Pourquoi visiter Blagaj ?
Comment visiter Blagaj ?
Blagaj, au cœur du principal lieu du soufisme des Balkans
Dimanche 19 juillet. Pour cette journée de transition, je vais partir à la découverte des environs de Mostar marqués par le canyon de la Neretva que j’ai pu entrevoir déjà Jablanica, mais surtout par le mont Velez qui domine la ville à l’est.
Le mont Velez culmine à près de 2.000 mètres d’altitude. Il doit son nom à Velès, dieu de la guerre et des récoltes dans l’antique mythologie slave.
Il est constitué de 21 sommets reliés entre eux par des plateaux karstiques à la végétation méditerranéenne et aux rudes villages de montagne.
Au pied de cet ensemble admirable, le village de Blagaj sera ma première étape de la journée avec son important patrimoine ottoman et sa magnifique source de la Buna, petit affluent de la Neretva sortant comme un enchantement sous une immense falaise.
Blagaj se trouve à 18 km au sud-est de Mostar. On y est en moins de vingt minutes en voiture. Il est depuis la période ottomane l’un des principaux centres du soufisme, la branche mystique de l’Islam, en Bosnie-Herzégovine.
Ma visite concernera essentiellement le Tekké de Blagaj, lieu de culte le plus célèbre des Balkans, installé juste à côté de la source de la Buna.
Ces deux lieux, l’un naturel, surgissant du bas de la falaise, et l’autre spirituel, valent à Blagaj de figurer depuis 2017 sur la liste indicative de l’Unesco, en vue d’un éventuel classement au patrimoine mondial.
La source de la Buna est dominée par une haute falaise hérissée de fortifications médiévales, site habité dès le néolithique qui abrita un temps la capitale d’Herzégovine.
La forteresse médiévale, partiellement restaurée, offre des remparts crénelés, mais surtout une belle vue sur Blagaj, les méandres de la Buna et la vallée de la Neretva. Elle se situe sur la colline de Hum, à 310 m d’altitude et 260 m au-dessus de la source de la Buna.
La colline fut fortifiée au Ve siècle par les Byzantins, renforcée à partir du Xe par les princes Serbes de la province de Hum qui contrôlaient le sud de l’Herzégovine, et fut ensuite occupée et agrandie par les souverains de Bosnie.
Occupée par les Ottomans à partir de 1465, la forteresse abrita une garnison jusqu’en 1835. Le site s’étend sur deux hectares. Les fortifications épousent fidèlement le relief de la falaise.
A l’est, l’entrée principale est défendue par un premier bastion qui domine le chemin d’accès, puis par un second bastion et par une porte fortifiée.
C’est au bas de la falaise que se trouve le Tekké de Blagaj, abritant de superbes bâtiments aux murs blancs et aux toits de lauzes qui se reflètent dans les eaux de la Buna.
Juste à côté, visible depuis les ouvertures du bâtiment, surgit la source de la Buna depuis le bas de la falaise.
Fondé par les derniches de Mostar, sans doute à l’emplacement d’un lieu de culte chrétien, ce Tekké appartenait à la puissante Tariqa des Halvetis.
Mais ce fut une autre grande confrérie, plus rigoriste, celle des Nakshibandis, qui prit possession des lieux au cours du XIXe siècle.
Malgré deux destructions causées par les chutes de rochers de la falaise, en 1820 et 1851, ce Tekké demeura actif jusqu’en 1925.
Il tomba ensuite dans l’oubli, avant que la communauté musulmane de Yougoslavie ne soit autorisée à y organiser des cérémonies à partir de 1974.
Restauré en 2011, il accueille de nouveau une communauté de derviches Nakshibandis, turcs et bosniaques.
Au final, le véritable intérêt de visiter Blagaj est d’admirer la pureté des eaux, presque turquoise, qui surgissent de la source de la Buna.
Le site est magnifique : des cascades, des passerelles, d’anciens moulins, et hélas, de nombreux restaurants qui gâchent un peu l’ambiance et la vue.
Quand le courant n’est pas trop fort, il est possible de pénétrer en canot pneumatique à l’intérieur de la grotte, profonde de dix mètres. Celle-ci servit d’abri aux hommes du néolithique.