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Ston, la gardienne du sel et sa muraille fortifiée

Pourquoi visiter Ston ?

La plus longue muraille fortifiée d’Europe
 
Ston est mondialement célèbre pour sa muraille défensive spectaculaire, souvent surnommée la « Muraille de Chine européenne ». Construite au XIVe siècle par la République de Raguse (l’ancienne Dubrovnik) pour protéger la région, cette fortification relie la ville de Ston à celle de Mali Ston sur près de 5,5 kilomètres. Aujourd’hui, les voyageurs peuvent grimper et marcher le long de ces remparts escarpés qui épousent les courbes de la montagne, offrant des points de vue vertigineux et absolument uniques sur toute la vallée et la mer.
 
Des salines millénaires uniques au monde
 
La richesse historique de la ville repose sur ses salines de Ston, les plus anciennes d’Europe encore en activité. Depuis l’Antiquité et l’époque romaine, le sel y est récolté à la main selon des méthodes traditionnelles inchangées. Au Moyen Âge, cet « or blanc » représentait la plus grande source de richesse pour la région de Dubrovnik. Visiter ces grands bassins géométriques permet de comprendre l’importance stratégique de Ston à travers les siècles et d’admirer un paysage industriel historique parfaitement préservé.
 
Le paradis des amateurs d’huîtres et de fruits de mer
 
À seulement quelques minutes, le village jumeau de Mali Ston est considéré comme la capitale de la conchyliculture en Croatie. Les eaux de la baie, exceptionnellement pures et riches en nutriments, sont idéales pour l’élevage des huîtres plates de Ston, réputées pour leur saveur iodée unique et leur finesse. Les amateurs de gastronomie s’y arrêtent pour déguster ces mollusques ultra-frais, tout juste sortis de l’eau, accompagnés de moules locales et de poissons grillés dans les tavernes traditionnelles du port.
 
La porte d’entrée des grands vignobles de Pelješac
 
Ston marque le début de la péninsule de Pelješac, une région viticole de premier plan réputée pour ses paysages sauvages et ses collines abruptes plongeant dans l’Adriatique. La ville constitue le point de départ idéal pour explorer les domaines viticoles environnants qui produisent certains des meilleurs vins rouges de Croatie, notamment issus du cépage Plavac Mali. S’arrêter à Ston permet ainsi de combiner une visite culturelle avec une escapade œnologique, loin du tumulte des grandes stations balnéaires de la côte dalmate.
 

Comment visiter Ston ?

Choisir le bon moyen de transport depuis les grandes villes
 
Ston est située à l’entrée de la péninsule de Pelješac, à environ 55 kilomètres au nord-ouest de Dubrovnik et 120 kilomètres de Split. Le moyen le plus flexible pour s’y rendre est la voiture de location, ce qui vous permettra de rouler le long de la route côtière D8 et de stationner facilement dans les grands parkings payants aux abords de la vieille ville. Si vous ne conduisez pas, plusieurs lignes de bus locaux relient quotidiennement Dubrovnik à Ston, et de nombreuses agences proposent des excursions organisées à la journée combinant Ston et la dégustation de vin sur la péninsule.
 
Planifier l’ascension de la muraille avec le bon équipement
 
Pour parcourir les remparts reliant Ston à Mali Ston, une bonne préparation physique et un équipement adapté sont indispensables. Privilégiez des chaussures de marche ou des baskets offrant une bonne adhérence, car les marches en pierre peuvent être glissantes et la pente est parfois très raide. L’ascension complète prend entre 45 minutes et 1h30 selon votre rythme. Évitez absolument les heures les plus chaudes de la journée (entre 11h et 16h en été), car le soleil tape fort sur la pierre et il n’y a aucune zone d’ombre le long du parcours. N’oubliez pas d’emporter une grande bouteille d’eau.
 
Combiner la visite avec la découverte des salines et de Mali Ston
 
Une visite réussie de Ston s’organise autour d’un circuit logique entre terre et mer. Commencez par explorer le centre historique de Ston, construit selon un plan quadrillé médiéval très photogénique, puis dirigez-vous vers les salines millénaires situées juste à côté pour observer les bassins de récolte du sel. Ensuite, attaquez la muraille en direction du village de Mali Ston. Ce petit port de pêche, situé de l’autre côté de l’isthme, est l’endroit parfait pour terminer votre matinée ou votre après-midi en récompensant vos efforts autour d’un plateau d’huîtres ultra-frais.
 
Optimiser son temps de visite et le coût des billets
 
Consacrer une demi-journée à Ston (environ 3 à 4 heures) est généralement suffisant pour voir l’essentiel sans vous presser. L’accès aux murailles est payant (l’achat du billet se fait directement aux guichets d’entrée de Ston ou de Mali Ston), et ce ticket inclut parfois l’accès à d’autres forteresses locales. Si vous possédez la Dubrovnik Pass, vérifiez les conditions de votre formule, car l’entrée à la muraille de Ston y est souvent incluse. Pour prolonger l’expérience, vous pouvez facilement combiner cette étape avec une fin d’après-midi sur la plage de Prapratno, située à seulement 4 kilomètres de là.

Ston, la gardienne du sel et sa muraille fortifiée

Lundi 27 juillet. C’est par le plus heureux des hasards que je vais visiter aujourd’hui le petit village de Ston, et ce, pour la bonne et simple raison que tous les logements à Dubrovnik sont soit complets, soit horriblement hors de prix.

Située à une petite heure de son aînée, la petite cité de Ston est donc non seulement sur ma route du retour vers la France, mais abrite un petit Airbnb qui va pouvoir me permettre de me reposer et de jouir d’une vue privilégiée sur les salines qui font sa réputation.

Et après avoir profité d’un beau coucher de soleil sur ses salines et passé une bonne nuit réparatrice, je vais de bon matin, sur la route de Split, m’arrêter quelques minutes pour faire un rapide tour de la ville.

Le monument le plus spectaculaire de Ston est sans conteste sa gigantesque muraille fortifiée. Érigée dès le XIVe siècle par des architectes de renom (dont Michelozzo et le maître croate Juraj Dalmatinac), cette muraille relie Ston à la ville voisine de Mali Ston (« Petit Ston »).

Ses remparts s’étirent à l’origine sur plus de 7 kilomètres. Il subsiste aujourd’hui 5,5 kilomètres de murs praticables, flanqués d’une vingtaine de tours et de forteresses massives comme le fort Veliki Kaštio.

À l’abri des murs, le centre historique de Ston a été entièrement planifié au XIVe siècle selon un plan orthogonal parfait (inspiré de Dubrovnik), abritant le Palais du Recteur, des monastères franciscains et la cathédrale Saint-Blaise.

Au pied des remparts s’étendent les Salines de Ston (Solana), considérées comme les plus anciennes d’Europe et les mieux préservées de Méditerranée. En activité constante depuis plus de 2.000 ans, le sel y est aujourd’hui récolté exactement de la même manière qu’au Moyen Âge, en utilisant uniquement la mer, la force du soleil et du vent. Chaque été, les bassins en pierre se parent de reflets cristallins pour donner vie à la fameuse « fleur de sel » locale.

L’héritage de Ston se savoure également dans l’assiette. La baie abritée de Mali Ston possède des eaux d’une pureté exceptionnelle, nourries par des résurgences d’eau douce. C’est ici que sont élevées les huîtres de Mali Ston (Ostrea edulis), cultivées depuis l’époque romaine et réputées auprès des gastronomes pour leur goût subtil et iodé.

Pour clore un repas, la tradition locale impose de goûter au surprenant gâteau de Ston (Stonska torta), une recette héritée du temps des tsars locaux, composée d’une farce sucrée au chocolat, noix, cannelle… et de pennes (macaronis) enrobées de pâte.

Quant à l’histoire de Ston, elle est intimement liée à sa position stratégique sur un isthme étroit. Si l’occupation humaine remonte à la Préhistoire, ce sont les Romains qui baptisent le lieu Stagnum (« eau stagnante ») en raison de ses marais salants.

Le tournant majeur survient en 1333, lorsque Ston est rachetée par la puissante République de Raguse (Dubrovnik). Pour Dubrovnik, Ston devient immédiatement une colonie vitale : ses salines produisent du sel, surnommé « l’or blanc », qui génère jusqu’à un tiers des revenus de la République. Pour protéger cette immense richesse des convoitises de l’Empire ottoman et de Venise, Raguse lance alors l’un des plus grands chantiers militaires d’Europe.

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