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Grossglockner, du sommet Franf-Josefs-Höhe au glacier Pasterze

Pourquoi se rendre au sommet Franf-Josefs-Höhe ?

Face-à-face avec le Grossglockner
 
Le belvédère de la Kaiser-Franz-Josefs-Höhe, situé à 2 369 mètres d’altitude, offre le point de vue le plus spectaculaire sur le Grossglockner. Culminant à 3 798 mètres, cette « montagne noire » est le plus haut sommet d’Autriche. L’esplanade permet d’admirer la silhouette pyramidale de ce géant des Alpes à hauteur d’œil. Le site doit son nom à l’empereur François-Joseph Ier, qui avait gravi cette montagne en 1856 pour contempler le paysage.
 
Panorama sur le glacier Pasterze
 
Le site surplombe directement le glacier de la Pasterze, qui s’étire au fond de la vallée glaciaire. Long d’environ huit kilomètres, il s’impose comme le plus grand glacier des Alpes orientales. Depuis les terrasses de la station, les visiteurs mesurent l’ampleur de cette langue de glace veinée de moraines noires. Un funiculaire historique ainsi qu’un sentier de randonnée permettent de descendre plus bas pour approcher au plus près le front de glace et ses eaux de fonte. 
 
Rencontre avec les marmottes et bouquetins
 
La faune de haute montagne s’observe avec une facilité déconcertante tout autour du complexe touristique. Une importante colonie de marmottes sauvages a élu domicile dans les éboulis rocheux directement en contrebas des terrasses. Habituées à la présence humaine, elles se laissent approcher à quelques mètres seulement des voyageurs. En levant les yeux vers les crêtes ou le long des sentiers, il est également fréquent d’apercevoir des bouquetins et des aigles royaux.
 
Centre des visiteurs et sentiers alpins
 
Le site abrite un grand centre d’information de 300 m² géré par le Parc national des Hohe Tauern. Ce pôle culturel propose un cinéma haute définition, des terminaux interactifs et des expositions, dont la plus haute exposition automobile d’Europe. La Kaiser-Franz-Josefs-Höhe sert enfin de point de départ à de superbes randonnées alpines sécurisées. On peut notamment emprunter le sentier panoramique du Roi ou s’aventurer sous des tunnels creusés dans la roche vers la cascade de Gamsgrube

Pourquoi marcher jusqu’au au glacier Pasterze ?

Contact direct avec le plus grand glacier autrichien
 
La descente à pied jusqu’au glacier de la Pasterze permet de toucher la plus longue langue de glace des Alpes orientales. Cette marche offre une perspective unique au fond de la vallée, là où la glace s’étire sur plusieurs kilomètres. Les randonneurs peuvent observer de près la texture de la glace compacte, les crevasses bleutées et les moraines qui strient la surface. Cette expérience immersive sur le terrain se distingue de la simple observation panoramique depuis les terrasses supérieures.
 
Observation concrète du changement climatique
 
Le parcours pédestre constitue un témoignage direct et concret du recul des glaciers alpins au cours des dernières décennies. Le sentier est jalonné de panneaux historiques indiquant le niveau que la glace atteignait à différentes époques. Les visiteurs mesurent ainsi l’accélération de la fonte en constatant la distance qui sépare désormais le front de glace actuel des anciennes marques. Cette confrontation visuelle offre une prise de conscience pédagogique majeure sur l’évolution du climat mondial.
 
Découverte de la géologie et des lacs glaciaires
 
Le cheminement au cœur de la vallée dévoile un paysage minéral sculpté par des millénaires d’érosion glaciaire. Les marcheurs traversent des zones de roches polies par la glace et découvrent des éboulis aux teintes géologiques variées. Le bas de la randonnée permet d’approcher le lac de fonte qui se forme au pied du glacier, caractérisé par ses eaux laiteuses chargées de farine de roche. L’environnement sonore est également singulier, marqué par le grondement discret des torrents sous-glaciaires.
 
Un itinéraire alpin accessible et encadré
 
Le sentier de la Pasterze, bien que raide, est entièrement aménagé et sécurisé pour les marcheurs équipés de bonnes chaussures. Le dénivelé important depuis la Franz-Josefs-Höhe peut être atténué en empruntant un funiculaire pour la première partie de la descente. Durant la saison estivale, le parc national des Hohe Tauern organise des visites guidées gratuites animées par des gardes-moniteurs spécialisés. Ces professionnels accompagnent les pas des visiteurs tout en partageant des connaissances scientifiques sur la glaciologie locale.
 

Grossglockner, du sommet Franf-Josefs-Höhe au glacier Pasterze

Samedi 8 juillet. Me voici enfin arrivé au sommet du Franf-Josefs-Höhe, du nom de l’empereur autrichien qui aimait là escalader les pentes du glacier. Au fond de la gorge, on peut apercevoir la moraine laissée par le monstre de glace, l’épaisse coulée verte de la fonte des glaces chargée de sédiments. L’eau s’en ira ensuite alimenter les différentes cascades qui coulent le long de flancs de la montagne.

À l’est, la coulée blanche du glacier est impressionnante. Une épaisse langue de glace écarte la montagne. Voici le Pasterze, le glacier du Grossglockner.

Dans son sillage, l’eau de fonte dévale les flancs de la montagne. Au sommet du Grossglockner a été aménagée une vaste esplanade flanquée de boutiques et de restaurants. C’est pourtant ici que l’empereur Franz Josefs et son épouse débouchaient au bout d’une longue ascension de 4 heures.

Depuis l’esplanade, on a une vue panoramique sur le glacier Pasterze. Des marmottes grassouillettes viennent quémander de la nourriture auprès des touristes. Depuis le parapet, c’est à qui fera le plus de selfie à la minute ! Très peu pour moi.

En contrebas de l’esplanade m’attend le Gletscherbahn, un funiculaire (11 € A/R) percé dans la roche de la montagne dont la bouche jette les visiteurs à quelque 200 mètres de la rivière de sédiments laissée par le glacier. C’est lui que je vais prendre pour entreprendre la descente et la longue marche vers le glacier.

À partir de là commence le sentier de randonnée, le Gamsgrubenweg, littéralement le « fossé aux chamois », parcours d’initiation à la connaissance des glaciers, parsemé de panneaux explicatifs.

À vrai dire, la descente ne présente aucune difficulté majeure. Elle chemine tranquillement au bord d’imposants blocs rocheux, les traverse parfois, avant de plonger vers la langue de sédiments.

Au fond à droite, se dresse le glacier du Grossglockner, le Pasterze, semblable à la Mer de Glace.

Depuis la mise en service du funiculaire, la hauteur du glacier s’est considérablement réduite : en 1963, la surface de glace était au niveau de la station inférieure du funiculaire. Désormais, il faut continuer de descendre à pied un dénivelé aussi important que celui franchit par la remontée mécanique.

Voilà, après une petite demi-heure de descente, me voici enfin au fond de la gorge du glacier. Tout cela vaut bien une petite photo-souvenir.

Ma longue marche vers le glacier commence. Devant moi, l’eau de fonte du monstre a formé une vaste étendue d’eau au milieu de la moraine. Des îlots de glace, tels des icebergs minuscules se dressent au milieu du lac gelé.

Le chemin de randonnée débouche là, au pied du lac, longe un moment l’étendue d’eau glacée avant de disparaître tout à fait au milieu des morceaux de roches et de cailloux arrachés à la montagne par la puissance du glacier.

C’est en contemplant cette moraine désormais remplie d’eau de fonte, ses rivages concassés et broyés qu’on se rend compte combien le glacier a depuis reculé. Au moment du percement de la montagne pour faire passer les cabines du funiculaire, il débouchait juste à sa sortie. Désormais, il faut faire plus d’un kilomètre à pied, sans doute deux, pour atteindre la langue de glace du monstre.

Avant de me lancer dans cette aventure, je demande à une jeune Autrichienne qui me devançait de me prendre en photo. Un petit souvenir de plus dans mon long périple à travers le monde.

Enfin, je m’élance. Il va me falloir traverser à pied ce vaste champ de pierre et de rocailles, petits rochers minuscules parfois, pierres coupantes souvent, et quelquefois d’immenses blocs de granit arrachés à la montagne par la force surpuissante du glacier.

Cette marche vers le glacier va me prendre au moins une bonne heure. Il faut faire attention à ne pas tomber, à ne pas glisser ou à se cogner la tête contre un rocher en chutant. Escalader un sol ainsi tourmenté demande beaucoup d’attention. J’essaie autant que je peux de me rapprocher de la rive pour avancer, mais certaines fois le chemin conduit à des ravins de deux à trois mètres de haut… Je n’ose pas imaginer les risques de chute qui doivent exister ici, l’hiver venu. Les crevasses doivent être légion.

Je longe le plus longtemps possible le bras d’eau laissé par la fonte du glacier. Derrière moi, les candidats sont de moins en moins nombreux à me suivre dans mon aventure. Tout au fond, j’admire la langue du glacier. J’en suis encore loin.

De l’autre côté de la rive, de minuscules icebergs flottent dans les eaux glaciers. Qui n’a jamais vu de glaciers ne connaît pas leur couleur. Beaucoup les imaginent d’une blancheur immaculée, mais la couche de sédiments qu’ils emportent avec eux en arrachant la roche et la terre leur donne le plus souvent une couche grisâtre. Le blanc, c’est la glace qui ne s’est pas encore frottée aux éléments.

Au milieu de la roche, de minuscules cours d’eau se sont frayé un chemin en taillant leur chemin au cœur de la montagne. Le débit est déjà important et charrie des milliers de mètres cubes de sédiments.

Je progresse encore. Plus j’avance vers le glacier plus le terrain est difficile. La terre, la roche et la glace semblent être comme retournées par une explosion gigantesque. Il n’en est rien. La force du glacier seule a permis cette catastrophe. Du coup, je dois parfois escalader, progresser, puis reculer pour mieux avancer pour m’approcher enfin au plus près du monstre de glace.

Enfin, après plus d’une heure de marche et d’escalade sur les rochers retournés, me voici enfin au pied du glacier. J’en ai le souffle coupé. Quelle beauté extraordinaire. Quelle majesté !

Enfin, me voici au pied du glacier Pasterze. Rien à voir évidemment avec le monstre de glace du Perito Moreno en Argentine, mais il n’y a rien de comparable. Celui-ci est un vrai glacier de montagne alpine, une langue longue de plusieurs kilomètres qui déchire le Grossglockner.

Plus je m’approche de la bouche du glacier, plus les morceaux de glace sont nombreux à flotter à la surface de la rivière qui naît ici.

Des bandes de sédiments, faites de terre, de roches et de poussières forment des îlots au milieu de cette rivière de glace.

Les nuances de blanc et de gris qui se détachent de la glace, de la montagne et du ciel nuageux forment un tableau tourmenté d’une grande beauté. Je crois qu’il faut avoir vu ça au moins une fois dans sa vie pour comprendre la puissance de la nature. La terre est vivante. C’est une évidence face à un tel spectacle.

Encore un petit effort et me voici vraiment devant la bouche du glacier. Selon les mouvements du soleil, selon que ses rayons frappent la surface de la glace, la couleur du glacier change sans cesse.

Derrière moi, peu de monde m’a suivi dans mon aventure. Nous sommes cinq à peine à nous être rapprochés si près du monstre. Parmi eux, un jeune Anglais qui accepte de bon cœur de me prendre en photo. Quel souvenir !

Le Pasterze est le plus grand glacier d’Autriche, avec 8,4 km de longueur et une superficie de 18,5 km². Il fait partie du massif des Hohe Tauern. Il naît à 3.453 m et descend jusqu’à 2.100 m d’altitude.

Dans le prolongement de sa bouche, une longue langue de glace se déroule le long de la rivière. Une arche artificielle se forme. Éphémère. Demain, après-demain, dans quelques jours, plus sûrement avant la fin de l’été, elle aura cédé dans un grand craquement et sa glace ira rejoindre le cours d’eau.

Les pieds dans l’eau, à quelques mètres des blocs de glace qui se sont décrochés, je suis maintenant dans la bouche du monstre. De près, le Pasterze dévoile toute sa beauté. Toutes ses nuances de bleu apparaissent au moindre petit rayon de soleil.

La glace craque, la glace gémit, se froisse, travaille inlassablement sous les coups de la chaleur estivale. Les milles et une couches de neige empilée pendant des décennies, des siècles, peut-être des millénaires apparaissent au grand jour. Face à moi, c’est une coupe du temps qui s’offre à mon regard. Il faudrait pouvoir compter toutes ces stries de neiges empilées pour déterminer l’âge exact du glacier. Tout est là. Comme une machine à remonter le temps.

De si près, on pourrait presque toucher les immenses blocs de glace qui dérivent à la surface du cours d’eau.

Devant la bouche du glacier, la pile de blocs est encore plus importante. C’est ici que se produit le point de rupture. J’imagine qu’il suffirait de peu pour que tout craque d’un seul coup. Surpuissant, le glacier semble pourtant si fragile.

Je profite de ce moment de grâce pour immortaliser cet instant avec une longue pause. Je grimpe de quelques mètres pour geler la rivière d’eau glacée qui vient s’écouler en cascade au pied du monstre.

J’en tire des clichés presque irréels. Vapeurs d’eau et de glace mélangées. Et en toile de fond, la bouche du glacier.

Pour comparer, je mets ici la même photo, mais prise cette fois en instantané. On comprend mieux alors la violence des flots qui viennent frapper les pieds d’argile du glacier.

Ce site est tellement beau, tellement incroyable, hors du temps, que j’ai du mal à me résoudre à le quitter. Pas avant d’avoir déjeuné sur place en tout cas. Et c’est avec ce décor hors du commun que je vais déjeuner. Quoi de mieux qu’un glacier vieux de plusieurs milliers d’années pour seul horizon pour croquer dans un sandwich ? J’adore.

C’est donc à reculons, et au vrai sens du terme, que je me résous à quitter les lieux. Je m’approche si près du rivage que je peux toucher les blocs de glace à la dérive sur la petite rivière formée par la fonte du glacier.

Je m’éloigne un peu plus, mais l’émotion est toujours aussi vivace. Si je m’écoutais, je resterais ici jusqu’au bout de la nuit… Mais bon, il me faut continuer mon voyage.

Sur le chemin du retour, toujours en longeant la rivière, je vais faire une étrange découverte. Sous la moraine principale surgit un petit torrent d’eau de fonte. C’est lui qui alimente un peu plus loin le petit lac de barrage, le Pasterzensee.

Ce torrent sous-glaciaire est tellement puissant qu’il a réussi à percer la roche et à se frayer un chemin dans la moraine.

Je cherche un moment un endroit où le photographier du mieux possible puis je me pose. C’est l’endroit idéal pour faire quelques clichés en pause longue. Je visse mon filtre nd400 et en avant la musique !

La magie de mon filtre fait le reste. Un nuage vaporeux apparaît là où le torrent dévale et serpente à travers la roche. Bingo !

En remontant le long du torrent sous-glaciaire, je vais encore en prendre plein la vue. La longue langue du glacier se déroule sur la rive droite, avec en toile de fond les montagnes faisant face au Grossglockner.

Pour revenir vers le sommet Franz-Josefs Höhe, il faut donc rebrousser chemin et se frayer de nouveau un passage au milieu de la moraine, des blocs renversés et broyés.

Et bien sûr, il faut faire attention à ne pas chuter dans les plaies béantes laissées par le passage du torrent qui traverse toute la moraine.

Après une petite heure de marche sur les blocs, on rejoint enfin le sentier de randonnée qui permet de remonter jusqu’à la bouche du funiculaire.

Depuis les premiers contreforts du Grossglockner, on peut ainsi admirer le Pasterzensee et ses eaux chargées de sédiments.

Plus haut encore, le Pasterzensee apparaît dans toute sa sauvagerie, avec tous ses blocs de glace, petits icebergs mourants, qui se sont échoués là avant de fondre à leur tour sous le soleil estival.

Ce paysage a l’air irréel, comme tout droit sorti d’un film de science-fiction. Mais il ne s’agit pas d’une autre planète, mais bien de notre chère bonne vieille terre.

La montée vers la bouche du funiculaire n’est pas vraiment compliquée. Il faut juste monter à son propre rythme et faire quelques haltes en chemin pour admirer le paysage.

Le Pasterzensee formé au pied du glacier, dans la gorge du Grossglockner, apparaît alors dans toute sa beauté.

Au bout de tous ces efforts, la bouche du funiculaire apparaît enfin. Taillé dans la montagne, il permet de grimper en quelques secondes les 300 mètres qui nous séparent du sommet du Grossglockner.

Une fois revenu au sommet, je profite encore un moment de la vue pour admirer le paysage. Il fait un vent terrible tout là-haut et les vêtements chauds sont de rigueur… Même en plein été.

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