Pourquoi visiter Rattenberg ?
L’écrin d’un patrimoine médiéval intact
Rattenberg séduit par son échelle humainement parfaite, où la plus petite ville d’Autriche concentre une densité architecturale rare. Ses ruelles pavées, trop étroites pour les voitures, serpentent entre des maisons bourgeoises aux pignons gothiques et aux façades colorées qui semblent figées dans le temps depuis le quatorzième siècle. Chaque porte ciselée, chaque enseigne en fer forgé, chaque fenêtre à meneaux raconte une histoire marchande et artisanale, tandis que les vestiges du château fort perché sur son éperon rocheux dominent encore la vallée de l’Inn comme un gardien silencieux. Cette atmosphère d’authenticité préservée fait de chaque pas une plongée dans un Moyen Âge vivant, débarrassé des artifices touristiques.
La magie du verre soufflé
Ce qui donne à Rattenberg son âme si particulière, c’est la présence séculaire des maîtres verriers dont les ateliers illuminent les ruelles d’une lumière chaude et dansante. Depuis des générations, les souffleurs de verre transforment sous vos yeux le quartz en cristal, en boules colorées, en anges filigranés ou en vases aux reflets mouvants, perpétuant un savoir-faire qui a fait la renommée de la cité bien au-delà des frontières tyroliennes. Les boutiques ne sont pas de simples magasins mais des théâtres où la matière en fusion devient art, et les visiteurs repartent avec bien plus qu’un souvenir : l’émerveillement d’avoir assisté à une naissance, celle d’un objet unique que la main humaine a modelé dans le souffle et le feu.
Une spiritualité ancrée dans la pierre
La ville abrite des trésors religieux d’une rareté émouvante, à commencer par l’église paroissiale à double nef, témoignage concret des inégalités sociales d’autrefois où les riches et les pauvres priaient séparément sous le même toit. Non loin, le couvent des Augustins déploie son cloître silencieux où le temps semble suspendu, et le clocher accessible offre une perspective unique sur les toits de la ville et les montagnes alentour. Rattenberg est aussi terre de sainte Notburga, figure de la charité populaire, dont la mémoire est célébrée avec ferveur, ajoutant une dimension profondément humaine et spirituelle à la visite.
Une halte gourmande entre deux époques
Flâner dans Rattenberg, c’est aussi s’accorder des pauses gourmandes dans des établissements où la cuisine tyrolienne se savoure dans un décor d’antan. Les pâtisseries proposent l’incontournable apfelstrudel, tandis que les auberges servent des plats généreux à déguster en terrasse, face au fleuve Inn qui coule paisiblement aux pieds de la cité. En hiver, le marché de l’Avent transforme les ruelles en un voyage sensoriel où les lueurs des bougies se reflètent dans les vitrines des verriers, et où le parfum du vin chaud se mêle à celui du bois brûlé.
Comment visiter Rattenberg ?
À pied, dans une rue unique
La meilleure façon de visiter Rattenberg est de laisser la voiture sur l’un des parkings payants situés aux entrées ouest et est de la ville, car le centre historique est entièrement piétonnier. Une fois posé le pied sur ses pavés, vous n’aurez qu’à suivre la rue principale longue de deux cents mètres, qui concentre à elle seule l’essentiel de l’âme de la cité. Les maisons bourgeoises aux pignons colorés et aux toits en fossé typiques du style Inn-Salzach se succèdent, tandis que les boutiques de verre et les ateliers d’artisans s’ouvrent directement sur le trottoir, vous invitant à entrer voir les souffleurs de verre à l’œuvre. Cette promenade se fait sans effort et sans risque, le dénivelé étant quasi nul, ce qui en fait une excursion accessible à tous les âges.
Monter au château et au clocher
Pour saisir toute la beauté de Rattenberg, il faut prendre de la hauteur, et deux points de vue s’offrent à vous. D’un côté, les ruines du château sur le Schlossberg, accessibles par un court sentier pentu en une dizaine de minutes, offrent un panorama imprenable sur la ville et la vallée de l’Inn. Un ascenseur est même disponible pour les personnes à mobilité réduite depuis le Malerwinkel. De l’autre, le clocher du musée des Augustins, seul clocher accessible du Tyrol, promet une vue tout aussi spectaculaire sur les toits de la cité médiévale. En été, les jeux de montagne du Schlossberg animent même les lieux avec des représentations théâtrales en plein air.
S’immerger dans l’histoire et l’artisanat
Au-delà de la simple flânerie, Rattenberg regorge de petites pépites culturelles à découvrir. Le musée des Augustins abrite des trésors d’art religieux et sa tour offre cette vue imprenable qui en fait un incontournable. Les maisons des forgerons, parmi les plus anciennes de la ville, datant probablement du douzième siècle, accueillent aujourd’hui un petit musée de l’artisanat où l’on découvre l’histoire minière de la région, la vie de sainte Notburga et la navigation sur l’Inn. La verrerie Kisslinger, réputée depuis 1820, permet de voir à l’œuvre souffleurs, tailleurs et graveurs de verre, une expérience vivante qui fait la réputation de la “ville du verre”.
S’adapter au rythme des saisons
Rattenberg se visite idéalement en toutes saisons, l’été pour les longues journées de promenade et les représentations en plein air, l’hiver pour son marché de l’Avent authentique et féérique. La ville est facilement accessible en voiture par l’autoroute A12 (sortie Rattenberg) ou en train, avec une gare desservie régulièrement. Une fois sur place, prévoyez une demi-journée complète pour profiter de la flânerie dans la zone piétonne, des visites de musées, de la montée au château et d’une pause gourmande dans l’une des pâtisseries pour déguster l’apfelstrudel traditionnel.
Tyrol, la jolie cité médiévale de Rattenberg
Vendredi 7 juillet. Plouf ! Plouf ! À droite ou à gauche depuis le village de Kramsach, Rattenberg ou Alpach ? Allez zou, je file à gauche en direction de Rattenberg, réputé pour sa magnifique cité médiévale. D’ailleurs, à peine passé sous les portes de la vieille ville, une inscription rappelle la date de la fondation de la cité : 1393. Autant dire hier.
La place baroque, agrémentée de maisons bourgeoises aux tons pastels accueille les visiteurs… ou pas ! À cette heure encore matinale, il y a très peu de monde dans les rues. Du coup, je vais en profiter pour faire un petit tour de la ville.
En obliquant tout de suite à gauche, depuis la place principale, mes pas me conduisent naturellement vers l’église du village. Particularité de cette église, elle est à double nef : l’une pour les riches bourgeois, l’autre pour les pauvres.
Bein, je ne fais pas exprès, mais je rentre par l’église bourgeoise recouverte de marbre blanc de Kramsach, la carrière toute proche. Le décor baroque est flamboyant et magistral. On se doute que tous les bourgeois de la ville avaient placé là une bonne partie du fruit de leur commerce.
L’autel principal est surmonté d’une haute croix depuis laquelle Jésus domine l’assistance. Mais comment une aussi petite ville (la plus petite d’Autriche) a-t-elle pu élever ici une telle église ?
La réponse se trouve peut-être au plafond. La voûte de l’église témoigne de la foi de ses habitants.
À moins qu’on ne trouve la réponse dans ses superbes vitraux, véritablement exceptionnels, qui témoignent de la présence des meilleurs artisans verriers du pays présents dans le village.
Un peu plus tard dans la matinée, mes pas me ramèneront encore vers l’église paroissiale. Mais cette fois-ci, je pénétrerai par l’entrée des pauvres.
Cette minuscule entrée donne directement sur une chapelle creusée à même la roche. La simplicité. Et toujours le meilleur goût.
Rattenberg, la plus petite ville d’Autriche, se trouve entre la rivière de l’Inn et la Schlossberg.
Depuis les ruines de la forteresse qui couronne la Schlossberg, on domine toute la vallée de l’Inntal.
Pour y accéder, rien de plus simple, il suffit de suivre le chemin qui mène jusqu’à l’église, puis de la laisser sur main droite et grimper par le chemin indiqué « schloss ». Cinq minutes plus tard, me voilà au pied de la dernière tour conservée de l’ancienne forteresse de Schlossberg.
L’ensemble a été entièrement restauré et aménagé en terrasse. Un petit portail permet d’y accéder… Il suffit juste de la pousser. Depuis la terrasse, on a une vue imprenable sur toute la vallée de l’Inntal.
L’alignement des petites maisons bourgeoises du village apparaît. Tout comme le clocher de l’église.
Depuis le sommet de la forteresse, on croirait voir un petit village de poupées. Maisons parfaitement alignées qui suivent le contour de la rivière. Tons pastel des façades baroques.
À l’extrémité gauche, on peut voir la rivière de l’Inn former un coude puis s’enfoncer plus à l’est, dans le fond de la vallée, qui mène tout droit vers Kitzbuhel, la station de ski la plus réputée d’Autriche, et certainement l’une des plus connues au monde grâce à sa fameuse descente.
Les maisons bourgeoises épousent parfaitement le coude que fait la rivière. Au fond, on devine les sommets enneigés de la fameuse descente de Kitzbuhel.
La zone piétonne de Rattenberg date du Moyen Âge et est bordée de magnifiques maisons bourgeoises restaurées il y a peu.
Impossible de manquer ses nombreuses boutiques de verre. Grâce à elles, Rattengerg est aujourd’hui connue comme la Ville du verre.
Le Musée des Frères Augustins (Augustinermuseum) et ses objets d’art tyrolien, les maisons des cloutiers datant du XIIe siècle, l’église paroissiale ainsi que la soufflerie de verre Kisslinger, très célèbre, valent le détour.
Entre deux visites, on peut même s’offrir une halte à la pâtisserie Hacker. J’y achèterai même quelques petites douceurs pour ce soir, lorsque je serai revenu dans ma chambre d’hôtel.
En attendant, c’est à la terrasse d’un minuscule restaurant que j’irai déjeuner ce midi. Je laisse les grandes terrasses pour les autres touristes qui aiment se faire voir… et payer le prix fort.
Après le déjeuner, je fais un petit détour par la rivière de l’Inn que j’avais admirée depuis le sommet de la forteresse. Ses eaux de fonte chargées en sédiments lui donnent sa belle couleur turquoise.
Nouveaux petits détours par quelques autres rues transversales et latérales, puis je m’en vais regagner ma voiture. Direction l’autre ville des alpages : Alpach.