique.

L’un des éléments les plus fascinants de Goshavank réside dans sa bibliothèque-clocher, un bâtiment à deux niveaux achevé à la fin du XIIIe siècle qui témoigne du génie technique des bâtisseurs arméniens.

Le niveau inférieur abritait le scriptorium, conçu avec des niches murales profondes spécialement aménagées pour conserver les parchemins et les manuscrits sacrés à l’abri de l’humidité.

Au-dessus de cette structure texturée, les architectes ont superposé une tour-clocher monumentale à laquelle on accédait par des escaliers extérieurs en pierre, aujourd’hui partiellement disparus.

Cette fusion entre un lieu de savoir et un clocher religieux symbolise la symbiose médiévale entre la foi et la science, faisant de ce bâtiment un spécimen architectural d’une rare audace pour l’époque.

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