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Au sommet du mausolée-cathédrale, la plus belle vue de Split

Au sommet du mausolée-cathédrale, la plus belle vue de Split

Lundi 27 juillet. Après la visite du mausolée-cathédrale, il ne me reste plus qu’à ressortir, à payer l’entrée du campanile et à grimper à son sommet pour découvrir la plus belle vue de Split et de son centre historique. Une visite incontournable !

De là, on domine l’ensemble du cœur historique de l’ancienne cité de l’empereur Dioclétien, les ruines de son palais bien sûr et la myriade de petits palais et maisons qui se sont construits autour et l’intérieur au fil des siècles.

Je publie là tout une série de photos prises depuis le sommet du campanile et profite quand même de ce moment pour évoquer tout spécialement cet empereur hors du commun qui préféra abdiquer plutôt que de poursuivre son œuvre à la tête de l’empire.

On pense que c’est là, dans une famille dalmate modeste, que naquit en 244 Aulerius Valerius Diocletianus, plus connu sous le nom de Dioclétien. Il fit une brillante carrière dans l’armée, et accéda en 284 apr. J.-C. à la dignité d’empereur.

À ce poste, il s’occupa de réorganiser l’armée et l’administration, mena des campagnes victorieuses aux confins de l’empire et mit au point le système original de tétrarchie (en 293).

L’empire était dirigé par 4 chefs : deux Auguste et deux César (désignés comme successeurs de l’Auguste). Dioclétien régnait à Nicomédie (l’actuelle Izmit en Turquie), mais il dominait ses trois collègues : Maximien à Milan, Galère à Sirmium (en Serbie actuelle) et Constance Chlore à Trèves.

Par ce partage du pouvoir, il pensait résoudre les difficultés administratives engendrées par la taille de l’empire. Mais l’histoire allait démontrer qu’il se trompait gravement…

Dioclétien est aussi resté célèbre pour son zèle à persécuter les chrétiens. En 303-304, il déclencha la persécution la plus sanglante contre eux. Il introduisit aussi un rituel oriental à la cour : la prosternation devant l’empereur.

Une décennie fut nécessaire pour achever ce gigantesque palais de Split, de près de 38.500 m², où Dioclétien se retira en l’an 305 après avoir abdiqué, prenant une sorte de retraite anticipée à l’âge de 60 ans, chose rare, voire unique à l’époque.

Il vécut ainsi les dernières années de sa vie dans son palais doré, n’en sortant que très rarement, et y mourut vraisemblablement en 311.

Le système de tétrarchie qu’il avait instauré ne survécut d’ailleurs pas à son règne : suivront l’anarchie et les guerres civiles jusqu’à la victoire de Constantin sur ses rivaux, qui ne trouva rien de mieux, ô comble de l’échec de Dioclétien, que de se convertir au christianisme.

Après la destruction de leur ville en 615 par les hordes d’Avars, les habitants de Salona, rivale de Split à l’époque, se réfugièrent dans le palais de Dioclétien.

Avec des matériaux trouvés sur place, ils se construisirent de petites habitations. Puis au fur et à mesure, le palais se métamorphosa en bourgade médiévale.

Pas de destruction massive, plutôt une sorte de recyclage des monuments, des pierres, des vestiges romains. Quand Byzance étendit son influence à la Méditerranée, Split devint un avant-poste de l’empire byzantin, avec Raguse (Dubrovnik) et Trogir.

Les Byzantins cédèrent la ville aux Vénitiens en 1420. Le spalatum des Romains se transforma en Spalato, qui a donné le nom actuel de la ville, Split.

Comme le reste de la Dalmatie, Spalato resta sous domination vénitienne jusqu’en 1797 et l’invasion des troupes napoléoniennes.

Auparavant, en 1537, les Turcs envahirent les Balkans et pour se défendre de la menace ottomane, un avant-poste redoutable, la forteresse de Klis, fut édifiée à 5 km de la ville.

Et Split même, fut fortifiée, avec cinq énormes bastions formant une étoile, démolis au XIXe siècle.

Après une courte période sous contrôle des Autrichiens, Split tomba aux mains des Français (1805-1813), comme le reste de la Dalmatie.

La noblesse locale abandonna ses pouvoirs et ses privilèges au profit de gouverneurs étrangers. Ce fut néanmoins une période de prospérité économique.

De nouvelles routes furent ouvertes, des ponts édifiés et Split devint un des ports majeurs de la côte Adriatique.

En 1813, les Français laissèrent la place aux Autrichiens qui gouvernèrent la ville jusqu’à la Première Guerre mondiale. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ce fut au tour des Italiens de l’occuper.

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