Pourquoi visiter le Parc national des lacs de Plitvice ?
Comment visiter le Parc national des lacs de Plitvice ?
Parc national des lacs de Plitvice, une succession de lacs et de cascades
Dimanche 12 juillet. Il est déjà plus de 16 heures quand j’arrive enfin au parc national des lacs de Plitvice, autant dire quasiment le dernier moment pour venir le visiter car les dernières entrées ont lieu vers 17 h 30, et sachant que tous les parcours accessibles se font entre 3 heures et 7 heures de marche, je suis encore chanceux de pouvoir le découvrir.
Mais si c’était à refaire, comme pour les chutes de Rastoke, j’aurais visité le parc au petit matin, quand la lumière distillée par le soleil est encore belle et surtout située à l’opposé des cascades, ce qui permet de les photographier en toute liberté.
Passée cette petite précision (qui a toute son importance !), sachez qu’il existe deux entrées au parc, l’entrée 1 qui donne accès aux lacs inférieurs, et l’entrée 2 qui donne accès aux lacs supérieurs.
Entre les deux, mon cœur balance, et au final, c’est par le plus simple des hasards que je vais commencer par l’entrée 2, et donc les lacs supérieurs, car c’est seulement ici que je vais trouver une place où garer mon véhicule.
Les places sont chères ! Au propre comme au figuré ! Le fait d’arriver tardivement au parc va paradoxalement me permettre de trouver une place où me garer, sans quoi, c’est la galère, sauf à visiter le parc très tôt dans la journée.
Pour accéder à la billetterie, il faut encore remonter un court sentier aménagé au cœur de la forêt, prendre un le pont qui enjambe la route nationale puis remonter sur environ 400 mètres une longue esplanade qui mène à l’entrée du parc.
Il ne reste plus qu’à acheter son billet et à choisir son itinéraire. Au vu de l’heure déjà avancée, je demande donc aux guides qui me suggèrent de m’élancer sur le sentier E.
Ce sentier E est spécialement conçu pour découvrir la beauté des lacs supérieurs (Gornja jezera).
Ce circuit est particulièrement recommandé si vous disposez de peu de temps, si vous souhaitez une randonnée moins exigeante physiquement, ou si vous préférez éviter les foules plus denses des lacs inférieurs.
Sa longueur totale est d’environ 5,5 kilomètres, et il est généralement parcouru en 2 à 3 heures.
La particularité de ce sentier est qu’il intègre deux moyens de transport inclus dans le billet d’entrée : une courte traversée en bateau sur le lac Kozjak, puis, après avoir rejoint l’extrémité du lac Prošcansko, un retour en train panoramique jusqu’au point de départ.
Si au contraire de moi, vous arrivez plus tôt dans la journée, sachez qu’il faut compter une journée entière pour la visite complète des lacs inférieurs et supérieurs, soit environ 4 à 5 heures de balade sans les pauses.
Prendre un guide n’est pas nécessaire car les itinéraires sont très bien balisés : par lettres et par couleurs.
Plusieurs parcours sont possibles, de longueur différente : les A, B et C (3,5 à 8 km) s’effectuent au départ de l’entrée 1 ; les E, F et H (5,1 à 8,9 km) au départ de l’entrée 2.
Attention, en hiver, seuls les parcours A, B et F sont ouverts au public, ce qui explique aussi les tarifs réduits par rapport à l’été.
Des navettes desservent en continu les différents arrêts (ST1, 2 et 3) dispersés le long des différents lacs.
De même, deux bateaux assurent les transferts d’une rive à l’autre (le billet du parc donne droit à une seule traversée longue et une seule courte, le reste se fait forcément à pied).
Il existe aussi trois ports : P1, P2 et P3. Du coup, on se balade à pied à sa guise à travers les sentiers et les passerelles aménagées tout au long du parc.
Et comme je vous le conseille vivement, en été, il faut s’y rendre très tôt dans la journée : non seulement vous pourrez vous garer plus facilement, mais vous éviterez les files d’attente interminables aux guichets et surtout, la lumière sera beaucoup plus belle pour vos photos de cascade.
Me voilà donc engagé sur ce fameux sentier E, censé prendre trois heures, mais qui en fait prend plutôt deux bonnes heures à travers en tracé extrêmement bien balisé et de multiples passerelles qui permettent d’avoir une vue magique sur les lacs de Plitvice.
Autant vous le dire tout de suite, ce parc national est tout simplement l’un des plus beaux parcs au monde qui m’aura été donné de voir à travers tous mes voyages.
Je ne suis pas prêt d’oublier la beauté de ces lacs, leurs eaux d’une pureté cristalline et les cascades incroyables qui ponctuent chacun de ces bassins. Absolument fabuleux.
La marche ne présente absolument aucune difficulté et chaque bassin offre des points de vue variés d’une beauté quasi irréelle.
Seul petit bémol, je me tue à le répéter, l’heure à laquelle j’ai effectué cette promenade qui ne permet pas de prendre en photo la beauté des cascades, car éblouies par le soleil.
Dommage. Mais je me jure bien d’y retourner un jour et, cette fois, d’y passer la journée entière pour profiter à plein de toutes les merveilles que ce parc a à offrir.
Parlons donc de ce parcours E qui est un circuit en boucle qui débute à l’Entrée 2, située au sud du parc. Sa longueur totale est d’environ 5,5 kilomètres, et il est généralement parcouru en 2 à 3 heures.
La particularité de ce sentier est qu’il intègre deux moyens de transport inclus dans le billet d’entrée : une courte traversée en bateau sur le lac Kozjak, puis, après avoir rejoint l’extrémité du lac Prošcansko, un retour en train panoramique jusqu’au point de départ.
La marche, qui s’étend sur plusieurs kilomètres, serpente au cœur des forêts et longe les rives des lacs Gradinsko, Milino, Galovac et Okrugljak, jusqu’à atteindre les rives du vaste lac Prošcansko.
Le sentier est jalonné de chutes d’eau spectaculaires qui comptent parmi les plus belles du secteur.
Les plus célèbres sont les chutes Veliki Prštavac et Mali Prštavac, dont les eaux dévalent la roche dolomitique.
Un peu plus loin, le Galovacki Buk impressionne par son large rideau d’eau, une chute en terrasse qui offre un spectacle particulièrement saisissant.
La balade se déroule en grande partie sur des passerelles en bois qui surplombent l’eau, offrant des perspectives uniques et une immersion totale.
Cet itinéraire permet de profiter des lacs supérieurs, souvent moins fréquentés que les lacs inférieurs, et de s’imprégner de la beauté des formations de tuf et des eaux cristallines.
Le retour en train panoramique permet de profiter d’une vue d’ensemble sur ce paysage classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Pour la petite histoire, les lacs supérieurs sont au nombre de douze. A l’arrivée du bateau, en P2, retour possible par l’entrée 2 par un autre bateau, via P1.
Les autres continuent la balade à droite en contournant le Burget (série de minilacs s’écoulant par petits sauts) et le lac Gradinsko sur ler droite.
On mesure vraiment ici le merveilleux de cet écosystème. Les passerelles de bois enjambent des ruisseaux impétueux, puis traversent de paisibles étangs, zigzaguant entre les arbres noyés et des bosquets de plantes.
Les eaux changent sans cesse de couleurs en fonction du type d’algues qui tapissent le fond, masses sombres ou teintes lumineuses de lagons.
Tout se joue en quelques mètres. Aucune pièce d’eau ne présente le même aspect, c’est assez hallucinant.
Avec de prodigieux effets, lorsque des sapins couchés dans l’eau s’habillent de mousses et de lichens, tandis que leurs branches, hors de l’eau, apparaissent nues et blanches.
C’est dans le treillis des sentiers, entre les lacs de Gradinsko et Galovac que l’on s’en aperçoit le mieux. Au passage, les pittoresques chutes en rideau de Veliki Prštavac.
Puis au-delà, les lacs de Vir, Malo, Batinovac, Veliko, Okrugljak (qui signifie “forme ronde”) et Ciginovac, bien en contrebas.
Le lac Prošcansko (40 m de profondeur et le deuxième par sa superfice) boucle cette balade à travers les lacs supérieurs.
Arrivé au lieu-dit Labudovac, on trouve la navette au point ST3 qui redescend aux deux entrées.
À travers une nouvelle série de photos, je poursuis ma balade sur les lacs supérieurs et le sentier E, et profite de ce moment pour évoquer l’autre partie du parc, que, hélas, je n’ai pas pu visiter.
Les lacs inférieurs, au nombre de quatre, sont proches de l’entrée 1 et enserrés dans de profondes gorges.
Après être passé entre les lacs Kaluderovac et Novakovica Brod, le premier site qui s’impose est Viliki Slap, une impressionnante cascade dans un superbe cirque.
En contrebas, la Sastavci, une belle chute née de la fusion de la cascade et des eaux de Plitvice, qui donne naissance à a rivière Korana (plus loin, en aval, les ours y ont leurs habitudes).
Puis on remonte tranquillement vers le premier des lacs supérieurs, le plus grand du parc de Plitvice, profond de 46 mètres (Kozjak ou “lac des Chèvres”, du jour où une trentaine d’entre elles s’y noyèrent).
On pouruit alors sa route au fil des minicascades, notamment celle de Milka Tmina, entre les lacs Gavanovac et Milanovac.
A l’extrémité du lac P3 se trouve la buvette (idéal pour se reposer) et l’embarcadère du bateau électrique menant aux autres lacs supérieurs (toutes les 30 minutes, de 8 heures à 18 heures).
Mais ceux qui le souhaient peuvent longer les rives du lac et poursuivre leur chemin vers les lacs supérieurs à pied.
Pour éviter les foules, on peut aussi sortir des circuits les plus empruntés par les touristes.
Un sentier de randonnée par de l’entrée 1 (marquage en forme de cocarde blanche entourée de rouge). Pas toujours facile d’apercevoir un bout de lac, mais on est à l’ombre du sous-bois.
En 2 h 30, on grimpe au sommet du point le plus haut du parc (le Medvjedak, 889 m), puis on redescend en deux heures à l’entrée 2.
Certes ce parcours ne permet pas de tout voir (il suit essentiellement le plus bas des lacs supérieurs, le Kozajak jezero), mais il offre de belles vues et la possibilité d’observer des plantes carnivores et des orchidées. Pas de difficuté majeure.
On peut aussi parcourir le parc par de vrais chemins de randonnée en pleine forêt. Pour cela, des cartes et des guides sont disponibles aux entrée 1 et 2.
Pour la petite histoire, sachez que les lacs de Plitvice sont inscrits au patrimoine mondial de l’humanité et que ce parc reste le premier de Croatie par le nombre de ses visiteurs (plus d’un million par an).
Au sein d’une succession de vallées, les lacs de Plitvice sont un chapelet de seize lacs tombant en gradins sur environ 130 m de dénivelée, entre 503 et 636 m, dans un environnement totalement préservé.
Lacs alimentés par quantité de sources, ruisseaux et torrents, et reliés entre eux par une kyrielle de cascades et de chutes spectaculaires.
Le tout entouré d’épaisses forêts de sapins, épicéas, hêtres, érables, charmes, etc.
Dans de telles conditions de préservation et de protection trouvent refuge nombre d’animaux sauvages, dont des ours.
Mais alors, comment cette merveille natuelle a pu se former au fil du temps et à travers quelle géologie ?
La formation des lacs de Plitvice est le résultat d’un processus géologique et biologique spécifique aux paysages karstiques.
Elle repose sur l’interaction entre l’eau, la roche calcaire et les organismes vivants.
Les lacs ont été créés par la croissance de barrières de tuf (travertin), un type de roche sédimentaire qui s’est déposée au fil du temps
Le substrat rocheux de la région est composé de carbonates, principalement des calcaires et des dolomites datant du Trias, du Jurassique et du Crétacé.
L’eau, en s’infiltrant dans le sol, se charge en dioxyde de carbone et devient légèrement acide. Cette eau acide dissout le calcaire, se chargeant en carbonate de calcium dissous (bicarbonate).
Lorsque cette eau riche en minéraux resurgit et s’écoule sur les barrières, l’agitation et l’évaporation provoquent un dégazage du CO2.
Ce changement chimique fait précipiter le carbonate de calcium sous forme de minuscules cristaux de calcite.
Cependant, cette précipitation chimique n’explique pas tout. Le processus est fondamentalement biologique.
Les mousses, algues et bactéries qui vivent dans l’eau jouent un rôle de catalyseur. Elles sécrètent une substance collante (un biofilm de polysaccharides) sur laquelle les microcristaux de calcite viennent se fixer, formant un support pour une précipitation minérale continue.
Ce processus permet la croissance rapide de barrières de tuf, qui agissent comme des barrages naturels et retiennent l’eau, formant ainsi les lacs en cascade.
L’action des mousses, qui se pétrifient tout en continuant de pousser, est particulièrement importante pour la construction et l’expansion de ces barrières.
Ce système est actif depuis des milliers d’années, avec une estimation de 6.000 à 7.000 ans pour les barrières actuelles.
La formation des lacs est également influencée par la nature du substrat rocheux, qui crée une distinction entre les lacs supérieurs (formés sur des dolomites moins perméables) et les lacs inférieurs (situés dans un canyon calcaire).
Ce processus dynamique est en constante évolution, les barrières se développant à des vitesses différentes, ce qui peut entraîner la fusion de lacs ou la formation de nouvelles chutes d’eau.
Quant à la biodiversité du parc national des lacs de Plitvice, elle est remarquable, avec un nombre d’espèces végétales et animales très élevé.
Plus de 1.400 espèces de plantes y ont été recensées, ce qui représente environ 30 % de la flore totale de la Croatie.
Cette richesse est due à la diversité des habitats et à une position géographique particulière, à seulement 50 kilomètres de la mer. La grande majorité du parc est couverte de forêts, qui abritent une grande partie de cette diversité.
La flore forestière est dominée par des essences comme le sapin blanc, l’épicéa et le hêtre, auxquelles s’ajoutent l’érable sycomore, le frêne et l’aulne le long des cours d’eau.
Les barrières de tuf et les abords des lacs accueillent des espèces spécialisées, comme le marisque, le roseau commun, la pétasite (une espèce relique de l’ère glaciaire) et divers saules.
Des inventaires récents ont identifié 34 espèces de plantes vasculaires strictement protégées, dont l’orchidée sabot de Vénus, qui est une espèce menacée, et ont révélé pour la première fois la présence du fragon épineux dans le parc.
La faune du parc est également très diversifiée, avec plus de 50 espèces de mammifères.
Les forêts et les zones moins perturbées offrent un habitat à de grands carnivores comme l’ours brun, le loup gris et le lynx, bien que la circulation routière en été constitue une menace pour ces espèces.
D’autres mammifères incluent le chat sauvage, la loutre, le chevreuil, la martre et divers petits carnivores.
L’avifaune est également riche, avec environ 160 espèces répertoriées, dont la chouette de l’Oural, et les insectes sont représentés par plus de 270 espèces de papillons.
Cette biodiversité est préservée par l’interdiction de la chasse, de la pêche et de la baignade dans le parc.