Bouches de Kotor, la route serpentine jusqu’au mont Lovcen

Pourquoi visiter les Bouches de Kotor ?

Le spectacle grandiose du fjord le plus méridional d’Europe
 
Visiter les Bouches de Kotor, c’est découvrir un paysage naturel unique au monde, souvent qualifié de fjord de l’Adriatique. Ce golfe spectaculaire est en réalité un canyon immergé, où la mer s’enfonce profondément dans les terres au milieu de falaises calcaires abruptes qui plongent de près de 1 000 mètres de hauteur directement dans des eaux émeraude. Naviguer ou rouler le long de ses quatre bassins interconnectés offre une succession de panoramas grandioses et changeants, où la verticalité sauvage de la montagne dinarique rencontre la douceur d’un littoral préservé.
 
Le labyrinthe médiéval et les remparts de la cité de Kotor
 
Le cœur historique des bouches bat au rythme de la vieille ville de Kotor, un joyau médiéval entièrement piéton classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. En franchissant ses portes fortifiées, vous pénétrez dans un dédale de ruelles pavées, de places animées et de palais baroques aux influences vénitiennes marquées. Pour les plus courageux, l’ascension des 1 350 marches de la forteresse Saint-Jean, accrochée au flanc de la montagne, est une expérience incontournable : l’effort est récompensé par la vue la plus célèbre et saisissante sur l’ensemble de la baie.
 
La poésie baroque de Perast et son île mystique
 
À quelques kilomètres de là se trouve Perast, un ancien village de marins et de capitaines qui incarne toute la poésie baroque de la région. Face à ses palais en pierre blanche se dressent deux îlots légendaires sortis des eaux : l’île Saint-Georges et l’incontournable Notre-Dame-du-Rocher (Gospa od Škrpjela). Cette dernière est une île artificielle entièrement construite par les habitants au fil des siècles autour d’un récif. Prendre un petit bateau pour visiter son église et son musée est un pèlerinage poétique qui offre un recul magnifique sur l’architecture intemporelle du golfe.
 
Le contraste unique entre authenticité et luxe contemporain
 
Les Bouches de Kotor séduisent par leur capacité à marier une douceur de vivre méditerranéenne traditionnelle avec des infrastructures de classe mondiale. Vous pouvez passer d’un déjeuner de poissons frais dans une taverne de pêcheurs traditionnelle à Dobrota à une soirée chic le long des quais de Porto Montenegro à Tivat, la marina de superyachts la plus luxueuse de l’Adriatique. Que vous cherchiez la sérénité des petits villages de pierre oubliés par le temps, l’ambiance balnéaire de la péninsule de Luštica ou l’élégance contemporaine, la baie offre un voyage aux multiples facettes.

Pourquoi prendre la route serpentine ?

Un panorama à couper le souffle sur le “fjord” de l’Adriatique
 
Prendre la route serpentine de Kotor (la route P1) est une expérience incontournable pour admirer le plus beau point de vue du Monténégro. Au fil de l’ascension, chaque lacet dévoile un panorama de plus en plus grandiose sur l’ensemble des Bouches de Kotor. Arrivé à plusieurs centaines de mètres d’altitude, le paysage se transforme en un tableau spectaculaire où les eaux émeraude de la baie, la péninsule de Vrmac et la marina de Tivat se déploient à vos pieds, cernées par de gigantesques géants de pierre calcaire.
 
L’adrénaline et le défi d’une route d’ingénierie mythique
 
Construite à la fin du XIXe siècle par l’ingénieur autrichien Josip Slade, cette route est une véritable prouesse technique et un mythe pour les amateurs de conduite. Elle compte précisément 25 lacets numérotés, gravés directement sur les murets de pierre. Étroite et vertigineuse, la chaussée demande une concentration absolue : les virages en épingle à cheveux serrés forcent à ralentir au pas, offrant des sensations fortes mémorables. C’est un défi routier grisant où l’on croise parfois des chèvres locales ou d’autres conducteurs téméraires dans un décor suspendu au-dessus du vide.
 
Une lettre d’amour historique gravée dans la roche
 
Au-delà du défi technique, la serpentine cache une touche de romantisme unique liée à sa création. La légende raconte que l’ingénieur Josip Slade était secrètement amoureux de la reine Milena de Monténégro. Pour lui prouver son amour de manière éternelle, il a conçu un tronçon spécifique de la route – reliant les lacets 19 à 23 – de façon à ce qu’il dessine une lettre “M” parfaite visible depuis le ciel. Parcourir cette section, c’est donc rouler littéralement au cœur d’une œuvre d’art et d’une déclaration d’amour monumentale figée dans la montagne.
 
La passerelle idéale vers le parc national de Lovćen et l’histoire
 
Emprunter la serpentine ne se résume pas à un simple aller-retour, c’est la voie royale pour relier la côte à l’âme historique du Monténégro. La route mène directement au parc national de Lovćen et au village perché de Njeguši, célèbre pour son jambon fumé traditionnel. En prolongeant le trajet, vous atteindrez le spectaculaire mausolée de Petar II Petrović-Njegoš, le plus haut mausolée du monde, accessible après avoir gravi 461 marches. Cette route historique permet ainsi de passer en moins d’une heure de la douceur des plages de l’Adriatique à la rudesse mystique des montagnes de la vieille nation monténégrine.

Bouches de Kotor, la route serpentine jusqu'au mont Lovcen

Mercredi 22 juillet. Pour grimper au sommet du mont Lovcen qui domine les bouches de Kotor et son fjord, il existe deux solutions : soit prendre le téléphérique Kotor-Lovcen, soit emprunter la route serpentine.

Pour ma part, je ne vais pas trop réfléchir et profiter de ma voiture pour emprunter la route qui en 25 lacets permet d’accéder jusqu’au sommet.

Conçue à la fin du XIXe siècle par l’ingénieur en chef Josip Slade, cette route historique avait pour but de relier le littoral au royaume du Monténégro de l’époque.

Le tronçon le plus célèbre s’étend sur une quinzaine de kilomètres et grimpe de façon abrupte à flanc de falaise.

Il compte exactement 25 virages en épingle à cheveux, numérotés de 1 à 25.

La route est étroite, parfois sinueuse au point de ne laisser passer qu’un seul véhicule, ce qui exige une concentration maximale de la part des conducteurs.

Une anecdote romantique entoure la construction du virage numéro 14. L’ingénieur Josip Slade était, selon la légende locale, profondément amoureux de la reine Milena du Monténégro.

Pour lui rendre hommage, il a tracé une section spécifique de la route en forme de la lettre “M”.

Vue du ciel ou depuis les hauteurs de la montagne, cette courbe parfaite se détache nettement du relief, immortalisant cette histoire d’amour courtoise dans la pierre monténégrine.

À mesure que l’on enchaîne les lacets, le paysage se transforme de manière spectaculaire. C’est entre les virages 20 et 25 que se trouvent les points de vue les plus célèbres, souvent aménagés avec de petits parkings ou des cafés de fortune.

De là-haut, les trois bassins des Bouches de Kotor (Kotor, Tivat et Herceg Novi) se révèlent dans leur intégralité, formant un panorama à 360 degrés où la mer Adriatique semble s’enfoncer comme un fjord entre des montagnes géantes.

Une fois le 25e lacet franchi, la route s’enfonce dans le paysage karstique et lunaire du parc national jusqu’au sommet du mont Lovcen (le mont Jezerski, à 1.657 mètres d’altitude).

C’est ici que repose le plus grand héros de la nation, le prince-évêque Petar II Petrovic-Njegoš. Pour accéder à son mausolée monumental, il faut gravir un escalier de 461 marches taillé sous la montagne.

Par temps clair, le sommet offre une vue qui s’étend sur la quasi-totalité du Monténégro, jusqu’à l’Italie de l’autre côté de l’Adriatique.

Quelques petits conseils de conduite pour ceux qui souhaiteraient à leur tour s’aventurer sur la route serpentine. D’abord n’oubliez pas : la route est étroite. Vous devrez régulièrement croiser d’autres véhicules. Regardez loin devant vous pour repérer les “passing places” (les zones d’évitement plus larges) et arrêtez-vous à temps pour laisser passer le véhicule d’en face.

Le véhicule qui monte a théoriquement la priorité, mais la règle du bon sens l’emporte. Soyez toujours prêt à faire une petite marche arrière si vous êtes plus proche d’un élargissement que la voiture arrivant en face.

Pour admirer la vue ou prendre des photos, utilisez exclusivement les espaces stabilisés prévus à cet effet. Ne bloquez jamais un virage en épingle, car les bus locaux ont besoin de toute la largeur de la route pour manœuvrer.

À la descente, utilisez le frein moteur en restant en deuxième vitesse pour éviter de surchauffer vos freins. À la montée, restez bas dans les tours pour garder du couple dans les virages très serrés.

Les conducteurs monténégrins connaissent la route par cœur et roulent vite. Ne vous laissez pas impressionner : serrez à droite dès que possible et mettez votre clignotant pour leur indiquer qu’ils peuvent vous dépasser en toute sécurité.

Pour ceux que la route effraie, il existe des options de transport alternative comme le téléphérique Kotor-Lovcen. Inauguré récemment, ce téléphérique ultramoderne est devenu l’attraction phare de la région. C’est le moyen le plus rapide et le plus impressionnant pour grimper sans effort

Il relie la gare basse de Dub (près de la plaine de Kotor/Grbalj) à la gare haute de Kuk sur les flancs du mont Lovcen. L’ascension verticale de 1 348 mètres prend exactement 11 minutes.

Comptez 25 € pour un billet adulte aller-retour (14 € l’aller simple) et 7 € pour les enfants de 2 à 12 ans. Les billets s’achètent facilement aux guichets ou sur la billetterie officielle en ligne.

Attention, la gare d’arrivée (Kuk) n’est pas encore au sommet ultime du mont Lovcen où se trouve le Mausolée de Njegoš. Pour couvrir les 13 km restants jusqu’au monument, vous devrez prendre sur place un service de transfert (shuttle/taxi pour environ 5-8 €) ou louer un vélo.

Parlons maintenant du principal, de la vue extraordinaire que l’on a sur les bouches de Kotor, que l’on soit en voiture ou à bord du téléphérique.

Le panorama se caractérise par un contraste saisissant entre le bleu azur de la mer Adriatique et les immenses parois de calcaire gris qui tombent à pic dans l’eau.

Les montagnes du Mont Lovcen et du Vrmac entourent les bassins, créant une atmosphère de fjord scandinave transposé sous le soleil de la Méditerranée.

La perspective s’ouvre sur une enfilade de quatre bassins interconnectés (les baies de Kotor, Risan, Tivat et Herceg Novi). Ils forment une succession de miroirs d’eau reliés par d’étroits goulets, comme le détroit de Verige, qui ne mesure que 340 mètres de large.

L’après-midi, le soleil brille directement sur l’eau, révélant des nuances de bleu turquoise près des côtes et de bleu profond au centre.

Mais au coucher du soleil, le spectacle est saisissant, les parois de calcaire s’illuminent de teintes roses et orangées, tandis que les premiers lampadaires des villages s’allument le long du rivage, dessinant un collier de lumière autour de la baie.

Deux spots photos sont absolument incontournables. Tout d’abord, entre le 24e et le 25e virage. À près de 1.000 mètres d’altitude, vous dominez verticalement l’intégralité des Bouches de Kotor. Vous voyez distinctement la forme du “fjord”, la piste de l’aéroport de Tivat d’un côté, et la vieille ville de Kotor de l’autre.

L’alternative est le bar panoramique Horizont, situé juste après le dernier lacet, un peu plus haut sur la route P1. La terrasse est construite en surplomb direct du vide, garantissant une vue à 180 degrés totalement dégagée. Le bar dispose de petites plateformes en bois avancées qui permettent de poser et d’avoir la baie en arrière-plan.

Bon à savoir. Pour que l’eau de la baie soit d’un bleu turquoise éclatant sur vos clichés, privilégiez le milieu ou la fin d’après-midi. Le matin, le soleil se lève derrière la montagne et laisse le fond de la baie dans l’ombre.

Enfin, un petit mot pour comprendre comment se sont formées ces fameuses bouches de Kotor qui sont en réalité un canyon submergé (une ria).

Bien avant que la mer n’occupe l’espace actuel, la région était traversée par un puissant système fluvial. Ce fleuve préhistorique a creusé son lit à travers les roches calcaires tendres et les sédiments (le flysch) des Alpes dinariques. Au fil des millénaires, l’érosion fluviale a sculpté une vallée très profonde, sinueuse et ramifiée en plusieurs branches

Le tournant décisif s’est produit à la fin de la dernière période glaciaire, il y a environ 10.000 à 12.000 ans. La fonte massive des calottes glaciaires mondiales a provoqué une élévation rapide du niveau de la mer Adriatique.

L’eau de mer s’est engouffrée dans l’embouchure du fleuve, inondant complètement le canyon et ses vallées adjacentes pour former les quatre bassins interconnectés que l’on observe aujourd’hui (Herceg Novi, Tivat, Risan et Kotor).

Le paysage unique des bouches de Kotor doit aussi sa verticalité à la tectonique des plaques. La collision entre la plaque tectonique africaine et la plaque eurasiatique continue de soulever les massifs montagneux calcaires environnants (comme le mont Lovcen et le massif d’Orjen).

Ce relief “karstique” engendre également d’abondantes rivières souterraines et des sources d’eau douce subaquatiques qui jaillissent directement au fond de la baie, modifiant la salinité de l’eau.

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