Wadi Bani Khalid, un petit bain dans les piscines naturelles
Lundi 13 février. Après notre inoubliable nuit dans le désert de Sharqiya, au cœur du Wahabi Sands, nous mettons le cap au sud pour goûter aux délices des grandes oasis du désert omanais.
Et nous commençons bien évidemment par la plus belle, et sans doute la plus populaire, Wadi Bani Khalid.
Imaginez une vaste piscine naturelle qui se divise en plusieurs petits bassins ombragés par de magnifiques palmiers dattiers, puis qui glisse lentement entre les parois rocheuses du désert omanais pour former une étroite gorge qui taille la montagne sur plusieurs centaines de mètres : vous voici au Wadi Bani Khalid.
Difficile d’éviter les superlatifs pour décrire cet endroit tout à fait irréel qui fait la joie, non seulement de tous les touristes de passage, mais d’une grande partie des Omanais, qui aiment passer là une partie du week-end en famille.
Et pour cause ! L’endroit est tout à fait magnifique. Pour y accéder, il faut tout d’abord trouver une place de parking le long de la route d’accès, puis remonter à pied la rivière qui mène jusqu’au wadi.
Là, c’est le choc : des centaines et des centaines de palmiers se dressent sur l’horizon, entourant les eaux bleues et translucides des multiples bassins qui constituent le Wadi Bani Khalid.
Une longue promenade serpente autour du bassin principal, puis on accède au deuxième bassin, et enfin au canyon qu’il faut remonter à la nage pour se rendre jusqu’à l’extrémité du wadi.
C’est d’ailleurs ce que va faire mon frère, tandis que je vais le suivre, à pied, le long de la corniche qui encadre le canyon.
L’oued présente une série de piscines naturelles aux eaux claires et turquoises formées par des sources naturelles. Ces piscines offrent une évasion rafraîchissante de la chaleur du désert.
Wadi Bani Khalid est l’un des oueds les plus connus du Sultanat d’Oman. Son ruisseau maintient un débit d’eau constant tout au long de l’année.
De grandes flaques d’eau et des rochers sont disséminés le long du cours de l’oued.
En tant que zone géographique, l’oued couvre une large bande de plaine et les monts Hajar.
Kuhuf forme certaines des caractéristiques de cet oued. Ceux-ci incluent Kahf Maqal qui a été décrit comme une « chambre souterraine » du sultanat d’Oman, ou l’akthar de 4.000 grottes.
Les Aflaj (canaux souterrains) sont également courants dans cet oued, notamment Ain amudah et Ain Dawwah.
Les premiers habitants de la région de Wadi Bani Khalid étaient les tribus bédouines, dont le mode de vie traditionnel était différent de celui de la vie nomade.
Depuis lors, l’oued est devenu une attraction touristique, pour ses magnifiques paysages désertiques et ses sources naturelles d’un turquoise profond.
Un village suspendu aux pentes brûlantes, noyé dans les palmes vertes, forme ici une des plus saisissantes cartes postales d’Oman.
La facilité d’accès par la route goudronnée, le parking aménagé, le coffee-shop touristique, les piscines naturelles que traversent des passerelles modernes et sécurisées, tous ces aménagements font de ce wadi une destination majeure pour les familles omanaises et les voyageurs.
De là, les plus courageux entreprendront un sentier de grande randonnée qui conduira les marcheurs à traverser la chaîne en 14 heures.
Par contre, on peut mettre beaucoup moins de temps pour arpenter les grandes roches ou plonger dans l’eau verte du wadi comme le fait mon frère.
Le mieux est de se rendre au wadi en semaine, quand il y a moins de monde et que la plupart des familles sont restées à Mascate. Tout est alors plus tranquille et ce parc aquatique offert par la nature et relifté par l’homme devient une excursion incontournable.
Pour profiter de ce petit paradis, il ne faut pas oublier sa serviette et une tenue de bain, qui pour les dames doit être couvrante comme le rappellent les affiches placardées un peu partout sur le site.
Entre le parking et les piscines, se glisse un sentier de chèvres long d’environ 800 mètres.
Il ne faut pas hésiter à s’éloigner un peu du sentier pour s’approcher au plus près du cours du wadi qui s’écoule paisiblement le long du chemin.
Passée les deux premières piscines naturelles autour desquelles sont aménagés plusieurs sentiers (on y trouve même un restaurant), la gorge se resserre pour former un canyon assez vertigineux.
C’est là que mon frère va nager pour s’élancer ensuite à travers le goulot de la gorge, tandis que je vais le suivre en crapahutant sur la falaise (le sentier est assez éprouvant, pensez à de bonnes chaussures de marche qui ne glissent pas, ne faites pas comme moi !).
Après le passage parfois délicat de plusieurs gros blocs de calcaire et la traversée de plusieurs bassins dont le niveau d’eau varie selon les saisons, on arrive à une grotte très étroite au bout de 1 km – Muqal Cave.
Celle-ci se tient à mi-hauteur de la paroi. A la suite d’un couloir étroit qui exige de ramper, elle s’ouvre sur une vaste cavité sombre, prolongée de voûtes et de galeries.
La combinaison de rochers uniques, de piscines d’un bleu cristallin et de belles chutes d’eau dans l’oued, et bien sûr le manque de foule, en font un oued fantastique à visiter et à explorer.
Bien que les rochers soient glissants, il faut compter une bonne vingtaine de minutes pour atteindre la grotte de Muqil.
Ici, vous devrez vraiment vous accroupir (et vous agenouiller parfois) pour passer, et vous aurez également besoin de votre lampe de poche.
Il existe un sentier de randonnée bien connu (appelé E35) balisé par les drapeaux jaunes, verts et rouges familiers qui relie Wadi Tiwi à Wadi Bani Khalid. Il s’agit d’une randonnée sérieuse de plusieurs jours qui, je crois, couvre plus de 50 km.
Très célèbre, notamment en raison de sa beauté naturelle, Wadi Bani Khalid s’affiche comme une destination à part entière dans votre voyage à travers Oman.
Y nager s’avère être un pur moment de bonheur… à condition de s’éloigner un peu de la cohue qui règne aux abords de la première des piscines naturelles.
Si vous ne savez pas nager, ne vous aventurez pas plus loin. Et surtout, portez des chaussures d’eau, car les pierres sur lesquelles vous marcherez sont excessivement glissantes !
Pour ma part, après que mon frère soit rentré de son excursion jusqu’au fond du wadi, je me suis jeté à l’eau au milieu de la deuxième piscine (en bermuda, c’est loin d’être drôle !), mais je ne le regrette pas. Un vrai moment de bonheur.
La vue sur le wadi depuis la piscine est absolument incroyable. Les roches rougeoient et l’eau est vraiment bonne. De quoi vous rafraîchir un peu après des heures passées sous de fortes chaleurs.
Après, il faut remonter (gare à la glissade sur les roches recouvertes d’herbe et de mousses), puis se sécher sur l’une des nombreuses petites terrasses naturelles qui bordent le bassin.
L’inconvénient, c’est qu’il n’y a pas beaucoup d’ombre et que les places sont chères pour trouver un endroit où s’abriter des très fortes chaleurs. Heureusement que nous y sommes allés en hiver, car la température est alors tout à fait supportable.
Ce wadi est un bassin naturel qui baigne dans un décor désertique montagneux impressionnant.
Il comprend des roches uniques, de magnifiques piscines chaudes aux couleurs bleu clair favorables à la baignade. Ses chutes d’eau sont aussi exceptionnelles.
Aussi, avec les différents campements installés sur le site, cela donne envie à tous les visiteurs d’y faire des pique-niques en famille ou même d’y passer des nuits entières.
Le site se trouve dans le massif du mont Hajar. Il cumule plus de 3000 m d’altitude. Impressionnant ! Il abrite des oasis, des gouffres, des grottes ainsi qu’une importante verdure.
De nombreuses plantations s’y trouvent également approvisionnées en eaux par les systèmes falajs. Le tout offre un panorama unique.
Si vous randonnez, vous observerez aussi une faune non négligeable qui vous laissera contempler la multitude de tahr et léopards arabes.
Enfin, pour ce qui est de quelques détails pratiques, sachez qu’il existe quelques cabines pour se changer après la baignade. Il y a même une petite douche à proximité.
Du coup, ne faites pas comme mon frère qui a trouvé le moyen de se changer entre deux portières ouvertes… « Domi, tu sais qu’on est dans un pays musulman plutôt rigoriste ? » Il est cinglé, mon frangin !