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Au sommet du mausolée-cathédrale, la plus belle vue de Split

Pourquoi visiter le palais de Dioclétien ?

Un chef-d’œuvre architectural de l’Empire romain
 
Le Palais de Dioclétien est l’un des complexes archéologiques romains les plus précieux et les mieux préservés au monde. Construit au tournant du IVe siècle pour servir de résidence de retraite à l’empereur Dioclétien, ce monument colossal combine la splendeur d’une villa de luxe impériale et la rigueur d’un camp militaire fortifié (castrum). En explorant le site, vous serez émerveillé par la qualité de sa construction en pierre blanche de l’île de Brač et par ses détails uniques, comme les authentiques sphinx en granit noir importés d’Égypte par l’empereur lui-même pour décorer sa demeure.
 
Le concept unique d’un monument antique habité
 
Contrairement aux sites archéologiques classiques comme Pompéi ou le Colisée, le Palais de Dioclétien n’est absolument pas un musée figé sous verre. Au fil des siècles et des invasions, la population locale s’est approprié les structures romaines pour y bâtir des maisons, des commerces et des églises. Aujourd’hui, visiter le palais signifie s’immerger dans un quartier vivant, où les habitants étendent leur linge entre deux colonnes corinthiennes, où les boutiques s’encastrent dans des murs millénaires et où les cafés s’installent sur le dallage d’origine du Péristyle, la place centrale de la cour impériale.
 
Une superposition fascinante de styles et d’époques
 
Flâner dans le palais offre une leçon d’histoire de l’art à ciel ouvert, caractérisée par une incroyable continuité architecturale. Le monument a traversé les âges en recyclant ses structures : le mausolée de l’empereur païen est ainsi devenu la cathédrale Saint-Domnius, l’une des plus anciennes cathédrales catholiques au monde, flanquée au Moyen Âge d’un magnifique campanile romano-gothique. Au détour des ruelles, vous passerez sans transition d’un arc romain d’origine à une façade de palais gothique, Renaissance ou baroque construite par la noblesse locale sous la domination vénitienne.
 
Une immersion culturelle majeure et cinématographique
 
Le palais occupe une place centrale dans la culture locale et internationale. Ses impressionnants substructures et salles souterraines, qui soutenaient autrefois les appartements impériaux, sont parfaitement conservées et accueillent aujourd’hui des marchés d’artisans, des expositions et des concerts à l’acoustique exceptionnelle. Les amateurs de pop-culture reconnaîtront également ces caves mystiques, qui ont servi de décor à la célèbre série Game of Thrones pour représenter la salle du trône de Daenerys Targaryen et le lieu où elle gardait ses dragons, ajoutant une touche de magie moderne à ce lieu chargé d’histoire.
 

Comment visiter le palais de Dioclétien ?

Accéder gratuitement au cœur du palais par les quatre portes historiques
 
L’enceinte du Palais de Dioclétien est entièrement piétonne et son accès est totalement gratuit, puisqu’il forme le centre-ville public de Split. Pour commencer votre visite de manière immersive, entrez par l’une des quatre portes monumentales qui percent ses remparts. La Porte d’Or au nord (face à la statue géante de Grégoire de Nin), la Porte d’Argent à l’est et la Porte de Fer à l’ouest débouchent toutes sur le Péristyle, la place centrale. Si vous arrivez depuis le front de mer (la Riva), passez par la Porte de Bronze au sud, qui vous mènera directement dans les célèbres galeries souterraines.
 
Explorer les impressionnants sous-sols et la salle des dragons
 
Pour comprendre l’architecture d’origine, la visite des substructures souterraines (les Podrumi) est une étape incontournable. Une grande partie de ces salles voûtées se traverse gratuitement et abrite des étals d’artisans locaux. Cependant, il est fortement conseillé de payer le billet d’entrée pour accéder à la zone archéologique payante. Ces salles souterraines sont le miroir exact des appartements impériaux du premier étage qui ont disparu avec le temps ; les arpenter permet de mesurer le génie romain et de marcher dans les décors réels de la série Game of Thrones.
 
Acheter le billet combiné pour les trésors de la cathédrale et le campanile
 
Si le palais se visite librement à pied, ses monuments intérieurs les plus précieux requièrent un ticket payant. Dirigez-vous vers le guichet situé sur le Péristyle pour acheter un billet combiné (le “Blue”, “Green” ou “Purple” pass). Ce pass vous donnera accès à la cathédrale Saint-Domnius (l’ancien mausolée), au Cryptoportique, au Baptistère (temple de Jupiter) et au trésor. N’hésitez pas à ajouter l’option pour gravir le campanile : les escaliers métalliques intérieurs sont étroits et vertigineux, mais la vue panoramique au sommet sur les tuiles romaines, la mer et les îles est la plus belle de Split.
 
Choisir les horaires stratégiques pour éviter la foule
 
Pour apprécier la magie du palais sans la cohue des groupes de croisiéristes, le choix du moment est crucial. Privilégiez le début de matinée (avant 9h) pour visiter les monuments intérieurs et photographier le Péristyle désert. L’autre moment magique est la tombée de la nuit : les pavés polis par les siècles reflètent les éclairages dorés, et les marches du Péristyle s’animent. Vous pourrez vous y installer sur des coussins disposés par le bar local pour écouter des concerts de musique acoustique en direct au milieu des colonnes romaines, une expérience mémorable pour clore votre journée.
 

Au sommet du mausolée-cathédrale, la plus belle vue de Split

Lundi 27 juillet. Après la visite du mausolée-cathédrale, il ne me reste plus qu’à ressortir, à payer l’entrée du campanile et à grimper à son sommet pour découvrir la plus belle vue de Split et de son centre historique. Une visite incontournable !

De là, on domine l’ensemble du cœur historique de l’ancienne cité de l’empereur Dioclétien, les ruines de son palais bien sûr et la myriade de petits palais et maisons qui se sont construits autour et l’intérieur au fil des siècles.

Je publie là tout une série de photos prises depuis le sommet du campanile et profite quand même de ce moment pour évoquer tout spécialement cet empereur hors du commun qui préféra abdiquer plutôt que de poursuivre son œuvre à la tête de l’empire.

On pense que c’est là, dans une famille dalmate modeste, que naquit en 244 Aulerius Valerius Diocletianus, plus connu sous le nom de Dioclétien. Il fit une brillante carrière dans l’armée, et accéda en 284 apr. J.-C. à la dignité d’empereur.

À ce poste, il s’occupa de réorganiser l’armée et l’administration, mena des campagnes victorieuses aux confins de l’empire et mit au point le système original de tétrarchie (en 293).

L’empire était dirigé par 4 chefs : deux Auguste et deux César (désignés comme successeurs de l’Auguste). Dioclétien régnait à Nicomédie (l’actuelle Izmit en Turquie), mais il dominait ses trois collègues : Maximien à Milan, Galère à Sirmium (en Serbie actuelle) et Constance Chlore à Trèves.

Par ce partage du pouvoir, il pensait résoudre les difficultés administratives engendrées par la taille de l’empire. Mais l’histoire allait démontrer qu’il se trompait gravement…

Dioclétien est aussi resté célèbre pour son zèle à persécuter les chrétiens. En 303-304, il déclencha la persécution la plus sanglante contre eux. Il introduisit aussi un rituel oriental à la cour : la prosternation devant l’empereur.

Une décennie fut nécessaire pour achever ce gigantesque palais de Split, de près de 38.500 m², où Dioclétien se retira en l’an 305 après avoir abdiqué, prenant une sorte de retraite anticipée à l’âge de 60 ans, chose rare, voire unique à l’époque.

Il vécut ainsi les dernières années de sa vie dans son palais doré, n’en sortant que très rarement, et y mourut vraisemblablement en 311.

Le système de tétrarchie qu’il avait instauré ne survécut d’ailleurs pas à son règne : suivront l’anarchie et les guerres civiles jusqu’à la victoire de Constantin sur ses rivaux, qui ne trouva rien de mieux, ô comble de l’échec de Dioclétien, que de se convertir au christianisme.

Après la destruction de leur ville en 615 par les hordes d’Avars, les habitants de Salona, rivale de Split à l’époque, se réfugièrent dans le palais de Dioclétien.

Avec des matériaux trouvés sur place, ils se construisirent de petites habitations. Puis au fur et à mesure, le palais se métamorphosa en bourgade médiévale.

Pas de destruction massive, plutôt une sorte de recyclage des monuments, des pierres, des vestiges romains. Quand Byzance étendit son influence à la Méditerranée, Split devint un avant-poste de l’empire byzantin, avec Raguse (Dubrovnik) et Trogir.

Les Byzantins cédèrent la ville aux Vénitiens en 1420. Le spalatum des Romains se transforma en Spalato, qui a donné le nom actuel de la ville, Split.

Comme le reste de la Dalmatie, Spalato resta sous domination vénitienne jusqu’en 1797 et l’invasion des troupes napoléoniennes.

Auparavant, en 1537, les Turcs envahirent les Balkans et pour se défendre de la menace ottomane, un avant-poste redoutable, la forteresse de Klis, fut édifiée à 5 km de la ville.

Et Split même, fut fortifiée, avec cinq énormes bastions formant une étoile, démolis au XIXe siècle.

Après une courte période sous contrôle des Autrichiens, Split tomba aux mains des Français (1805-1813), comme le reste de la Dalmatie.

La noblesse locale abandonna ses pouvoirs et ses privilèges au profit de gouverneurs étrangers. Ce fut néanmoins une période de prospérité économique.

De nouvelles routes furent ouvertes, des ponts édifiés et Split devint un des ports majeurs de la côte Adriatique.

En 1813, les Français laissèrent la place aux Autrichiens qui gouvernèrent la ville jusqu’à la Première Guerre mondiale. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ce fut au tour des Italiens de l’occuper.

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