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Erevan, l’extraordinaire musée archéologique de la ville

Pourquoi visiter Erevan ?

Un voyage fascinant dans le temps et l’histoire
 
Erevan est l’une des plus anciennes villes habitées au monde, fondée en 782 avant J.-C. sous le nom de forteresse d’Erebouni, ce qui la rend plus ancienne que Rome. Visiter la capitale arménienne, c’est plonger dans une histoire millénaire marquée par la résilience, une culture unique et une identité profondément ancrée. Le cœur de la cité bat sur la majestueuse Place de la République, entourée de bâtiments monumentaux en tuf rose, une pierre volcanique locale qui donne à la ville son architecture chaleureuse et son surnom de « Ville Rose ». Pour comprendre l’âme arménienne, le passage par le Tsitsernakaberd, le mémorial dédié au génocide de 1915, offre un moment de recueillement poignant et essentiel, tandis que le musée du Matenadaran dévoile une collection inestimable de manuscrits anciens sauvegardés à travers les siècles.
 
L’art, l’architecture et la modernité à la Cascade
 
Erevan surprend par son dynamisme culturel et architectural, dont le symbole absolu est le complexe de la Cascade. Cet escalier géant en calcaire blanc escalade la colline et relie le centre-ville aux quartiers résidentiels supérieurs. À l’intérieur et tout autour, le Centre d’art Cafesjian déploie des galeries d’art contemporain et des sculptures en plein air signées par des artistes de renommée internationale comme Fernando Botero. En grimpant les marches de la Cascade, ou en empruntant les escalators intérieurs, vous accédez à des terrasses aménagées offrant des panoramas spectaculaires. Par temps clair, la ville s’efface pour laisser place à une vue grandiose et presque mystique sur les neiges éternelles du mythique Mont Ararat, symbole sacré de toute la nation arménienne.
 
Une douceur de vivre et une culture des cafés
 
Loin de l’image austère que l’on pourrait projeter sur une ancienne république soviétique, la capitale arménienne brille par son atmosphère décontractée et sa douceur de vivre, particulièrement dès la tombée de la nuit. Les locaux adorent flâner le long de l’Avenue du Nord, une artère piétonne moderne et animée, ou se retrouver autour des terrasses ombragées qui bordent l’Opéra d’Erevan. La culture des cafés y est vibrante : on s’y installe pendant des heures pour refaire le monde autour d’un café arménien traditionnel (infusé dans le sable chaud) ou pour déguster les excellents vins locaux, l’Arménie étant l’un des plus anciens berceaux de la viticulture. En soirée, la Place de la République s’anime au rythme du spectacle des fontaines chantantes, un rendez-vous féerique qui rassemble les générations dans une ambiance festive et sécurisante.
 
Une hospitalité légendaire et une gastronomie savoureuse
 
Visiter la capitale, c’est aussi faire l’expérience d’une hospitalité d’une générosité rare, où le voyageur est traditionnellement accueilli comme un envoyé de Dieu. Cette chaleur humaine se prolonge naturellement dans l’assiette à travers une gastronomie riche en herbes fraîches, en légumes gorgés de soleil et en viandes grillées. Au marché couvert du Goum Market, vos sens seront en éveil face aux étals de fruits secs, de parp (cuir de fruit) et de noix suspendues. Vous y découvrirez le lavash, ce pain traditionnel très fin inscrit au patrimoine de l’UNESCO, souvent servi avec du fromage local et des herbes. Erevan est également la plaque de tournante idéale pour explorer les merveilles à proximité, comme le temple païen de Garni ou le monastère de Geghard taillé dans la roche, scellant un voyage mémorable.

Comment visiter Erevan ?

Un voyage immersif à travers des millénaires de civilisation
Le Musée d’histoire de l’Arménie est une étape incontournable à Erevan car il abrite une collection nationale exceptionnelle de près de 400 000 objets retraçant l’évolution de la région depuis la préhistoire jusqu’à l’époque moderne. Fondé en 1919, cet établissement de classe mondiale vous permet de plonger au cœur des grandes étapes de l’histoire arménienne, incluant l’époque préhistorique, le puissant royaume antique d’Urartu et l’époque médiévale. Le parcours à travers ses riches départements d’archéologie, de numismatique et d’ethnographie offre un aperçu d’une clarté remarquable sur l’identité, les traditions et la résilience d’un peuple au carrefour des civilisations orientale et occidentale. 
 
Des trésors archéologiques et culturels uniques au monde
 
Visiter ce musée, c’est avoir le privilège rare de contempler des pièces archéologiques d’une valeur historique inestimable. Le clou de l’exposition est sans conteste la plus ancienne chaussure en cuir au monde, un chef-d’œuvre de préservation vieux de 5 500 ans découvert dans la grotte d’Areni-1. Les collections impressionnent également par leurs grands chariots en bois du XVe siècle avant J.-C. excavés à Lchashen, leurs armes en bronze finement ciselées et leurs magnifiques bijoux en or d’époque antique. Les sections dédiées aux costumes traditionnels régionaux, aux broderies précieuses et aux pièces de monnaie anciennes frappées par les rois arméniens viennent parfaire cette vitrine culturelle fascinante.
 
Horaires d’ouverture et temps de visite à prévoir
 
Pour organiser au mieux votre visite, sachez que le musée est fermé le lundi. Les horaires d’ouverture s’étendent du mardi au samedi de 11h00 à 18h00 (dernière entrée autorisée à 17h15) et le dimanche de 11h00 à 17h00 (dernière entrée autorisée à 16h15). Situé au cœur même de la ville sur la mythique Place de la République, le musée partage son bâtiment historique en tuf avec la Galerie nationale d’Arménie. Pour apprécier pleinement la richesse des explications, qui sont très bien traduites en anglais, nous vous conseillons vivement de planifier un créneau de deux à trois heures.
 
Tarifs, accès et services pour les visiteurs
 
Les modalités d’entrée sont conçues pour être très abordables, avec un plein tarif général fixé à 1 000 AMD (environ 2 €) pour les adultes et un tarif réduit de 300 AMD pour les écoliers, étudiants et retraités. Si vous souhaitez enrichir l’expérience, le département des excursions propose d’excellentes visites guidées en français, en anglais ou en russe pour un supplément d’environ 5 000 AMD. Un excellent bon plan à retenir : l’entrée est entièrement gratuite pour les détenteurs de la carte touristique Yerevan Card, et l’accès est libre pour les citoyens arméniens le dernier samedi de chaque mois.

Erevan, l'extraordinaire musée archéologique de la ville

Dimanche 6 octobre. Si vous deviez ne faire qu’une chose à Erevan, c’est bien visiter le musée d’histoire et de préhistoire de la ville qui brille par son extraordinaire collection d’artefacts datant de l’âge de bronze.

Car il ne faut pas l’oublier, mais l’Arménie fut à la fois dans et à l’extérieur des principaux empires qui se succédèrent dans cette partie du monde, carrefour entre deux mondes et une incroyable diversité de civilisations, entre empires mésopotamien, grec, romain ou perse.

Le Musée d’histoire d’Erevan, fondé en 1931, est l’un des gardiens les plus précieux de la mémoire de la capitale arménienne. Initialement rattaché au Conseil municipal de la ville, il a changé plusieurs fois d’emplacement avant de s’installer de manière permanente dans l’aile droite du bâtiment de la mairie d’Erevan, un complexe architectural moderne et imposant.

À travers ses vastes départements, il conserve une collection nationale inestimable de plus de 400.000 objets.

Cette institution ne se contente pas d’exposer des antiquités : elle fait office de centre de recherche scientifique de premier plan, orchestrant des fouilles archéologiques et documentant l’héritage d’une civilisation millénaire qui s’étend de la préhistoire à nos jours.

La section archéologique, qui représente environ 35 % des collections, est mondialement réputée pour ses trésors d’une rareté exceptionnelle.

C’est ici que repose l’un des objets les plus célèbres du patrimoine mondial : la chaussure d’Areni-1, découverte dans une grotte de la région de Vayots Dzor, authentifiée comme la plus ancienne chaussure en cuir monobloc connue au monde, datant de plus de 5.500 ans.

Le musée abrite également de monumentaux chariots en bois à quatre roues du XVe-XIVe siècle avant J.-C., excavés au bord du lac Sevan, conservés dans un état de fraîcheur prodigieux.

Les collections préhistoriques du Paléolithique, du Néolithique et de l’âge du bronze brossent le portrait d’un plateau arménien qui fut l’un des berceaux technologiques et agricoles de l’humanité.

L’époque glorieuse du royaume d’Urartu (l’âge du fer) occupe une place centrale et éblouit par son raffinement.

Le musée détient la célèbre inscription cunéiforme de 782 avant J.-C., gravée sur une dalle de basalte par le roi Argishti Ier pour décréter la fondation de la forteresse d’Erebouni, l’acte de naissance officiel de la ville d’Erevan.

Les vitrines regorgent de chefs-d’œuvre de la métallurgie urartéenne : des casques militaires richement gravés, des boucliers en bronze, des ceintures historiées représentant des scènes de chasse et de sacrifices, ainsi que de superbes statuettes et des rhytons en argent.

Ces artefacts témoignent de la puissance politique et de la sophistication artistique d’un empire qui rivalisait directement avec les Assyriens.

La riche collection numismatique, constituant près de 45 % du fonds du musée, offre une chronique métallique fascinante de la souveraineté arménienne. Elle rassemble des dizaines de milliers de monnaies en or, en argent et en bronze frappées à l’effigie des grands dirigeants du pays.

On y admire notamment les pièces rares de la dynastie des Artaxiades, et plus particulièrement celles de Tigrane le Grand (95-55 avant J.-C.), représentant le souverain coiffé de sa tiare étoilée de “Roi des Rois”.

Le département conserve également les monnaies médiévales des royaumes de Sophène, de Cilicie et des Kyurikiens, complétées par des pièces romaines, perses, byzantines et ottomanes qui rappellent la position géostratégique de l’Arménie comme carrefour majeur des réseaux commerciaux mondiaux.

Le département d’ethnographie (environ 8 % des collections) met en valeur la culture matérielle et spirituelle du peuple à travers les siècles.

Les galeries exposent une splendide collection de tapis arméniens traditionnels, caractérisés par leurs motifs géométriques complexes et leurs représentations stylisées de dragons, teintés grâce à la célèbre cochenille de l’Ararat.

Les visiteurs peuvent y contempler des parures de bijoux en filigrane d’argent, des ustensiles en cuivre ciselé provenant de grands centres artisanaux comme Van ou Erzeroum, ainsi que des ensembles complets de costumes nationaux (taraz) révélant l’identité régionale de chaque province historique.

Parmi les pièces maîtresses en bois sculpté figure la sublime porte du monastère des Saints-Apôtres (Mousch), datée du XIIe siècle, un chef-d’œuvre absolu d’art décoratif chrétien qui a survécu aux destructions de l’histoire.

Enfin, la section de documents et d’histoire moderne (qui rassemble 12 % du catalogue) éclaire les périodes de transition complexes jusqu’à l’ère contemporaine.

Elle abrite de précieux manuscrits médiévaux, des cartes géographiques anciennes, des décrets royaux (gontaks) et les premiers livres imprimés en arménien à Venise, Marseille ou Amsterdam.

Le musée consacre des espaces poignants et rigoureux aux luttes de libération nationale, à l’histoire de la Première République et aux traumatismes du XXe siècle, notamment le génocide culturel et humain perpétré contre le peuple arménien.

À travers ce parcours chronologique global, le Musée d’histoire de l’Arménie réussit son pari : relier le passé le plus lointain aux aspirations futures d’un État pérenne.

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