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Novo Mesto, une petite perle nichée au sud de la Slovénie

Novo Mesto, une petite perle nichée au sud de la Slovénie

Dimanche 12 juillet. Après avoir quitté Ljubljana de bon matin, je mets le cap vers la Croatie voisine, mais avant je vais faire un arrêt dans la jolie ville de Novo Mesto.

Mais alors pourquoi s’arrêter dans cette ville nouvelle qui n’en est pas vraiment une car établie au creux d’un méandre de la rivière Krka depuis le Moyen Âge ?

Car il s’agit tout simplement d’une des plus jolies villes de Slovénie. Avec ses 23.000 habitants, Novo Mesto est la capitale de la Dolenjska, nommée ainsi peu après sa fondation par Rodolphe IV de Hasbourg, qui accorde des droits à la cité en 1365.

Et bien sûr, l’attrait touristique de la ville est son centre historique. Les musées de la cité sont riches en vestiges archéologiques.

La région produit du vin de pays spécifique, le cvicek, qui est un vin léger de type rosé sec.

S’il est agréable de flaner sous les arcades de Glavni Trg, il l’est encore plus de s’attarder sur le pont principal qui offre une vue magnifique sur la ville et les rives de Krka.

Inchangée depuis le XVIe siècle, Glavni Trg, la place principale de Novo Mesto, est en fait une rue bordée d’anciennes maisons bourgeoises.

L’hôtel de ville a été érigé en 1905. Ses armoiries sur sa façade représentent Rudolf IV, l’empereur fondateur de la ville.

De belles arcades font tout le charme de ce lieu : elles rappellent le passé commercial de premier plan de Novo Mesto au Moyen Âge.

On y trouve désormais quelques hôtels, quelques bars, un supermarche, et bien sûr, l’office de tourisme.

La place est dominée par l’Hôtel de Ville et la fontaine Kette, ornée de vers du poème “Na trgu” (Sur la place), qui ajoute une touche poétique au décor.

Classé comme la plus grande place médiévale de Slovénie, la place principale séduit par son architecture unique, notamment ses élégantes arcades qui témoignent d’un riche passé marchand.

À l’extrémité supérieure de la place, l’architecture des maisons de riches commerçants rappelle la prospérité économique de la ville.

La place accueille également de nombreuses manifestations, des foires artisanales aux festivals culturels, qui animent le centre-ville et renforcent son rôle de lieu de rassemblement.

A noter aussi la rénovation complète de la Maison Fichtenau, un bâtiment historique du XVIIIe siècle, qui abrite aujourd’hui des logements et des commerces

Si on a un peu de temps, on peut visiter le musée de la Dolenjska qui propose sept expositions permanentes et abrite des collections exceptionnelles

Son département d’archéologie est particulièrement célèbre, car il conserve une grande partie des situles en bronze découvertes dans la région.

Ces objets rituels ornés de scènes mythologiques sont si importants que Novo mesto est surnommée la “Cité des Situles”.

Le musée conserve aussi des trésors comme des textiles en laine datant de l’âge du Fer, témoins de la finesse des techniques de l’époque.

On peut aussi visiter la maison Jakac qui abrite une collection exceptionnelle de plus de 800 œuvres de Božidar Jakac, offrant un panorama complet de soixante-dix années de création : dessins, pastels, huiles et aquarelles.

On peut aussi y admirer une collection d’art du Musée de la Dolenjska présentant des tableaux du XVIIe au XXe siècle, et une collection pédagogique d’art contemporain.

La silhouette de la ville est marquée par les clochers de deux édifices majeurs : la cathédrale Saint-Nicolas et l’église Saint-Léonard, qui se dressent avec le monastère franciscain.

Cette cathédrale est le monument le plus emblématique de la ville et un véritable symbole de son identité, perché sur une colline dominant la rivière Krka.

Une première église est mentionnée dès 1428. En 1493, l’empereur Frédéric III y établit un chapitre de chanoines, ce qui donna une impulsion majeure à sa reconstruction, un chantier qui ne s’achèvera qu’en 1623.

Son architecture est fascinante car elle mêle les styles : la nef et le clocher sont d’origine gothique, tandis que les arcs et les chapelles latérales baroques datent du XVIIe siècle.

Une de ses particularités les plus étonnantes est que le chœur et la nef ne sont pas alignés sur le même axe, le chœur étant volontairement décalé pour être orienté plus précisément vers l’est.

La gloire de la cathédrale est sans conteste le retable du maître-autel, qui abrite une peinture du célèbre peintre vénitien de la Renaissance, le Tintoret.

Commandée vers 1582 par le prévôt Polidoro de Montagnana pour remplacer un autel détruit par un incendie, cette œuvre intitulée “La Vision de Saint Nicolas” représente le saint patron de la ville avec les martyrs Mohor et Fortunat. C’est un des trésors artistiques les plus importants de Slovénie.

La cathédrale possède notamment des cryptes, dont une aménagée en lapidaire présentant des pierres tombales de personnalités locales.

Un détail plus contemporain : sa “Porte Sainte” en bronze a été installée en 2015, ornée de sculptures représentant des figures clés de l’histoire religieuse et culturelle de la région.

L’église Saint-Léonard quand à elle a été difiée par les Franciscains au XVe siècle. Consacrée vers la fin des années 1470, elle fait aujourd’hui partie intégrante du monastère franciscain.

Vous remarquerez que sa façade a été habillée dans un style néo-gothique au XIXe siècle, ce qui lui donne son allure actuelle.

Pour la petite histoire, le destin de la ville, aux portes de l’empire ottoman, fut tumultueux. Au XVe siècle, elle devint une importante base militaire pour la défense contre les incursions turques, qui marquèrent profondément la mémoire collective.

Pour se protéger, la ville fut ceinte de murailles, dont il subsiste encore aujourd’hui quelques vestiges comme dans le quartier de Šance.

Cette période fut également marquée par des tragédies : la ville fut ravagée par deux incendies majeurs, en 1576 et 1664, et décimée par la peste en 1599. Malgré ces épreuves, elle se releva et continua à se développer comme un centre régional.

Au-delà des épreuves, le XIXe et le XXe siècle ont vu s’épanouir une riche vie culturelle qui forge l’identité de la ville. C’est le berceau ou le lieu de vie de nombreuses figures marquantes de la culture slovène, comme le gymnaste Leon Štukelj, le peintre Božidar Jakac, ou le poète Dragotin Kette.

Après la Première Guerre mondiale et la dissolution de l’empire Austro-Hongrois, la ville fut officiellement renommée Novo Mesto.

Aujourd’hui, capitale de la région de Dolenjska, elle est un centre économique dynamique, abritant des fleurons industriels comme le groupe pharmaceutique Krka, tout en s’appuyant fièrement sur son héritage archéologique et culturel millénaire.

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