Pourquoi visiter Munich ?
Pourquoi visiter l’ancien hôtel de ville et Hofbräuhaus ?
Munich, ancien hôtel de ville, marché et Hofbräuhaus
Mercredi 29 juillet. Après la visite de Marienplatz et de son extraordinaire hôtel de ville, difficile de quitter la place, mais le temps tourne, et il faut bien l’avouer, je n’ai que peu de temps pour visiter la ville, car la route m’attend encore jusqu’à mon point de chute, ce soir, près de Stuttgart.
En quittant la place, je jette quand même un coup d’oeil sur l’ancien hôtel de ville, plus discret que son voisin, mais sans doute avec un peu plus de charme, avec sa belle façade du XVe siècle, son beffroi à tourelles et son élégante voûte en berceau.
A l’intérieur de l’ancien hôtel de ville se niche un magnifique musée consacré aux jouets qui renferme des centaines de joujoux d’Europe et d’Amérique, du nounours aux poupées russes, passant par des jouets à ressorts, en bois ou à ficelle, des soldats de plomb, des indiens et des cow-boys et des figurines en veux-tu en voilà !
En quittant la place, difficile de ne pas rester scotché à la façade de l’ancien hôtel de ville et de ses pignons en gradins. Le sommet est couronné par des formes géométriques crénelées très abruptes, typiques de l’architecture gothique tardive d’Europe centrale.
En observant la façade principale tournée vers la Marienplatz (façade ouest), on peut admirer la statue de Louis IV le Bavarois, empereur du Saint-Empire qui joua un rôle clé dans l’histoire de la ville.
La tour de 55 mètres qui flanque le bâtiment possède un cadran d’horloge coloré. À l’origine, cette tour faisait partie des fortifications médiévales de Munich au XIIe siècle avant d’être intégrée à l’hôtel de ville.
Elle a un temps arboré un dôme baroque en forme d’oignon au XVIIe siècle avant d’être “regothicisée” au XIXe siècle.
Des passages ont été percés à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle pour permettre la circulation des piétons et du trafic routier grandissant entre la Marienplatz et la rue Tal.
Derrière Marienplatz, après avoir laissé l’ancien hôtel de ville, on tombe nez-à-nez avec Viktualienmarkt, le marché de Munich transféré ici en 1807 par décret du roi Maximilien Ier.
Echoppes et petites maisons charmantes encadrent le marché, mais le plus étonnant est ce grand mât de cocagne offert par les chasseurs bavarois qui se dresse au centre, couvert de figurines peintes sculptées dans le bois.
Cet arbre de mai est issu d’une tradition ancestrale très forte en Bavière, en Belgique, en Suède, et même dans certaines régions de France.
Issue de la tradition celte, l’érection de l’arbre de mai provient d’un rite de fécondité lié au retour de la pousse des feuilles. L’arbre est alors représenté par un mât.
Le marché est un paradis pour les gourmets, mêlant traditions locales et saveurs internationales. Les stands sont répartis en plusieurs sections thématiques.
Des produits frais locaux : fruits et légumes de saison, dindes et gibiers, fromages des Alpes bavaroises, herbes aromatiques et champignons sauvages.
Des spécialités de charcuterie : c’est le spot idéal pour goûter au Leberkäse (pain de viande bavarois chaud servi dans un petit pain) ou acheter des Weißwürste (les fameuses saucisses blanches de Munich).
De l’exotisme et de l’artisanat : épices du monde entier, fleurs coupées fraîches, miel artisanal et étals de poissons fins.
En vous promenant, vous croiserez six fontaines ornées de statues représentant de célèbres artistes folkloriques, chanteurs et comédiens munichois (comme Karl Valentin ou Liesl Karlstadt). Les habitants ont pour coutume d’y rafraîchir leurs fleurs ou d’y boire un coup.
A ne pas manquer : le Biergarten central. Unique en son genre, le Biergarten du Viktualienmarkt a une particularité : les brasseries de Munich s’y relaient.
Selon le moment de votre visite, vous y boirez de la Hofbräu, de la Paulaner, de la Augustiner, etc. Conformément à la tradition bavaroise, vous pouvez acheter vos spécialités aux stands du marché et les manger sur les tables en bois du Biergarten, à la seule condition d’y commander vos boissons.
En prenant la route de Residenz, arrêt obligatoire à la brasserie la plus connue de Munich, la Hofbräuhaus, une véritable institution à Munich et en Bavière.
La Hofbräuhaus am Platzl est la brasserie la plus célèbre de Munich et un véritable temple de la culture brassicole bavaroise, dont les origines remontent à 1589 lorsque le duc Guillaume V de Bavière la fonda pour approvisionner la cour royale en bière de qualité.
Installée dans son bâtiment actuel de style néo-renaissance depuis la fin du XIXe siècle et fidèlement reconstruite après la Seconde Guerre mondiale, elle accueille chaque jour jusqu’à 3.500 visiteurs dans une ambiance folklorique incroyable.
Au rez-de-chaussée, la salle Schwemme résonne au son des orchestres de cuivres traditionnels (Blaskapelle) jouant en costume local, tandis que les serveurs en Lederhosen serpentent entre les longues tables en bois partagées en portant des plateaux chargés de choppes de bière d’un litre (Maß).
L’établissement conserve une âme locale farouchement préservée, matérialisée par les Stammtische (les tables réservées aux habitués) et les célèbres coffres à choppes verrouillés où les Munichois de souche stockent précieusement leur propre verre de génération en génération.
À la carte, la bière maison se décline en version blonde (Hofbräu Dunkel ou Original) ou blanche (Weißbier), et s’accompagne de plats bavarois extrêmement roboratifs comme le traditionnel jarret de porc croustillant (Schweinshaxe), les saucisses blanches ou d’immenses bretzels salés.
Chargé d’histoire, le lieu a vu défiler des figures historiques aussi diverses que Mozart, Lénine, Sissi ou encore John F. Kennedy, mais reste également tristement célèbre pour avoir abrité les premiers grands meetings politiques d’Adolf Hitler dans les années 1920, faisant de cette brasserie un témoin incontournable des paradoxes de l’histoire munichoise.
Montez au premier étage pour profiter d’un peu de tranquilité, en terrasse, ou essayez de trouver une table libre côté Biertgarten.
Ne manquez pas non plus d’aller jeter un coup d’oeil à la spectaculaire salle de fête au 2e étage, et au petit musée.
Et surtout, ne manquez pas d’admirer les magnifiques fresques de style néo-renaissance et folklorique qui ornent les imposants plafonds voûtés de la grande salle du rez-de-chaussée.
Ces peintures, restaurées après la guerre, mêlent des motifs colorés de feuilles de houblon, de fleurs de châtaignier, de blasons historiques et de personnages en costumes bavarois traditionnels.
Après les réjouissances de la Hofbräuhaus, direction Residenz, qui sera ma dernière étape avant le grand musée de Munich, la raison pour laquelle je tenais absolument à visiter la capitale bavaroise.
Il s’agit tout simplement du plus grand palais urbain d’Allemagne, un complexe monumental qui fut le cœur du pouvoir et la demeure officielle des ducs, électeurs et rois de la famille Wittelsbach de 1508 à 1918.
Évoluant au fil des siècles d’un modeste château fortifié du XIVe siècle en un somptueux palais, l’édifice s’articule aujourd’hui autour de dix cours intérieures et abrite plus de 130 salles d’apparat ouvertes au public.
Son architecture extérieure reflète une fusion spectaculaire de styles, mariant la Renaissance précoce, le Baroque flamboyant, le Rococo délicat et le Néoclassicisme rigoureux. Malgré les destructions massives subies pendant la Seconde Guerre mondiale, le palais a été reconstruit et restauré, préservant son statut de chef-d’œuvre architectural et culturel au centre de la capitale bavaroise.
Le cœur artistique du palais réside dans ses espaces intérieurs d’une opulence à couper le souffle, à commencer par l’Antiquarium, la plus ancienne et la plus impressionnante salle de la Renaissance préservée au nord des Alpes.
Longue de 66 mètres, cette galerie voûtée fut construite sous le duc Albert V pour abriter sa collection de sculptures antiques, et ses plafonds sont entièrement recouverts de fresques délicates représentant des dizaines de villes bavaroises.
Les visiteurs peuvent également s’émerveiller devant la Galerie des Ancêtres (Ahnengalerie), qui expose les portraits dorés de la lignée des Wittelsbach dans un décor rococo, ou explorer les Riches Chambres (Reiche Zimmer), conçues par l’architecte François de Cuvilliés, qui témoignent du raffinement du goût de la cour au XVIIIe siècle.
Au-delà des appartements royaux, le complexe de la Résidence abrite deux autres trésors culturels incontournables : le Trésor (Schatzkammer) et le Théâtre Cuvilliés.
Le Trésor royal, rassemblé sur plusieurs siècles, abrite une collection inestimable d’orfèvrerie, d’insignes royaux, de couronnes incrustées de pierres précieuses, de crucifix en ivoire et d’objets d’art exotiques provenant d’Orient.
À quelques pas, le Théâtre Cuvilliés est un joyau absolu du Rococo européen ; cette salle d’opéra de cour à loges, sculptée dans des tons rouge et or, fut le théâtre de la création de l’opéra Idoménée de Mozart en 1781. Attenant au magnifique jardin de la cour (Hofgarten), cet ensemble palatial résume à lui seul la grandeur politique et la passion artistique qui ont façonné l’histoire de la Bavière.