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Novi Pazar, une cité aux influences ottomanes

Pourquoi visiter Novi Pazar ?

L’héritage ottoman en centre-ville
 
Le cœur historique de la ville reflète fortement l’influence culturelle et religieuse de l’époque ottomane. La mosquée Altun-alem, construite au seizième siècle, représente l’un des plus anciens et des plus beaux exemples d’architecture islamique de la région. À proximité, la fontaine Sebilj, réplique en bois sculpté de celle de Sarajevo installée sur la place Gazi Isa-beg, constitue le point de ralliement central des habitants. Les visiteurs peuvent également explorer les vestiges de la forteresse de Novi Pazar (Bedem) qui abrite un grand parc public et une tour d’observation. Le vieux hammam du seizième siècle complète cette immersion urbaine avec ses dômes de briques caractéristiques.

Les monuments chrétiens
médiévaux de l’UNESCO
 
Les environs de la cité abritent les vestiges de l’ancien État médiéval de Raška, inscrits au patrimoine mondial de l’humanité. L’église Saint-Pierre de Ras, datant du huitième siècle, s’impose comme la plus ancienne église intacte de Serbie et le lieu de baptême de Stefan Nemanja. Sur une colline dominant la vallée, le monastère de Đurđevi Stupovi, fondé en 1171, offre un panorama sur toute la ville moderne. Plus loin dans les gorges, le monastère de Sopoćani abrite des fresques du treizième siècle considérées comme des chefs-d’œuvre de l’art byzantin européen.
 
Le musée de Ras et la culture locale
 
La compréhension de la double identité culturelle de la région passe par la visite des institutions locales. Le musée de Ras, installé dans une ancienne demeure bourgeois du dix-neuvième siècle, présente des collections archéologiques et ethnographiques majeures. Ses salles exposent des reconstitutions fidèles d’intérieurs traditionnels serbes et ottomans à travers des objets du quotidien. Le marché de Novi Pazar, vivant et bruyant, permet d’observe l’artisanat du commerce du textile et de la maroquinerie. Les ruelles du quartier ancien conservent l’atmosphère des anciens comptoirs commerciaux des Balkans.
 
Les spécialités culinaires traditionnelles
 
La visite de la ville s’accompagne de la découverte d’une gastronomie spécifique mêlant les traditions balkaniques et orientales. Les restaurants du centre-ville sont réputés pour les Ćevapi de Novi Pazar, des morceaux de viande hachée grillée servis dans un pain plat traditionnel. Une autre spécialité incontournable est la Mantija, un petit feuilleté carré farci à la viande hachée ou au fromage. Les établissements locaux, comme le célèbre Šadrvan, proposent également le sudžuk ainsi que des douceurs sucrées comme la baklava. Ces repas s’accompagnent traditionnellement de café turc ou de thé servis dans des services en cuivre.

Comment visiter Novi Pazar ?

Accès en voiture et liaisons routières
 
La ville de Novi Pazar se situe dans le sud-ouest de la Serbie, à environ deux cent quatre-vingts kilomètres de Belgrade. Les conducteurs empruntent l’autoroute Miloš Veliki (A2) jusqu’à Preljina, puis suivent la route nationale 22 en passant par Kraljevo et la vallée de l’Ibar. Le trajet routier dure généralement entre trois heures et demie et quatre heures selon les conditions de circulation. Le centre-ville dispose de parkings payants par système de SMS ou de disques, tandis que les hôtels locaux offrent souvent des espaces de stationnement privés pour leurs clients.
 
Transports en commun depuis Belgrade
 
Les voyageurs sans véhicule personnel utilisent le réseau de bus de ligne qui relie très régulièrement la capitale à la région de la Raška. Des départs sont programmés toutes les heures depuis la gare routière principale de Belgrade (BAS) pour un trajet d’environ cinq heures. La gare routière de Novi Pazar se trouve à la lisière du centre historique, ce qui permet de rejoindre les principaux monuments à pied. Le réseau ferroviaire ne dessert pas directement la cité, la gare de passagers la plus proche étant située dans la ville de Raška à une vingtaine de kilomètres.
 
Exploration pédestre du centre historique
 
La configuration de la vieille ville ottomane, appelée la Čaršija, se prête idéalement à une découverte exclusive à pied. Les principaux monuments urbains, tels que la mosquée Altun-alem, le vieux hammam et la forteresse, sont concentrés dans un rayon d’un kilomètre autour de la fontaine Sebilj. Les ruelles commerçantes du centre sont partiellement piétonnes, facilitant la déambulation au milieu des étals du marché traditionnel. La traversée de la rivière Raška sépare la zone historique des quartiers plus modernes et de ses grandes artères commerciales.
 
Visite des sites de l’UNESCO aux alentours
 
La découverte des monuments médiévaux inscrits à l’UNESCO nécessite l’utilisation d’un moyen de transport en raison de leur dispersion géographique. L’église Saint-Pierre de Ras se trouve à la périphérie nord de la ville et s’atteint en quelques minutes de route ou en taxi local. Pour rejoindre les monastères de Đurđevi Stupovi et de Sopoćani, les visiteurs empruntent des routes de montagne asphaltées mais parfois étroites. Le Museum Ras, installé au cœur de la ville sur la rue Stevana Nemanje 20, ouvre du lundi au vendredi de sept heures à vingt heures et le samedi de neuf heures à quatorze heures.

Novi Pazar, une cité aux influences ottomanes

Mercredi 15 juillet. Cette fin d’après-midi s’annonçait délicieuse avec un appartement loué à Novi Pazar dont le balcon donnait directement sur la ville, offrant l’une des plus belles vues qui soient.

Hélas, cette soirée va être gâchée par une arrivée mouvementée : tout d’abord parce que nous allons peiné à trouver l’appartement loué par nos amis, ensuite parce qu’en garant ma voiture à côté de notre appartement, le bas de caisse va accrocher une chaîne tirée sur le trottoir. Arghhhh…

Dans la foulée, mon hôte débarque de l’immeuble et vient m’indiquer le bon emplacement du parking qui se trouve au sous-sol de l’édifice.

A peine sorti de la voiture, celui-ci me fait remarquer qu’une flaque d’eau se répand sous ma voiture… Ce putain de bas de caisse a dû en prendre un coup en me garant à cette stupide place !

Du coup, je rendre dans une colère noire et je peine à me calmer. Je demande au type de m’indiquer un garagiste, puis regarde les dégâts… Un liquide s’est bien répandu sous la voiture, mais apparemment ce n’est que de l’eau.

Du coup, je vais attendre que le moteur refroidisse un peu pour vérifier le niveau du liquide de refroidissement. Etrange, celui-ci semble tout à fait normal. Tout comme le niveau d’huile et le liquide de frein.

En vérifiant les niveaux depuis mon tableau de bord, rien n’indique une panne. Mais alors, c’est quoi cette eau ? Je me rappelle enfin que pour la première fois depuis que j’ai acheté la voiture, je me suis servi de l’air conditionné… Et si c’était ça ? Tout simplement ?

Après trois semaines de conduite sans incident majeur, force est de constater que le liquide devait être dû à la condensation de l’air comprimé dans le système d’air conditionné. Une grosse peur panique pour rien et une colère noire qui ne se justifiait pas…

Toujours est-il qu’avec cet événement, nous n’allons pas pouvoir profiter de notre temps pour visiter Novi Pazar et seulement nous contenter de cette vue magnifique depuis le balcon de notre appartement.

Apparemment, ça ne dérange personne, bien au contraire, chacun profitant de ce moment pour passer du bon temps, manger tranquillement tout en lorgant sur le panorama.

Au final, ce n’est qu’en soirée que nous allons faire un tour dans la ville qui semble se débattre éternellement avec les embouteillages. Nous mettons moins de temps à pied pour atteindre le centre-ville qu’en voiture !

A la nuit tombée, nous remontons les rues étroites du centre-ville qui change radicalement de tout ce que nous avons déjà vu en Serbie : Novi Pazar ressemble plus à une ville orientale avec son bazar et ses rues entrelaçées qu’à une cité europenne.

Le centre de Novi Pazar est un peu complexe à comprendre, mais dès la fontaine Sebilj, modeste réplique de son homonyme de Sarajevo, et qui ressemble à un kiosque coiffé d’une soucoupe volante, commence l’artère 28 NOvembra, une voie piétonne parsemée de cafés et de restaurants.

Rue Avnoja, un gigantesque immeuble d’habitation d’allure orientale plutôt insolite donne une idée de l’architecture communiste des Balkans.

En continuant sur la rivière, on voit, à cheval sur le pont, l’une des expériences les plus intéressantes de construction postsocialistes des années 70 : l’hôtel Vrbak.

Ici, l’empreinte turque se marie à un style excentrique fait d’exotisme et d’héritage futuriste, pour donner naissance à un colosse composé de deux hexagones unis par un appendice qui enjambe la rivière en contrebas : un chef-d’eouvre qui échappa au contrôle du parti communiste, comme beaucoup d’autres à Novi Pazar.

La partie la plus ancienne de la ville est la Stara Carsja, le bazar de l’autre côté du pont, articulé autour de la rue 1 Maja. Outre les mosquées et les petites boutiques, il abrite le Isa-Begov Hamam, un ancien hamam transformé en café.

Doté de sept coupoles et d’espaces séparés hommes-femmes, c’était le hamam du fondateur de la ville. On ne peut le voir que de l’extérieur ou depuis la cour du café Teferic.

De l’ancienne forteresse construite par Isa-Beg Ishakovic, il ne reste que peu de choses : une haute tour de guet octogonale et de peites portions de murs d’enceinte aux arcs rampants.

Initialement construits en bois, les remparts en pierre et les fortifications datent de 1692. Le site aujourd’hui aménagé en jardins aux bancs ombragés dévile un superbe panorama sur la rivière Raska et sur la ville.

Alors, que faut-il voir à Novi Pazar ? Le cœur historique de la ville reflète fortement l’influence culturelle et religieuse de l’époque ottomane.

La mosquée Altun-alem, construite au XVIe siècle, représente l’un des plus anciens et des plus beaux exemples d’architecture islamique de la région.

À proximité, la fontaine Sebilj, réplique en bois sculpté de celle de Sarajevo installée sur la place Gazi Isa-beg, constitue le point de ralliement central des habitants.

Les visiteurs peuvent également explorer les vestiges de la forteresse de Novi Pazar (Bedem) qui abrite un grand parc public et une tour d’observation.

Le vieux hammam du XVIe siècle complète cette immersion urbaine avec ses dômes de briques caractéristiques.

Mais le principal intérêt de stationner à Novi Pazar est de rayonner pour aller visiter les nombreux monastères environnants, visites que je n’ai pas pu faire, à cause de cet accident avec la voiture. J’indique quand même ici les visites essentielles à faire.

Les environs de la cité abritent les vestiges de l’ancien État médiéval de Raška, inscrits au patrimoine mondial de l’humanité.

L’église Saint-Pierre de Ras, datant du VIIIe siècle, s’impose comme la plus ancienne église intacte de Serbie et le lieu de baptême de Stefan Nemanja.

Sur une colline dominant la vallée, le monastère de Ðurdevi Stupovi, fondé en 1171, offre un panorama sur toute la ville moderne.

Plus loin dans les gorges, le monastère de Sopocani abrite des fresques du treizième siècle considérées comme des chefs-d’œuvre de l’art byzantin européen.

Le musée de Ras, installé dans une ancienne demeure bourgeoise du XIXe siècle, présente des collections archéologiques et ethnographiques majeures. Ses salles exposent des reconstitutions fidèles d’intérieurs traditionnels serbes et ottomans à travers des objets du quotidien.

Le marché de Novi Pazar, vivant et bruyant, permet d’observer l’artisanat du commerce du textile et de la maroquinerie. Les ruelles du quartier ancien conservent l’atmosphère des anciens comptoirs commerciaux des Balkans.

La visite de la ville s’accompagne de la découverte d’une gastronomie spécifique mêlant les traditions balkaniques et orientales. Les restaurants du centre-ville sont réputés pour les Cevapi de Novi Pazar, des morceaux de viande hachée grillée servis dans un pain plat traditionnel.

Une autre spécialité incontournable est la Mantija, un petit feuilleté carré farci à la viande hachée ou au fromage. Les établissements locaux, comme le célèbre Šadrvan, proposent également le sudžuk ainsi que des douceurs sucrées comme la baklava. Ces repas s’accompagnent traditionnellement de café turc ou de thé servis dans des services en cuivre.

Enfin, avant de quitter Novi Pazar, il me semble essentiel d’évoquer rapidement les grandes lignes de son histoire.

La ville de Novi Pazar est fondée officiellement en 1461 par le général ottoman Isa-beg Ishakovic, qui est également le fondateur de Sarajevo. Le nom de la localité signifie littéralement le nouveau marché en langue persane et turque.

Le site est établi à proximité immédiate de l’ancienne cité médiévale serbe de Trgovište, qui servait de place commerciale pour la région de Ras. La nouvelle colonie musulmane est pensée pour devenir un carrefour d’échanges majeurs au sein du sandjak de Novi Pazar.

La cité connaît un développement économique très rapide au cours des deux siècles qui suivent sa fondation. Sa position géographique sur la route commerciale reliant Dubrovnik à Constantinople en fait l’une des villes les plus riches des Balkans centraux.

Les marchands de la république de Raguse y installent une colonie permanente et des entrepôts pour le commerce de la soie, des métaux et du cuir. Au XVIIe siècle, la ville compte de nombreux commerces, des hammams, des mosquées et une population estimée à plus de trente mille habitants.

L’âge d’or de la cité prend fin brutalement lors de la guerre entre le Saint-Empire et l’Empire ottoman à la fin du dix-septième siècle. En 1689, les troupes autrichiennes et les rebelles serbes s’emparent de la ville et l’incendient presque totalement.

La population locale subit d’importantes pertes et les circuits commerciaux traditionnels vers la mer Adriatique sont coupés. Les épidémies de peste au XVIIIe siècle et les incendies successifs de 1788 achèvent de réduire l’importance économique de cette place forte frontalière.

Le sandjak de Novi Pazar reste sous le contrôle administratif et militaire des Ottomans jusqu’aux guerres balkaniques. En 1912, les armées serbes et monténégrines reprennent la région, ce qui met fin à plus de quatre siècles de présence musulmane directe.

La ville est officiellement intégrée au Royaume de Serbie puis au Royaume des Serbes, Croates et Slovènes après la Première Guerre mondiale.

Aujourd’hui, Novi Pazar est le centre économique, politique et culturel de la région de la Raška et conserve une population multiethnique.

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