Forteresse de Bahla, un site riche d'histoire
Samedi 11 février. Temps ensoleillé et température très douce, les conditions sont idéales pour aller découvrir l’imposante forteresse de Bahla, classée au patrimoine mondial de l’humanité.
Le temps de trouver une place de parking (simple comme bonjour), et nous voilà au pied de la forteresse, comme tout droit surgie du sable du désert avec ses hautes murailles, ses fortins, ses tours et ses murs percés d’ouvertures.
Difficile d’imaginer une telle forteresse pour un Européen, pour un Français qui plus est à qui on rabâche toute l’année qu’elle possède les plus beaux châteaux du monde. Ce qui est faux bien entendu. Totalement faux. La preuve avec cette merveille de forteresse, fruit d’une ingénierie incroyable qui permettait de défendre efficacement la place forte.
L’oasis de Bahla doit sa prospérité aux Banu Nabhan, qui s’imposèrent aux autres communautés entre le XIIe siècle et la fin du XVe.
Leur puissance est attestée par les ruines de l’immense fort aux murailles et aux tours de brique crue et au soubassement de pierre, exemple remarquable de ce type de fortification.
Les ruines de l’immense fort de Bahla, avec ses murailles et ses tours en brique crue sur un soubassement de pierre, et la mosquée du vendredi adjacente, avec sa niche (mihrab) de prière artistiquement sculptée, dominent l’établissement environnant en brique crue et la palmeraie.
Le fort et l’établissement humain, oasis entourée d’un rempart dans le désert omanais, dut sa prospérité à la tribu des Banu Nabhan (Nabahina) qui dominèrent la région centrale d’Oman et firent de Bahla leur capitale du XIIe siècle jusqu’à la fin du XVe.
À partir de là, ils établirent des relations avec les autres tribus de l’intérieur.
Bahla fut le centre de l’Ibadisme (une des branches de l’Islam) sur lequel se fondèrent les anciens imamates omanais et dont l’influence se retrouve à travers l’Arabie, l’Afrique et au-delà.
L’imposante muraille avec son chemin de ronde et ses tours de guet renferment le labyrinthe d’habitations en brique crue et de terres de culture à plusieurs entrées.
L’oasis est irriguée par le falaj, système de puits et de canaux souterrains amenant les eaux souterraines de sources distantes, et par la gestion des flux d’eau saisonniers.
Bahla offre un éminent exemple de place fortifiée oasienne de l’époque médiévale islamique, illustrant le savoir-faire des premiers habitants pour utiliser l’eau à des fins agricoles et domestiques.
Le fort dans le style antérieur à la poudre à canon, avec ses tours arrondies et ses parapets crénelés, ainsi que le sur périphérique construit en pierre et en brique crue, démontre le statut et l’influence de l’élite dirigeante.
Les vestiges de lotissements familiaux en brique crue avec leurs maisons vernaculaires traditionnelles (harats) comprenant al-Aqr, al-Ghuzeili, al-Hawulya et les mosquées associées, les salles d’audience (sablas), les thermes, ainsi que les demeures des gardiens du fort (askari), évoquent un modèle d’établissement humain distinct lié à l’emplacement du falaj.
L’importance de l’implantation est mise en valeur par la mosquée du Vendredi avec son mihrab richement décoré et les vestiges du vieux marché (souk) à demi couvert, comprenant un ensemble d’échoppes à un étage ouvertes sur des allées étroites, le tout enclos derrière un rempart extérieur.
L’emplacement du souk en facilitait la surveillance depuis le fort dressé sur son escarpement rocheux voisin.
Les vestiges de portes, étagères et maillages de fenêtres en bois sculpté et artistiquement incisé témoignent d’une tradition artisanale riche et prospère.
Le fort et l’établissement oasien de Bahla avec sa fortification offrent un exemple éminent d’un type d’ensemble architectural défensif qui a permis aux tribus dominantes d’obtenir la prospérité à Oman et dans la Péninsule arabique à la fin de l’époque médiévale.
Le fort de Bahla et la mosquée du Vendredi voisine sont indissociables de la petite ville oasienne qui l’entoure et la délimitation suit donc le tracé de la muraille qui renferme l’ensemble de l’établissement oasien.
Les principales composantes de l’ensemble architectural de Bahla ont perduré et forment à la fois un établissement oasien historique intégral fortifié, quasiment complet, et un important complexe défensif.
Comprenant essentiellement des structures en terre, elles sont cependant vulnérables à la dégradation et au mauvais drainage du site et, dans le cas du souk, sont vulnérables à une reconstruction dans des matériaux modernes.
Le système du falaj et le cours d’eau dont dépend le village, tout comme les routes historiques le reliant aux autres villes de l’intérieur, s’étendent bien au-delà de son périmètre.
Malgré un certain développement urbain à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, Bahla demeure un lieu proéminent dans le paysage désertique.
Sa proéminence continue dans le paysage et les perspectives visuelles sont vulnérables aux impératifs du développement communautaire et du tourisme.
Le maintien du rôle de surveillance du fort face au souq, du village alentour et des voies d’accès dépendront de même d’une gestion attentive du développement à l’intérieur du bien.
Au moment de l’inscription au titre des monuments inscrits au patrimoine mondial de l’humanité, le fort était délabré et se détériorait rapidement après chaque saison des pluies.
Il a été mis sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 1988. Des travaux de consolidation de certaines sections du fort, comme Bayt al-Jabal, le hall d’entrée (sabah) et les murailles nord-ouest et sud-ouest dont les matériaux sont inappropriés, ont été exécutés au début des années 1990 et une salle d’audience (sabla) dans la cour a été démolie en 1992.
À partir de 1995, suivant une formation et des conseils sur les structures en terre, la conservation utilisant uniquement des matériaux à base de terre a été appliquée pour le drainage de la cour, les nouvelles toitures et la consolidation de murailles et de tours qui s’effondraient, y compris sur la citadelle (qasaba), la cour de la mosquée, Bayt al-Jabal, Bayt al-Hadith et les écuries, et l’application d’enduits sur le haut des murailles en ruine pour arrêter l’effondrement de la structure.
La sabla a été reconstruite en 1999 dans la cour du fort. Des archives détaillées ont été conservées sur les travaux exécutés et une documentation complète du fort a été réalisée depuis avec une étude photogrammétrique.
On peut dire que la forme, la conception et les matériaux qui confèrent la Valeur universelle exceptionnelle du bien ont largement gardé leur authenticité. Le bien a été retiré de la Liste du patrimoine mondial en péril en 2004.
L’authenticité du site est vulnérable à l’abandon des maisons vernaculaires traditionnelles à l’intérieur des harats.
Le souq est également vulnérable à l’absence de conservation et d’entretien et aux changements de matériaux et de méthodes de construction.
Le bien que constitue le fort de Bahla et son oasis est protégé sur le plan administratif et juridique par la loi omanaise pour la protection du patrimoine national (1980).
Le fort et ses environs sont placés sous le contrôle du Ministère du patrimoine et de la culture à Mascate, qui a un bureau régional dans la région de Dakhliyeh et un bureau local à Bahla.
Le plan reconnaît aussi l’importance de conserver le site dans son intégralité et la nécessité de gérer les utilisations et le développement modernes afin de préserver l’intégrité de l’ensemble architectural et sa proéminence.
Plusieurs des actions définies dans le plan de gestion ont été avancées et mises en œuvre, comme la conservation de la mosquée du Vendredi, la qasaba, le sur et les voies d’accès, l’élaboration de recommandations pour la réhabilitation des harats, la déviation de la circulation à travers le bien, l’électrification du fort et l’installation d’un musée de site à Bayt al-Hadith dans l’enceinte du fort.
La ville de Bahla est l’une des plus anciennes cités du sultanat, dont les origines remontent sans doute au troisième millénaire av. J.-C.
Elle était autrefois entourée d’une muraille de plus de 12 km percée de 7 portes, dont plusieurs vestiges subsistent aujourd’hui.
Elle est surtout connue pour son fort, l’un des plus anciens et le plus imposant du pays, classé, avec l’ensemble de la vieille ville, au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1987.
Le fort de Bahla, qui a bénéficié de 24 ans de rénovation, est le plus imposant du pays.
Ses façades sud, est et nord-ouest mesurent respectivement 112,5 m, 114 m et 135 m de long.
En surplomb du village, l’édifice se compose de plusieurs sections. La partie la plus ancienne et la plus monumentale, Al Qasaba, à l’angle sud-oriental, est une entité à part entière, séparée du reste et dotée de sa propre entrée.
Elle compte 3 tours, la plus vieille porte de la citadelle et 5 étages de salles multiples dont une enfilade de 3 majilis aux plafonds très hauts absolument majestueux.
Le reste de l’espace est occupé par une vaste cour qui dessert plusieurs ensembles de constructions avec leurs puits, leurs lieux de prière, leurs tours, leurs murs défensifs, leurs innombrables pièces et leurs espaces anciennement réservés au service public : Bait al-Jabal édifiée au XVIIIe siècle, Bait al-Hadeeth ajouté au milieu du XIXe siècle, et Bait al-Qaed.
S’il a bénéficié d’une rénovation magistrale, le fort, véritable Chambord du Moyen-Orient, est à ce jour complètement vide (pas de meubles, ni tapis, ni objets…) et ne compte quasiment pas de panneaux explicatifs.
Qu’à cela ne tienne, car le tout est impressionnant de gigantisme et c’est un plaisir étourdissant que de se laisser happer par le dédale des plateformes en demi-niveaux, escaliers, cours, pièces de toutes tailles, puits, niches, alcôves, et tout l’arsenal d’un bâtiment défensif traditionnel – chemin de ronde, tours de guet, remparts, meurtrières… sans oublier les toits multiples comme autant de perspectives sur cette construction majeure et l’oasis qui l’entoure.
La citadelle dut sa prospérité à la tribu des Banu Nabhan qui dominèrent la région centrale d’Oman et firent de Bahla leur capitale du XIIe siècle jusqu’à la fin du XVe siècle.
À partir de là, ils établirent des relations avec les autres tribus de l’intérieur.
Bahla fut notamment le centre de l’Ibadisme (la religion d’Etat) sur lequel se fondèrent les anciens imamates omanais et dont l’influence se retrouve à travers l’Arabie, l’Afrique et au-delà.
Fièrement dressé au cœur de son oasis, entouré de plantations irriguées par le système du falaj, le bâtiment offre un éminent exemple de place fortifiée oasienne de l’époque médiévale islamique, et illustre le savoir-faire des premiers habitants pour utiliser l’eau à des fins agricoles et domestiques.
Avec ses tours arrondies, ses parapets crénelés et son imposante muraille (sur) périphérique, la citadelle atteste du statut et de l’influence de l’élite dirigeante qui l’occupait.
Les vestiges de lotissements familiaux en brique crue avec leurs maisons vernaculaires traditionnelles (harat) et mosquées associées, les salles d’audience (sabla), les thermes, ainsi que les demeures des gardiens du fort (askari), évoquent un modèle d’établissement humain lié à l’emplacement du falaj.
L’importance de l’implantation est aussi mise en valeur, à toute proche distance, par la très ancienne mosquée du Vendredi et son mihrab richement décoré et par les vestiges du vieux marché (souk) à demi couvert, comprenant un ensemble d’échoppes à un étage, ouvertes sur des allées étroites, le tout enclos derrière un rempart extérieur.
L’emplacement du souk en facilitait la surveillance depuis le fort dressé sur son escarpement rocheux.
Les vestiges de portes, étagères et maillages de fenêtres en bois sculpté et artistiquement incisé témoignent d’une tradition artisanale riche et prospère.
Le fort de Bahla remonte à la fin du Moyen Âge et était le fief d’une tribu qui contrôlait cette région et le commerce de l’encens.
Le fort et son oasis (avec des palmiers dattiers, des maisons anciennes et une mosquée, qui se trouvent également dans la zone centrale) sont entourés d’un mur de 12 km de long. À Oman, qui est densément couvert de forteresses, on dit que c’est l’un des plus grands et des plus anciens.
L’histoire raconte que les Omanais ont reconstruit des parties de la forteresse selon leurs propres idées car il ne restait plus de dessins ou de photographies de l’ensemble de la structure.
Six ans après sa réouverture, aucune exposition, étiquette ou panneau d’information n’a encore été ajouté au fort.
On pense que le fort a été construit entre le XIIe et le XVe siècle par la tribu Banu Nebhan qui habitait la région à l’époque et était connue pour contrôler le commerce de l’encens à l’époque.
Dans le cadre du complexe, il y a aussi une oasis de citadelle adjacente au fort et un ancien mur s’étendant sur 13 kilomètres dont une partie est encore debout.
La majorité de l’oasis est en ruines, mais la structure et certaines maisons sont toujours debout.
Comme le fort a été construit avec des briques faites de boue et de paille, l’érosion a endommagé la structure jusqu’à ce que des efforts de réhabilitation soient lancés. De nombreuses légendes entourent le château.
Il y a trois parties principales à l’intérieur du fort. La partie la plus ancienne du fort est Al-Qasabah. Bait al-Hadith, ou nouvelle maison, a été construite par la dynastie Ya’riba (1624-1743). Bait Al-Jabal a été érigé au XVIIIe siècle.
La tentative de préservation en 1995 s’est avérée être une rénovation et non une restauration, car le but de la rénovation était de donner au fort un aspect neuf.
Cette rénovation a commencé sans relevés archéologiques, topographiques, architecturaux ou techniques préalables.
Le bâtiment d’origine était en brique crue, en mortier et en plâtre.
La restauration a utilisé de manière injustifiée de la pierre et du ciment pour couvrir les murs si sévèrement que les murs d’origine ne pouvaient pas du tout être vus.
L’irrigation est un problème, car il n’y a pas eu d’efforts récents pour conserver ce système.
Des parties de l’ancien mur entourant le fort ont été détruites ou modifiées en raison de la construction de bâtiments à proximité.
En dehors du fort, le village lui-même vaut le détour, notamment pour son souk où se négocient bestiaux, épices, bijoux, tapis, kandjars (de grande qualité ici).
Cet espace marchand animé est agencé autour d’une place et de son jujubier centenaire, à l’ombre duquel les hommes aiment à palabrer.
L’arbre protégerait la ville des mauvais esprits, les djinns… Allez savoir !
En traversant le souk et en suivant une ruelle qui monte vers les vieux quartiers, on parvient au secteur des potiers, qui font la réputation de Bahla depuis toujours en raison de la qualité de l’argile présente dans les environs proches.
Il reste quelques échoppes où sont à observer les artisans, des hommes exclusivement, en plein travail, parfois encore sur des tours manuels.
C’est ici que l’on fabrique deux des pots les plus utilisés à Oman : celui à haut col pour stocker les dattes et celui à fond rond avec corde accrochée au goulot pour conserver de l’eau.
Après avoir touché le premier des deux jujubiers sacrés du village, nous allons au hasard des rues du vieux souk.
Les maisons faites en adobe se dressent de chaque côté des rues étroites.
Deux artères principales permettent de se promener le long des alignements de boutiques artisanales, mais à l’heure où nous nous y sommes rendus, la plupart étaient encore fermées.
Au détour d’une rue, il est fréquent de voir un commerçant assis au milieu de la rue à prendre la fraîcheur de l’ombre des rues étroites.
Certaines de ces rues ont d’ailleurs été récemment rénovées elles aussi offrant des devantures impeccables et des portes en bois entièrement restaurées.
C’est ici que nous allons nous promener en priorité afin de profiter de la fraîcheur des ruelles ombragées.
En relevant la tête, on voit pour la première fois des poutres faites de troncs de dattiers. C’est la première fois que je peux voir une chose pareille.
C’est en observant ces rues désertes que je me dis que nous avons bien de la chance de venir à Oman, à peine quelques semaines après que le pays se soit rouvert au tourisme après la crise du Covid.
Des escaliers, des portes décorées et des murs dans un labyrinthe entrelacé définissent l’extérieur du fort de Bahla.
Abritant les créations traditionnelles en poterie, les artefacts en cuivre et les lames en argent, le fort abrite des marchés dédiés à proximité dans le vieux souk.
Les anciennes méthodes de poterie en argile sont encore pratiquées par les artisans dans la fabrication d’ustensiles et d’objets décoratifs.
Bien que le métier se meure chaque jour qui passe, les artistes s’efforcent de transmettre le métier à leurs générations futures.
Le Moyen-Orient, connu pour ses délices et ses saveurs, on peut facilement repérer des vendeurs vendant des dattes et des épices aux touristes.
Pas très loin, il y a un endroit près d’un vieil arbre au milieu de la place du souk, où le bétail est vendu aux enchères chaque semaine, semblable à une petite foire aux bestiaux.
Si l’artisanat de la poterie existe depuis des siècles à Oman, comme en témoignent les différents forts et musées du pays où sont exposés jarres, pots, brûle-parfum, etc., les ateliers traditionnels n’existent quasiment plus.
Celui de la famille al-Adwi est l’un des plus authentiques, riche d’un savoir-faire qui se transmet de père en fils depuis plusieurs générations.
L’ensemble couvre 1.200 m² et abrite aussi une petite salle où sont exposés des outils anciens et des argiles.