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Zadar, la cathédrale Sainte-Anastasie et son campanile

Pourquoi visiter Zadar ?

L’harmonie magique entre art moderne et nature sur le front de mer
 
Zadar est mondialement célèbre pour ses deux installations artistiques contemporaines uniques, situées à la pointe de sa péninsule. L’Orgue marin (Morske orgle) est une structure architecturale en pierre qui transforme le mouvement des vagues en mélodies hypnotiques et changeantes. Juste à côté, le Salut au Soleil (Pozdrav Suncu) est un immense cercle de plaques de verre qui absorbe la lumière du jour pour offrir, à la nuit tombée, un spectacle de lumières colorées synchronisé avec le chant de la mer. C’est à cet endroit précis que vous pourrez admirer ce que l’illustre réalisateur Alfred Hitchcock qualifiait de « plus beau coucher de soleil du monde ».
 
Un voyage temporel à travers 3 000 ans d’histoire romaine et vénitienne
 
Le centre historique de Zadar, niché sur une presqu’île piétonne, abrite un patrimoine archéologique exceptionnel. Vous pourrez marcher directement sur les dalles de l’ancien Forum romain, le plus grand de la côte adriatique, construit par l’empereur Auguste. Juste à côté s’élève l’église Saint-Donat, un chef-d’œuvre monumental d’architecture préromane du IXe siècle à la forme circulaire unique. En flânant dans les ruelles pavées de marbre poli, vous découvrirez également les imposantes murailles fortifiées vénitiennes, classées au patrimoine mondial de l’UNESCO, et leurs magnifiques portes sculptées ornées du lion de Saint-Marc.
 
Une douceur de vivre dalmate authentique
 
Moins saturée par le tourisme de masse que Split ou Dubrovnik, Zadar offre une immersion profondément authentique dans le mode de vie local. Le cœur de la ville bat au rythme de la Kalelarga, l’artère principale toujours animée où les habitants se retrouvent pour discuter autour d’un café. Perdez-vous dans le quartier pittoresque de Varoš, un labyrinthe de ruelles ombragées abritant des tavernes traditionnelles (konobas). C’est l’endroit idéal pour déguster des poissons grillés, du fromage de l’île de Pag et la célèbre liqueur Maraschino, une spécialité locale à base de cerises marasques distillée à Zadar depuis le XVIe siècle.
 
Le point de départ idéal pour les plus beaux parcs nationaux
 
La situation géographique de Zadar en fait la base arrière parfaite pour les amoureux de grands espaces. En moins d’une heure et demie de route ou de bateau, vous pouvez rejoindre quatre des plus beaux parcs nationaux de Croatie. Côté mer, vous pouvez embarquer pour une croisière vers l’archipel spectaculaire des îles Kornati ou explorer les falaises majestueuses de Telašćica sur l’île de Dugi Otok. Côté terre, vous êtes idéalement placé pour partir randonner dans les canyons vertigineux de Paklenica, ou pour vous émerveiller devant les célèbres lacs et cascades du Parc national de Plitvice.

Comment visiter Skradin ?

Parcourir la presqu’île historique exclusivement à pied
 
La vieille ville de Zadar est idéalement située sur une presqu’île fortifiée presque entièrement piétonne, ce qui en fait un lieu parfait pour l’explorer à pied. Pour une entrée mémorable, traversez la passerelle piétonne moderne qui relie la nouvelle ville au centre historique, ou passez sous la monumentale Porte de Terre Ferme ornée du lion vénitien. Consacrez votre première demi-journée à flâner le long de la Kalelarga, l’artère centrale pavée de pierre blanche, puis explorez les vestiges du Forum romain et l’église circulaire Saint-Donat. Les distances étant très courtes, vous pourrez facilement revenir sur vos pas au fil de la journée.
 
Planifier sa soirée sur le front de mer pour l’Orgue marin
 
La visite des deux installations contemporaines majeures de Zadar exige une bonne gestion du temps. Dirigez-vous vers la pointe ouest de la presqu’île (le quai de la Riva) en fin d’après-midi pour vous installer sur les marches en pierre de l’Orgue marin. C’est le moment idéal pour écouter la mélodie créée par les vagues tout en admirant le coucher de soleil. Dès que la nuit tombe, déplacez-vous de quelques mètres pour observer le Salut au Soleil, un immense disque de verre qui s’illumine et s’anime au rythme des sons de l’orgue. Y aller en journée offre moins d’intérêt visuel, car les jeux de lumière ne sont pas visibles.
 
Gérer le stationnement et choisir les bons horaires
 
Si vous visitez Zadar en voiture de location, n’essayez pas de vous garer à l’intérieur de la presqu’île, car les places y sont extrêmement rares et réservées. Privilégiez les grands parkings payants situés le long des remparts extérieurs ou près du port de part et d’autre de la passerelle. Une durée de un à deux jours pleins est amplement suffisante pour faire le tour des musées, grimper au sommet du campanile de la cathédrale Sainte-Anastasie pour la vue, et s’imprégner de l’ambiance. Côté saison, les mois de mai, juin et septembre sont parfaits pour profiter des terrasses du quartier de Varoš sans souffrir de la chaleur.
 
Utiliser les bateaux traditionnels et rayonner vers les parcs
 
Pour vivre une expérience locale insolite, traversez le port à bord d’un Barkajoli, ces petites barques à rames traditionnelles qui font la navette entre la vieille ville et le continent depuis 800 ans pour un coût dérisoire. Si vous restez plus longtemps, utilisez le port de Zadar comme base pour embarquer en ferry ou en catamaran (notamment via la compagnie nationale Jadrolinija) vers l’île de Ugljan juste en face ou vers l’île sauvage de Dugi Otok. La gare routière centrale, située un peu plus à l’est, propose également de nombreux bus directs à la journée pour rejoindre les parcs nationaux de Plitvice ou de Paklenica.

Zadar, la cathédrale Sainte-Anastasie et son campanile

Mardi 28 juillet. Enfin après avoir remonté la rue Siroka la silhouette de la cathédrale Sainte-Anastasie et de son campanile apparaît. Il s’agit tout simplement de la plus grande cathédrale de Dalmatie.

Érigée sur les fondations d’une ancienne basilique chrétienne du IVe et Ve siècles, l’édifice actuel est un chef-d’œuvre de l’architecture romane tardive, principalement façonné aux XIIe et XIIIe siècles.

Son histoire est intimement liée aux tragédies de la ville, notamment au terrible sac de Zadar en 1202 par les croisés de la quatrième croisade et les Vénitiens, qui dévastèrent le sanctuaire d’origine.

Reconstruite et consacrée à nouveau en 1285, la cathédrale abrite les précieuses reliques de sainte Anastasie de Sirmium, offertes à la ville au IXe siècle par l’empereur byzantin Nicéphore Ier en signe de paix, consolidant ainsi le statut spirituel majeur de cette cité côtière.

L’architecture de la façade principale est l’une des expressions les plus remarquables du style roman pisan-lucquois en dehors de l’Italie.

Cette magnifique paroi de pierre blanche se divise en trois niveaux richement décorés, dominés par deux splendides rosaces sculptées : la plus grande, au centre, affiche un style roman pur, tandis que la plus petite, située juste au-dessus, témoigne d’influences gothiques ultérieures.

Les portails monumentaux sont ornés de bas-reliefs détaillés représentant des motifs végétaux et des figures d’animaux symboliques, tandis que les galeries d’arcatures aveugles qui rythment les niveaux supérieurs confèrent une impression de légèreté et d’élégance à cette structure pourtant massive.

À l’intérieur, la nef centrale, séparée des bas-côtés par d’imposantes colonnes aux chapiteaux corinthiens de réemploi, abrite un ciborium gothique de 1324 et des stalles de chœur en bois finement ciselées par le maître vénitien Matej Morozan au XVe siècle.

Adjacent à la structure principale, le campanile de la cathédrale dresse sa silhouette élancée au-dessus des toits de la vieille ville, constituant le point de repère visuel le plus emblématique de Zadar.

L’histoire de sa construction reflète la temporalité longue des grands chantiers médiévaux, s’étendant sur plus de quatre siècles.

Le premier niveau du clocher fut édifié au XVe siècle, sous le règne de l’archevêque Matteo Valaresso, affichant un style roman tardif robuste.

Cependant, la tour est restée inachevée pendant des générations, et ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle, entre 1892 et 1894, que les étages supérieurs furent enfin complétés sous la direction du célèbre architecte et historien de l’art anglais Sir Thomas Graham Jackson, qui s’inspira ouvertement du clocher de la cathédrale de Rab pour concevoir un superbe couronnement de style néo-roman.

En grimpant ses escaliers étroits, on traverse les différents niveaux rythmés par des fenêtres géminées et trilobées qui laissent filtrer la lumière maritime, avant d’atteindre la terrasse supérieure surmontée d’une statue pivotante de l’ange gardien.

De là-haut, à près de 56 mètres de hauteur, le panorama à 360 degrés est tout à fait saisissant : il offre une vue plongeante spectaculaire sur les dalles de l’ancien forum romain, la rotonde voisine de Saint-Donat, les toits de tuiles roses de la péninsule et, au loin, l’immensité bleue de la mer Adriatique parsemée d’îles verdoyantes, scellant une expérience mémorable où l’histoire s’unit à la beauté des paysages.

Reste maintenant à évoquer brièvement l’histoire de Zadar qui remonte à plus de trois millénaires, faisant d’elle l’une des plus anciennes cités habitées de manière continue en Croatie.

Dès le IXe siècle avant notre ère, la tribu illyrienne des Liburniens fonde un comptoir fortifié nommé Iader. Idéalement située sur une péninsule protégée, la ville développe rapidement un commerce florissant dans l’Adriatique.

Au IIe siècle avant J.-C., elle passe sous le contrôle de la République romaine et est élevée au rang de colonie romaine sous Jules César et l’empereur Auguste, prenant le nom d’Iadera.

Les Romains redessinent la ville selon un plan orthogonal strict, bâtissent des remparts monumentaux, un grand forum civique, des thermes et un aqueduc, jetant ainsi les bases urbaines et structurelles qui définissent encore aujourd’hui le centre historique de la vieille ville.

Après la chute de l’Empire romain d’Occident et les invasions barbares qui ravagent la région, Zadar trouve refuge sous l’aile de l’Empire byzantin et devient au VIIe siècle la capitale administrative de la province de Dalmatie.

Cette période de relative stabilité favorise l’essor du christianisme, marqué par la construction d’édifices emblématiques comme l’église de la Sainte-Trinité (future Saint-Donat) au IXe siècle.

Cependant, sa prospérité et sa position maritime stratégique attisent rapidement la convoitise des puissances voisines. À partir du Xe siècle, la cité bascule dans une rivalité féroce entre les rois hungaro-croates, qui lui accordent une large autonomie, et la République de Venise, déterminée à contrôler les routes commerciales de l’Adriatique.

Cette lutte culmine en 1202 avec le terrible sac de Zadar : détournant les chevaliers de la quatrième croisade, les Vénitiens assiègent et pillent la ville de manière sanglante.

En 1409, le roi Ladislas de Naples vend ses droits sur la Dalmatie à Venise pour 100.000 ducats, scellant le destin de Zadar sous la domination de la Sérénissime pendant près de quatre siècles.

Devenue la principale forteresse vénitienne de l’Adriatique, la ville subit de plein fouet la menace de l’Empire ottoman qui encercle ses frontières terrestres. Pour faire face aux invasions, Venise fait construire aux XVIe et XVIIe siècles un système de remparts bastionnés exceptionnel, percé de portes monumentales comme la Porte de la Terre Ferme de Michele Sanmicheli, des fortifications aujourd’hui classées au patrimoine mondial de l’UNESCO.

À la chute de Venise en 1797, Zadar passe brièvement sous contrôle autrichien, puis français sous les troupes de Napoléon (qui y fonde le premier journal en langue croate), avant de réintégrer l’Empire austro-hongrois de 1813 à 1918 en tant que capitale du Royaume de Dalmatie.

Le XXe siècle plonge Zadar dans les tumultes des grands conflits mondiaux et des recompositions géopolitiques. Rattachée au Royaume d’Italie après la Première Guerre mondiale en vertu du traité de Rapallo, la ville devient une enclave italienne isolée (nommée Zara) au milieu des terres yougoslaves. Durant la Seconde Guerre mondiale, occupée par les forces de l’Axe, elle subit de terribles bombardements alliés entre 1943 et 1944, qui détruisent près de 80 % de son centre historique et lui valent le triste surnom de “Dresde de l’Adriatique”.

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