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Garni, coucher de soleil sur les gorges de la rivière Azat

Garni, coucher de soleil sur les gorges de la rivière Azat

Mercredi 8 octobre. Pour ces derniers moments en Arménie, je souhaite profiter une dernière fois de l’extraordinaire coucher de soleil sur les gorges de la rivières Azat que l’on peut admirer à proximité du temple de Garni.

Depuis cet emplacement, à deux pas du temple, la vue est carrément géniale, et permet d’englober du regard une grande partie de ces gorges.

Franchement, un moment de pure magie, d’une très grande beauté, et à coup sûr, un des plus beaux couchers de soleil auquel j’ai pu assister tout le long de mon tour du monde.

Un petit mot rapide sur ces gorges. Façonné au fil des millénaires par la puissance de la rivière Azat, ce canyon spectaculaire s’étire au cœur de la province de Kotayk, à seulement quelques dizaines de kilomètres à l’est d’Erevan.

Le site est un paradis pour les géologues et les amoureux de la nature, caractérisé par d’immenses falaises abruptes aux teintes sombres et ocre qui plongent de manière vertigineuse dans le lit du cours d’eau.

La valeur universelle exceptionnelle de cette région, qui mêle une nature sauvage à un patrimoine architectural d’une richesse inouïe, a été officiellement reconnue à l’échelle mondiale avec l’inscription de la haute vallée de l’Azat au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Sur le plan géologique, les gorges sont le résultat d’une histoire où le feu des volcans a rencontré la force de l’eau.

Il y a des centaines de milliers d’années, les éruptions massives de la chaîne montagneuse de Guégham ont déversé d’immenses coulées de lave basaltique dans la vallée.

L’érosion continue provoquée par la rivière Azat et les vents de montagne continue de sculpter ces parois minérales, mettant à nu des formations rocheuses uniques qui rappellent la fragilité et la puissance du temps géologique.

Ces gorges de l’Azat ont servi de refuge et de foyer spirituel pour le peuple arménien depuis les premiers siècles du christianisme.

Le canyon abrite en effet le complexe monastique de Geghard, un chef-d’œuvre de l’architecture médiévale arménienne en partie troglodyte, dont les églises et les chapelles ont été directement taillées à même la roche de la falaise.

Les falaises des gorges sont également truffées de dizaines de grottes naturelles et de cellules d’ermites, qui offraient aux moines un isolement total propice à la prière, mais aussi une protection naturelle contre les invasions étrangères.

Aujourd’hui, un réseau de sentiers pédestres permet aux visiteurs de descendre au fond du canyon pour border les eaux fraîches de la rivière, traverser des ponts médiévaux en pierre comme celui de Garni (datant du XIe siècle) et s’immerger dans une végétation luxuriante qui contraste avec l’aridité des plateaux supérieurs.

Les vergers locaux de grenadiers et de noyers s’épanouissent dans le microclimat de la vallée, offrant un cadre bucolique aux marcheurs.

Qu’on les observe depuis les hauteurs du temple de Garni ou qu’on les parcoure à pied au rythme du murmure de l’eau, les gorges offrent une expérience sensorielle totale, mêlant la fraîcheur de l’eau, la rudesse de la roche noire et le poids d’une histoire millénaire.

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