Pourquoi visiter Munich ?
Comment visiter Munich ?
Munich, balade à pied vers le centre historique
Mercredi 29 juillet. Sur le chemin du retour, après mon long périple dans les Balkans, je vais faire une halte à Munich pour découvrir la capitale bavaroise. Je serais tenté de dire enfin ! Car cela fait des années que je rêvais de visiter cette ville dont l’emprise culturelle est tellement forte en Allemagne.
Le temps de garer ma voiture à proximité du centre historique et me voici déjà prêt à arpenter ce quartier emblématique de Munich. Pour cela, je remonte la fameuse rue Sendlinger qui mène directement à Marienplatz.
Située dans le quartier central d’Altstadt-Lehel, elle s’étend sur plusieurs centaines de mètres pour relier la place centrale de la Marienplatz (au nord) à la porte médiévale historique de la Sendlinger Tor (au sud).
Le joyau absolu de la rue est l’Asamkirche (église d’Asam) ainsi que l’Asamhaus adjacente, construites au XVIIIe siècle.
Du coup, mon premier stop sera pour cette magnifique église Asamkirche qui est un chef-d’œuvre absolu de l’art baroque tardif et du rococo d’Allemagne du Sud.
Érigée entre 1733 et 1746 au cœur de Munich, sur la Sendlinger Straße, elle surprend immédiatement par son intégration urbaine.
Coincée de manière presque insolite sur une parcelle étroite de seulement 22 mètres sur 8, sa façade théâtrale à deux étages s’aligne parfaitement avec les habitations bourgeoises voisines, notamment l’Asamhaus, la demeure attenante de ses créateurs
Cette église est née d’une initiative purement privée, sans aucun commanditaire extérieur. Ce sont les frères Asam — Cosmas Damian, peintre de fresques émérite, et Egid Quirin, sculpteur et stucateur de génie — qui l’ont financée et bâtie sur leurs propres fonds pour assurer le salut de leur âme et glorifier Dieu.
Pensée à l’origine comme une chapelle privée exclusive, elle suscita une telle ferveur et une telle pression de la part des habitants de Munich que les deux artistes furent contraints, non sans réticence, d’en ouvrir les portes au public.
Egid Quirin avait même fait percer une petite fenêtre dans sa maison voisine afin de pouvoir contempler le maître-autel directement depuis son salon.
Passé le grand portail en bois, l’intérieur de l’édifice saisit le visiteur par son opulence « maximaliste », où le stuc, les dorures, le marbre et les fresques s’accumulent dans une incroyable densité.
Les frères Asam ont conçu l’espace selon une progression théologique verticale de la lumière, divisée en trois niveaux distincts. La partie inférieure, où s’asseyent les fidèles, est volontairement maintenue dans une pénombre relative pour symboliser les souffrances et les ténèbres du monde terrestre.
La section intermédiaire, baignée de nuances blanches et bleues, était historiquement dédiée à l’Empereur, illustrant la hiérarchie sociale.
Enfin, le niveau supérieur, inondé d’une lumière céleste éclatante, abrite une immense fresque au plafond peinte par Cosmas Damian, illustrant la vie et le martyre de saint Jean Népomucène.
Malgré ses dimensions très réduites, l’église remplit pleinement son rôle de sanctuaire et de confessionnal. Son chœur abrite un maître-autel encadré de quatre colonnes torsadées torses inspirées de celles du Vatican, surmonté d’un groupe sculpté représentant la Trinité.
Des détails baroques saisissants, comme des angelots musiciens ou des squelettes de marbre rappelant la vanité humaine, ponctuent l’espace.
Aujourd’hui encore, ce joyau architectural géré par la ville demeure un lieu de culte actif où sont régulièrement célébrées des messes, accessible gratuitement à tous les amoureux d’art sacré de passage en Bavière
En sortant de l’église, impossible de passer à côté du magasin Hirmer connu pour être le plus grand magasin de mode exclusivement masculine au monde.
Le magasin s’intègre profondément dans le patrimoine historique et architectural de Munich. Surnommé la maison « Zum Schönen Turm » (À la Belle Tour), le superbe bâtiment de style néo-baroque qui abrite l’enseigne a été érigé sur l’emplacement exact d’une ancienne tour de guet médiévale de la première fortification de la ville, démolie au début du XIXe siècle.
Pour ancrer cette mémoire dans le présent, la forme au sol de cette ancienne tour a été fidèlement matérialisée par des pavés de couleur contrastée juste devant l’entrée principale du magasin.
De plus, la façade extérieure de Hirmer est célèbre pour ses magnifiques jardinières de géraniums rouges qui fleurissent abondamment à chaque saison estivale, faisant de cet édifice l’un des arrière-plans photographiques les plus photographiés et les plus emblématiques du centre-ville munichois.