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Les remparts de Dubrovnik, au-dessus des toits de la vieille ville

Les remparts de Dubrovnik, au-dessus des toits de la vieille ville

Dimanche 26 juillet. Alors voilà le clou de toute visite des Balkans, la promenade incontournable et inoubliable de tout voyage en Dalmatie : le tour des remparts de Dubrovnik.

Sans détour, l’un des moments les plus exceptionnels que j’ai pu faire lors de toutes mes visites de villes européennes. Et je pèse mes mots, tant cette promenade est exceptionnelle, d’abord par le cadre naturel de l’ancienne Raguse qui domine l’Adriatique depuis son éperon rocheux, ensuite par la beauté même de la ville depuis le chemin de ronde des remparts avec cette vue exceptionnelle sur les toits de tuiles rouges.

Pour accéder aux remparts, il faut se rendre à gauche de l’église Saint-Sauveur, après l’entrée de la porte Pile, mais on peut également y pénétrer au pied de la tour de l’horloge, ou près du fort Saint-Jean, au niveau du musée maritime.

Pour faire le tour des remparts (et profiter des nombreux points de vue), il faut compter au moins deux heures de marche pour effectuer les 2 km de remparts.

Important, le parcours se fait dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, et il vaut mieux éviter les heures trop chaudes en été, sachant qu’il faut affronter quelques séries de marches qui nécessitent un peu d’énergie, notamment dans la montée vers le point culminant (le fort de Minceta).

L’idée est également d’y entrer à temps si l’on veut profiter d’un beau coucher de soleil sur la ville et ses toits de tuiles de Toulouse. Pour ceux qui souhaitent faire quelques pauses, sachez que quatre cafés sont disposés aux quatre points cardinaux de la ville.

Pourquoi des tuiles de Toulouse ? Parce qu’après les bombardements de la guerre civile (1991-1992), il fallut réparer. On dénombra alors 500.000 tuiles cassées ou endommagées.

Seul gros problème : l’usine de tuiles de Kupari, près de Dubrovnik, était fermée depuis belle lurette. On en commanda donc à Toulouse, qui en fournit la moitié.

Mais pas de chance, on s’aperçut que la couleur miel des tuiles croates, et celle, rose, des tuiles toulousaines, n’allaient pas tout à fait ensemble…

Voilà pour l’anecdote, sachant cela, il ne me restait plus qu’à entreprendre la promenade des remparts qui allait prendre une tournure tout à fait inattendue et exceptionnelle.

Car après deux minutes à peine de marche, un violent orage éclatait au-dessus de la ville, vidant tout de go la poignée de touristes qui en faisait le tour et dessinant dans le ciel, sitôt le tonnerre passé, un incroyable arc-en-ciel enjambant parfaitement l’ancienne cité de Raguse.

Pour les quelques touristes qui demeuraient sur les remparts et qui avaient attendu sagement sous les tours que l’orage cesse, c’était un émerveillement. J’en publie ici quelques photos.

Commencés au VIIe siècle, les remparts furent plusieurs fois réaménagés, entretenus, consolidés jusqu’au XVIe siècle.

En arpentant ce chemin de ronde qui culmine parfois à 25 mètres de hauteur, on prend la mesure de la puissance passée de cette cité-État maritime.

La richesse visuelle de cette balade tient à la dualité permanente de ses panoramas. D’un côté, le regard plonge sur une myriade de toits parés de tuiles rousses et vernissées, révélant la géométrie rigoureuse des ruelles médiévales, les cours cachées des monastères et l’animation de la célèbre artère du Stradun.

De l’autre côté, les remparts surplombent de manière vertigineuse les eaux cristallines de l’Adriatique, offrant une vue infinie sur la haute mer et sur la silhouette verdoyante de l’île de Lokrum voisine.

Ce parcours surélevé permet de comprendre l’urbanisme et l’esprit défensif de la ville d’un seul coup d’œil, transformant la promenade en un véritable musée d’architecture à ciel ouvert.

Le circuit est rythmé par des bastions et des forteresses monumentales qui témoignent de l’évolution de l’ingénierie militaire au fil des siècles.

Au nord-ouest, le point culminant de la marche est marqué par la Tour Minceta, une forteresse gothique puis Renaissance qui domine la ville et offre le point de vue le plus spectaculaire sur l’ensemble du panorama urbain.

En poursuivant vers l’est, le mur longe le vieux port, protégé par la massive forteresse Saint-Jean (Sveti Ivan).

C’est depuis ces hauteurs que l’on apprécie le mieux l’isolement stratégique du Fort Lovrijenac, le « Gibraltar de Dubrovnik », perché sur son éperon rocheux extérieur et dont le billet d’entrée aux remparts inclut également la visite.

Je vais profiter de cette longue promenade des remparts de Dubrovnik pour publier l’essentiel de mes photos et vous raconter l’histoire de cette ville, perle de l’Adriatique.

La fondation de Raguse, l’actuelle Dubrovnik, remonte traditionnellement au VIIe siècle, dans le contexte tumultueux des invasions avares et slaves dans les Balkans.

Vers 614, les populations latines et romaines fuyant le sac de la cité antique d’Epidaure (Ragusa Vecchia) trouvèrent refuge sur un îlot rocheux escarpé, isolé du continent par un mince bras de mer. Ils nommèrent ce refuge Lausa ou Rausium (qui évoluera en Raguse), un terme grec évoquant un précipice.

Presque simultanément, une colonie de populations slaves s’établit sur la rive continentale opposée, au pied d’une dense forêt de chênes qu’ils baptisèrent Dubrava (d’où provient le nom moderne de Dubrovnik).

Au fil des décennies, le canal séparant les deux implantations fut comblé — devenant l’actuelle et célèbre artère du Stradun —, scellant la fusion progressive et pacifique de ces deux composantes culturelles, romano-latine et slave.

Placée initialement sous la suzeraineté de l’Empire byzantin, la jeune cité-État consolida rapidement sa position de place forte maritime stratégique en Adriatique.

Durant cette longue période byzantine qui s’étend jusqu’au début du XIIIe siècle, Raguse développa ses structures religieuses, accédant au rang d’archevêché dès 1022, et devint un carrefour commercial incontournable.

Ses marins se distinguèrent par leur bravoure, notamment en 867 en brisant le siège arabe de la ville, ou en 1081 aux côtés des Normands contre Byzance.

Parallèlement, la cité commença à négocier de précieux privilèges douaniers, signant dès 1191 un traité avec l’empereur Isaac II Ange garantissant le libre commerce de ses marchands dans tout l’Empire, tout en tissant des accords commerciaux terrestres lucratifs avec son arrière-pays balkanique, notamment la Serbie et la Bosnie.

Le détournement de la quatrième croisade provoqua la chute de Constantinople et le partage de ses territoires, contraignant Raguse à se soumettre à la République de Venise de 1205 à 1358.

Bien que cette tutelle privât la cité d’une partie de sa souveraineté — le gouverneur de la ville, le comte, étant directement nommé par la Sérénissime —, elle s’avéra paradoxalement bénéfique pour son développement intérieur.

Les institutions politiques de la future république aristocratique se formalisèrent sous l’influence vénitienne, avec la création du Grand Conseil et du Sénat. La ville fut en grande partie reconstruite en pierre, s’embellissant d’édifices civils et religieux remarquables.

C’est également à cette époque que Raguse perfectionna son système d’assurances maritimes, parmi les plus pointus de la Méditerranée, lui permettant de rivaliser subtilement avec Venise sur les routes commerciales de l’Orient.

Le tournant historique majeur de la cité survint le 27 juin 1358 avec la signature du Traité de Zara. Vaincue par le roi Louis Ier de Hongrie, Venise fut forcée d’abandonner l’intégralité de ses possessions en Dalmatie, libérant de facto Raguse de sa tutelle séculaire.

La ville passa sous la suzeraineté nominale du Royaume de Hongrie, mais les Ragusains négocièrent habilement une autonomie quasi-totale.

Moyennant le paiement d’un tribut annuel et une aide navale formelle, la cité obtint le droit de s’autogouverner, d’élire son propre Recteur indigène et de commercer librement, y compris avec les ennemis des Hongrois.

C’est à ce moment précis que naquit officiellement la République de Raguse (Respublica Ragusina), une thalassocratie indépendante arborant fièrement le mot Libertas sur ses bannières.

Au début du XVe siècle, la république dut faire preuve d’un génie diplomatique exceptionnel face à l’avancée inexorable de l’Empire ottoman dans les Balkans.

Anticipant la chute des royaumes chrétiens voisins, Raguse fut l’une des premières puissances à négocier des accords avec les sultans turcs.

En 1442, une ambassade ragusaine cruciale scella un accord historique avec le sultan Mourad II : la petite république s’engagea à verser un tribut annuel en ducats d’or à la Sublime Porte.

En échange, elle obtint la garantie absolue de son indépendance territoriale et, surtout, le privilège extraordinaire de commercer librement dans l’immense Empire ottoman.

En cette année 1442, Raguse sécurisa sa survie politique et posa les fondations économiques de son futur âge d’or, devenant le pont commercial exclusif entre l’Europe chrétienne et le monde islamique.

L’âge d’or de la République de Raguse s’est épanoui tout au long des XVe et XVIe siècles, propulsant la petite cité-État au rang des plus grandes puissances maritimes et commerciales de la Méditerranée.

Grâce aux traités de 1442 garantissant sa protection par l’Empire ottoman, Raguse a bénéficié d’une situation de monopole unique : elle était le seul État chrétien autorisé à commercer librement dans les Balkans et à travers les territoires turcs. Sa flotte commerciale, comptant plus de 200 navires de grande envergure, rivalisait directement avec celle de sa grande ennemie, Venise.

C’est durant cette ère de prospérité exceptionnelle que la ville s’est parée de ses plus beaux joyaux architecturaux de style gothique et Renaissance, à l’image du somptueux Palais du Recteur ou du Palais Sponza, devenant un foyer culturel majeur surnommé « l’Athènes slave ».

Cette hégémonie économique reposait également sur une gestion avant-gardiste de la santé publique et des infrastructures urbaines.

Ayant banni les constructions en bois au profit de la pierre, la cité s’est dotée au XVe siècle d’un réseau sophistiqué de distribution d’eau potable grâce aux fontaines d’Onofrio, ainsi que d’un système de santé remarquable.

Raguse s’est illustrée comme une pionnière de la prophylaxie médicale en créant le concept de quarantaine maritime et en bâtissant le vaste complexe des Lazarets à l’extérieur des remparts.

Ces structures permettaient d’isoler les marchandises et les voyageurs en provenance d’Orient afin de protéger la population des épidémies de peste, garantissant la continuité des affaires même en période de crisis sanitaire mondiale.

Le destin de la république a basculé de manière dramatique le 6 avril 1667 lors d’un tremblement de terre catastrophique.

En l’espace de quelques secondes, le séisme a rasé la quasi-totalité de la ville, provoquant des incendies massifs et un tsunami qui ont coûté la vie à près de la moitié de la population, dont de nombreux membres de l’élite aristocratique.

Bien que l’économie ait été profondément ébranlée et que sa puissance navale n’ait plus jamais retrouvé son niveau d’antan, la résilience des Ragusains a été exemplaire.

La ville a été entièrement reconstruite dans un style baroque uniforme et épuré, qui forge l’identité actuelle de la vieille ville.

Faisant preuve d’un génie diplomatique intact, la république a su préserver son indépendance politique face aux ambitions territoriales pressantes de Venise et des Habsbourg pendant tout le XVIIIe siècle.

Le crépuscule de l’indépendance ragusaine s’est dessiné au début du XIXe siècle dans le sillage des guerres napoléoniennes.

Coincée dans un étau géopolitique complexe entre les troupes russes d’un côté et les armées françaises qui venaient d’annexer la Dalmatie de l’autre, la république s’est retrouvée prise au piège de sa propre neutralité.

Le 27 mai 1806, les troupes impériales françaises commandées par le général Lauriston se sont présentées devant les portes de la ville.

Prétextant une simple demande de passage, de repos et de ravitaillement pour leurs soldats avant de faire route vers les bouches de Kotor, les Français ont utilisé la ruse pour pénétrer pacifiquement dans l’enceinte fortifiée. Une fois à l’intérieur, les soldats ont immédiatement occupé les points stratégiques de la cité, brisant une souveraineté vieille de plusieurs siècles.

L’acte de décès officiel de la république a été prononcé deux ans plus tard par le général Auguste de Marmont.

Le 31 janvier 1808, un décret napoléonien a aboli définitivement la République de Raguse, mettant un terme à 450 ans d’autonomie et de liberté farouche.

La ville a été temporairement intégrée au royaume d’Italie, puis aux Provinces illyriennes sous administration française, avant d’être rattachée à l’Empire d’Autriche lors du Congrès de Vienne en 1815.

C’est ainsi que s’est éteinte l’une des plus fascinantes thalassocraties de l’histoire, dont la fière devise gravée dans la pierre reste à jamais : « La liberté ne se vend pas, même pour tout l’or du monde ».

Après l’abolition de la République de Raguse en 1808, la ville connut une période de transition éphémère au sein des Provinces illyriennes sous l’administration de l’Empire français.

À la chute de Napoléon, le Congrès de Vienne de 1815 scella l’intégration de la cité à l’Empire d’Autriche (qui devint plus tard l’Autriche-Hongrie).

Sous cette domination habsbourgeoise, la ville, alors bilingue et officiellement nommée Ragusa, fut reléguée au rang de simple chef-lieu d’un district de la province de Dalmatie.

Privée de son autonomie politique et de ses privilèges commerciaux exclusifs, la cité s’assoupit sur le plan économique, mais entama à la fin du XIXe siècle une métamorphose culturelle majeure : l’éveil du tourisme moderne, marqué par la construction des premiers hôtels de luxe pour l’aristocratie européenne.

La fin de la Première Guerre mondiale en 1918 balaya l’Empire austro-hongrois et marqua un tournant identitaire.

La ville abandonna officiellement son nom italien de Raguse pour adopter son nom slave actuel, Dubrovnik, lors de son intégration au Royaume des Serbes, Croates et Slovènes (qui devint le Royaume de Yougoslavie en 1929).

Durant l’entre-deux-guerres, son prestige international grandit. Cependant, la Seconde Guerre mondiale plongea la région dans la tourmente : la ville fut occupée par les forces de l’Axe et intégrée à l’État indépendant de Croatie, un régime fantoche ultra-nationaliste.

Libérée en 1944 par les partisans communistes, la cité rejoignit la nouvelle République fédérative populaire de Yougoslavie dirigée par le maréchal Tito.

Sous le régime socialiste yougoslave, Dubrovnik devint la vitrine touristique absolue du pays. Des investissements massifs transformèrent la côte en une riviera moderne, à l’image des complexes hôteliers de Kupari ou du luxueux Hotel Belvedere.

Consciente de la valeur inestimable de son patrimoine, la communauté internationale consacra la vieille ville en l’inscrivant au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1979.

La cité devint un carrefour culturel mondial, célèbre pour son Festival d’été, attirant les célébrités et les croisiéristes tout en maintenant un équilibre fragile entre préservation de son histoire et développement de masse.

Ce paradis balnéaire fut brutalement rattrapé par l’histoire le 1er octobre 1991, lors de la dissolution sanglante de la Yougoslavie. À la suite de la déclaration d’indépendance de la Croatie, l’Armée populaire yougoslave (JNA), appuyée par des forces monténégrines, lança le siège de Dubrovnik.

Totalement encerclée, privée d’eau et d’électricité, la cité fortifiée subit de violents bombardements d’artillerie, dont le paroxysme fut atteint le 6 décembre 1991 lors du “Vendredi noir”.

Les tirs endommagèrent gravement plus de 60 % des édifices historiques du Stradun et causèrent la mort de dizaines de civils.

Les images de la « perle de l’Adriatique » en flammes soulevèrent une immense vague d’indignation internationale et la ville fut placée sur la liste du patrimoine mondial en péril.

Libérée par les forces croates fin 1992, la ville a orchestré une reconstruction spectaculaire grâce à la résilience de ses habitants et au soutien financier de l’UNESCO.

À l’aube des années 2000, les stigmates des combats avaient presque entièrement disparu, permettant à Dubrovnik d’être retirée de la liste des sites en danger.

Aujourd’hui, Dubrovnik est le joyau incontournable de la République de Croatie. Portée par une notoriété planétaire démultipliée par la culture populaire — ayant servi de décor à la célèbre série Game of Thrones —, la cité est désormais confrontée au défi du surtourisme. Elle s’efforce désormais de réguler le flot des millions de visiteurs annuels pour préserver l’âme et la pierre de ses remparts millénaires.

Avant de quitter Dubrovnik, je veux quand même évoquer rapidement les autres points d’intérêt à voir en dehors de la vieille ville, pour ceux qui souhaiteraient rester quelques jours dans l’enceinte de l’ancienne cité de Raguse.

Commençons d’abord par le Musée maritime de Dubrovnik (Pomorski muzej) qui célèbre la glorieuse épopée navale de l’ancienne République de Raguse, qui rivalisa jadis avec Venise.

Logé au cœur de la massive Forteresse Saint-Jean (Sveti Ivan), un bastion défensif majeur gardant l’entrée du vieux port, le musée se déploie sur deux étages feutrés et frais.

À travers une impressionnante collection de plus de 11.000 objets, incluant des maquettes de galions richement détaillées, des instruments de navigation anciens, des cartes hydrographiques et des vestiges de naufrages, il retrace l’ingéniosité des charpentiers de marine locaux.

Flâner dans ces salles chargées d’histoire permet de comprendre comment une si petite cité-État a pu posséder l’une des flottes marchandes les plus puissantes du monde connu.

Passons maintenant au Mont Srd qui domine de toute sa hauteur la vieille ville, s’élevant à 415 mètres d’altitude et constitut le gardien géologique de la cité.

Accessible en seulement quatre minutes grâce au Téléphérique de Dubrovnik inauguré en 1969, son sommet offre un panorama à couper le souffle s’étendant par temps clair jusqu’à l’Italie.

Mais au-delà de sa beauté photogénique, le Srd est un lieu de mémoire capital : il abrite le Fort Impérial, une forteresse érigée par les troupes de Napoléon au début du XIXe siècle.

C’est dans ce fort historique que s’est joué le destin de la ville lors du tragique siège de 1991, un épisode aujourd’hui documenté de façon poignante au sein du Musée de la guerre d’indépendance (Homeland War Museum) installé dans ses murs de pierre.

À l’exact opposé de la vieille ville monumentale se trouve Gruž, le poumon économique et le visage moderne de Dubrovnik.

Situé dans une baie abritée et profonde à trois kilomètres au nord-ouest du centre historique, ce quartier dynamique abrite le grand port de commerce.

C’est ici que s’amarrent les immenses paquebots de croisière, les yachts élégants et les ferrys à destination des îles idylliques de l’Adriatique.

Gruž incarne la vie quotidienne et authentique des locaux, loin des foules du Stradun, s’animant chaque matin autour de son marché à ciel ouvert où s’échangent poissons frais, fruits de mer et produits maraîchers de la région.

L’histoire de Gruž est intimement liée au passé aristocratique de Raguse. Dès le XVe siècle, la noblesse ragusaine, séduite par le calme et la sérénité de cette baie protégée, y fit construire de somptueuses résidences d’été de style Renaissance, dont certaines façades en pierre subsistent encore le long des quais.

Avec la révolution industrielle au XIXe siècle, le quartier s’est transformé pour accueillir les premiers chantiers navals modernes de la ville, marquant le transfert de l’activité maritime du vieux port saturé vers ce nouveau havre.

Aujourd’hui, cette double identité entre patrimoine résidentiel et pragmatisme portuaire confère à Gruž une atmosphère unique et populaire.

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